AHMED SÉKOU TOURÉ CÉLÉBRÉ À BAMAKO: Le club AST gagne son pari

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Les morts ne sont pas morts, disait le poète, car ils sont dans le vent qui souffle et l’eau qui dort. Ahmed Sékou TOURE, l’ancien président de la Guinée Conakry, fait partie de ces morts qui ne sont jamais partis parce qu’ils sont présents parmi nous grâce à leurs œuvres de portée historique pour les générations passées, présentes et à venir. Le club portant sont nom a démontré la véracité de cette conviction en célébrant l’homme du 28 septembre 1958 aux bords du fleuve Djoliba où son souvenir reste encore vivace.

La semaine Ahmed Sékou TOURE, organisée par le club du même nom, a été lancée jeudi dernier au Centre international de conférence de Bamako. Elle était présidée dans la soirée par le ministre malien de la Jeunesse et des sports, Natié PLEAH, qui a procédé la même nuit à l’inauguration des expositions de photos et de livres retraçant le parcours de l’homme du 18 septembre 1958 dont le «NON » historique au référendum sur la communauté «franco-africaine » sonne encore comme le refus de la servitude coloniale de l’Africain et un vibrant appel à l’indépendance véritable du continent noir. D’anciens compagnons maliens du leader guinéen étaient de la fête dont les doyens Almamy SYLLA, Amadou Djicoroni TRAORE et Mme Sira DIOP, de même que des personnalités politiques de premier plan dont Tiébilé DRAME et Victor SY qui est membre du club Ahmed Sékou TOURE. La forte délégation guinéenne, qui a fait le déplacement de Bamako pour la circonstance, était présidée par l’épouse de l’illustre disparu, Mme André TOURE. Elle avait à ses côtés son fils Mohamed TOURE et, surtout, Adja Jeanne Martin CISSE, la première présidente de la Panafricaine des femmes ayant présidé au nom de la Guinée (fait inédit à l’époque) le conseil de sécurité de l’ONU.

Perte douloureuse

La présidente du club Ahmed Sékou TOURE, Me Mariam DIAWARA, a tenu d’abord à remercier le soutien et l’accompagnement du gouvernement malien et ceux de Guinéen Conakry et Guinée-Bissau pour l’organisation de cette semaine à Bamako. Elle ensuite réjouie, au nom de club AST, de la présence effective de la veuve de l’homme d’Etat guinéen, Mme André TOURE, et de la forte délégation qui l’accompagne. La mort de Ahmed Sékou TOURE est une perte douloureuse pour l’Afrique et le monde, a commenté Me DIAWARA. Car, a-t-elle soutenu, c’est un leader qui avait émergé du lot en se battant pour le triomphe des valeurs de justice, de solidarité, de démocratie et de progrès de la Guinée, mais aussi de l’Afrique entière. Ces expériences, est-elle convaincue, méritent d’être connues, actualisée et perfectionner au bénéfice des populations d’Afrique et du monde. Aussi, a-elle indiqué, le club AST est-il un cadre de réflexion pour faire connaître la pensée de l’homme d’Etat et son combat politique qui lui ont conféré une dimension universelle. Car, a martelé Me DIAWAEA, Ahmed Sékou TOURE s’est dédié corps et âme au bien-être et au mieux-être de l’homme africain pour que ce dernier retrouve ses repères qui le mènerons vers le chemin de la dignité et de l’horreur. «Les Africains ne doivent pax accepter d’être des compléments supplétifs dans ce monde, ils doivent au contraire tenir leur place et jouer leur rôle dans la marche harmonieuse de l’humanité sans complexe ni esprit de revanche, mais avec le respect qu’on leur doit », voilà le credo du club AST qui ambitionne de couvrir toute l’Afrique et de conquérir la diaspora en dehors du continent.
La deuxième personnalité à prendre la parole était la vielle Adja Jeanne Martin CISSE. «La jeunesse a raison, elle doit rétablir la vérité historique », a-t-elle martelé en référence à feu Ahmed Sékou TOURE dont la foi était grande dans la jeunesse guinéenne et africaine. Le lendemain, elle a animé une conférence pour témoigner sur les avancées significatives que la Guinée Conakry a enregistrées sous l’impulsion de feu Ahmed Sékou TOURE. Avec la jeunesse, a-t-elle révélé, la femme constituait le second pilier sur lequel reposait le régime de Ahmed Sékou TOURE. Jamais en Afrique, a soutenu Adja Jeanne Martin CISSE, l’émancipation de la femme n’a recouvré tout sons sens. Ce n’était pas un simple slogan, a-t-elle argumenté, c’était une réalité visible et palpable.

Souvenir vivace

Quant à Mme André TOURE, elle a exprimé son émotion réelle et son agréable plaisir d’être au Mali dans le cadre de cette semaine Ahmed Sékou TOURE, avant de renouveler ses remerciements au nom de la délégation guinéenne au club AST et aux autorités du Mali pour l’accueil chaleureux dont celle-ci fait l’objet et l’initiative de cette semaine qui a permis aux parents, amis et compagnons de feu AST de se retrouver pour se souvenir de l’homme qui a ouvert la voie de l’indépendance aux pays africains en septembre 1958. Après avoir rappelé le 18 octobre 1946 à Bamako comme le point de départ de cette fabuleuse aventure humaine, elle s’est réjouie que le souvenir de son mari reste encore vivace parmi la nouvelle génération malgré les vicissitudes politiques et historiques. «La vie n’est pas une course de vitesse, mais de fond », a-elle cité son défunt époux. Car, a soutenu Mme André TOURE, AST n’a jamais baissé les bras dans le combat pour le triomphe de la vérité en se donnant corps et âme à la libération de l’Afrique entière. «Il faut que les Africains écrivent eux-mêmes leur propre histoire au lieu de laisser cette tâche aux autres qui la travestissent », avait prévenu son mari visionnaire. En affirmant que Dieu était la référence de feu AST, elle a incité la jeune génération à continuer la lutte d’émancipation politique, économique, sociale et culturelle de l’Afrique en s’inspirant du combat des pionniers du continent.

Le symbole

En ce qui concerne le parrain de la semaine en la personne du ministre de la Jeunesse et des sports, Natié PLEAH, il a prononcé le discours de lancement dans lequel il a sacrifié à la tradition en souhaitant la bienvenue aux délégations de Guinée Conakry, de Sénégal, de Togo, de France et des USA : bon et agréable séjour à Bamako. Il a ensuite félicité le club AST pour l’organisation de cette semaine sur la vie et le combat de l’homme d’Etat que fut Ahmed Sékou TOURE. Le 28 septembre 1958 est un tout un symbole, a-t-il dit, car le «NON » historique de ce jour a donné naissance au premier Etat indépendant de l’Afrique occidentale française qui a alors pris le chemin de la détermination, de la dignité humaine et de l’émancipation africaine. En effet, a rappelé le ministre PLEAH, Ahmed Sékou TOURE était un grand homme d’Etat pour mériter que l’on s’incline sur sa mémoire. Aussi, a-t-il annoncé, les générations montantes doivent-elles s’inspirer de ses expériences et du sens de son combat : il s’est battu pour la bien-être et le mieux-être des peuples africains. Juste après ce speach, le ministre a inauguré l’exposition des photos et des livres consacrés à la vie de l’homme.
La cérémonie a continué dans la soirée avec la prestation de groupes musicaux maliens et étrangers : le Bembeya Jazz de Guinée Conakry, Haïra ARBY, des invités surprises. La série des conférences ayant débuté le lendemain samedi pour se poursuivre dimanche.

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD

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