Us et coutume : La légende de Mali Sadio

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La légende de Mali Sadio, ou Mali-cajo,   se déroule au niveau de la ville de Bafoulabé, au Mali. Présenté comme une histoire vraie mais rapportée par la tradition orale, cette histoire a subi de nombreuses modifications. La légende de Mali-Sadio occupe une place de choix dans le patrimoine culturel de plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest, notamment le Mali, le Sénégal, la Guinée-Conakry, la Guinée-Bissau et la Gambie. Il en existe aujourd’hui plusieurs versions.

Généralement, l’histoire fait mention d’un hippopotame, mali en bambara, qui se serait lié d’amitié avec une petite fille du village, nommée Sadio. D’autres versions attribuent le nom de Mali Sadio (ou simplement Sadio) à l’hippopotame, un nom qui viendrait du terme Khassonké Cajo (Tchatcho en bambara) signifiant “animal à 2 couleurs”. Finalement, l’hippopotame fut tué. Selon certaines versions, il le fut par un habitant du village, amoureux de la jeune femme et jaloux de cette amitié. Selon d’autres versions, c’est le colon français, Cauchon qui aurait abattu l’animal.

Une autre version de cette histoire serait ce jeune hippopotame au chanfrein blanc et aux pattes blanches jusqu’aux garrots, Mali-Sadio était unique parmi ceux de sa race. Il apparut pour la première fois aux humains à  Bafoulabé, ville historique où se rencontrent deux fleuves dont les eaux cheminent ensemble sans se mélanger, le Bakoye à l’eau teintée de la couleur du lait et le Bafing à l’eau teintée de la couleur du henné. Il se lia très vite d’amitié avec les enfants de la ville de Bafoulabé et venait, tous les jours ou presque, jouer avec eux sur la rive du fleuve Bafing. Mais, en même temps que ses jeux bruyants avec les enfants importunaient certains, ses particularités physiques et l’influence envoûtante qu’il semblait exercer sur ses amis éveillaient en d’autres des envies de meurtre. Ce sont les aventures extraordinaires de ce jeune hippopotame sans pareil que Doumbi-Fakoly raconte dans ce livre.

Dans une autre version cette histoire est racontée ainsi. Le fleuve de Bafoulabé  a renfermé un mystère qui s’est épaissi pour contenir l’universalité. Dans ce fleuve vivait un hippopotame,  familier avec les premiers habitants de Bafoulabe  qui l’appelaient affectueusement « MALISADIO ». A ce jour, ses aventures s’entourent d’éléments inconnus non encore élucidés. Cet  hippopotame avait un signe distinctif, notamment  sa tache blanche verticale sur le front qui le distinguait des autres. Il n’apparaissait qu’une fois par an en une période de son choix pour se voir attribuer des sacrifices  par la population. Hippopotame s’imposait pour éviter d’être accusé par les humains de non-assistance à personne en péril en sauvant de nombreuses vies de la noyade. En se promenant sur le littoral, on le reconnaissait très facilement chaque fois qu’il passait avec les agitations  au gré des figures de danse nautique, par jets et tourbillons d’eau.

Dans ce fleuve vivait cet hippopotame si gentil comme un dauphin. Mali Sadio était vénéré  par les païens, les incroyants et les sorciers très nombreux à l’époque. Des fois, pour le bonheur et le plaisir des habitants, les femmes et les enfants s’organisent face à l’eau comme dans un  recueillement  pour chanter sa louange. Alors, on le voyait venir à toute vitesse  par des grosses poussées de vagues, esquissant des danses dorsales. Comme pour dire « bonjour les humains. J’ai été  très sensible à votre appel, me voici ». Ainsi notre hippopotame sortait de l’eau comme sous l’effet d’hypnose pour une  promenade urbaine. Une marée humaine le suivait ainsi jusqu’au village sous les acclamations et les chants de louange .C’est vraiment étrange de voir ces tonnes de masse de chair et de muscle dandinant et dégrouillant d’eau sur le passage. Il se laissait bien câliner et caresser avec enchantement lors de cette promenade urbaine. C’est certain pour les plus superstitieux, la vue de ce pachyderme aurait eu des vertus bénéfiques pour la santé. Mali Sadio imposait le respect. Son existence est pour les ressortissants de Bafoulabé, une  histoire vraie et inoubliable,  transformée avec la poussé des temps.

Mali Sadio, le sort a voulu que tu périsses malencontreusement sous un coup de fusil qui ne t’était pas destiné. Un chasseur longeant une rive au retour d’une battue,  croyant voir un autre hippopotame venu d’ailleurs pour troubler  ce fleuve, et dans sa colère de  voir Mali Sadio se débattre dans l’eau, provoquant de grosses vagues pour défendre son territoire a tiré. Erreur sur la cible. Il se rendra compte que c’était toi Mali Sadio qui te trouvait sur la trajectoire du projectile. Ainsi survint la mort subite, dont la nouvelle attrista toute une région et mit la ville et ses environs en deuil  plus d’un an.

Cette légende est racontée et chantée par les griots et reprise par de nombreux chanteurs maliens. En 2005, le festival Dansa HYPERLINK “https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_Dansa_Diawoura”DiawouraHYPERLINK “https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_Dansa_Diawoura” HYPERLINK “https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_Dansa_Diawoura”  s’est terminé par une journée consacrée à la légende. Cela a permis à de nombreux griots de confronter leurs versions. À la suite de cette journée, Doumbi Fakoly a écrit un livre tentant d’unifier les versions. Sory Kandia Kouyaté a chanté pour Mali sadio dans les années 1944 et la sortie officielle de la chanson était 1970 Après que d’autres artistes aient  commencé à chanter aussi

Oumou SISSOKO

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