Gangstérisme en Commune II:Fin du règne des dieux de la mort de la Rue Princesse

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Si le ministère de la Sécurité et de Protection civile organisait un prix Nobel du mérite au sein des commissariats de police et de brigades de gendarmerie, le Contrôleur général de police Moussa Sissoko, chargé de la police du 3e arrondissement et sa brigade de recherche seraient de bons nominés, du fait des efforts qu’ils abattent quotidiennement dans la lutte contre la criminalité et le banditisme dans le district de Bamako. La descente de l’Epervier du Mandé et de ses hommes à la Rue Princesse qui a abouti au démantèlement d’un gang dans la nuit du 8 au 9 juillet dernier mérite d’être écrite en lettres d’or dans les annales de la lutte anti-criminalité.
Tout est parti d’incessantes plaintes des usagers de la Rue Princesse qui mène du bar-restaurant « l’Express » faisant face à l’INRSP à la Rue Dafanga à l’Hippodrome en Commune II du district de Bamako. Dans cette partie de Bamako, dès le coucher du soleil, un véritable marché du sexe s’installe sur les trottoirs sous les yeux des rats de bar qui se bousculent entre les débits de boissons en pleine rivalité dans le coin. Le passage est quasiment impossible à une certaine heure de la nuit. Mais, ce que le premier venu ne connaît pas, c’est que dans cet autre monde, la pègre dicte et impose sa loi aux passants et aux aventuriers sexuels venus rafraîchir leur libido auprès des professionnels du sexe qui ne se lassent jamais de la vente de leur « marchandise. » Il ne se passe une nuit sans que la Rue Princesse n’enregistre trois ou quatre agressions, défiant le Tribunal de la Commune II non loin des lieux et dont les murs reçoivent parfois les prostituées et leurs clients en l’absence du clair de lune. Face à ces agressions répétées, certaines victimes n’ont pas eu froid aux yeux de saisir le commissariat de police du 3e arrondissement, territorialement compétent. Le Contrôleur général de police Moussa Sissoko décide alors d’organiser des opérations de salubrité en sa qualité de premier responsable de sécurité de la Commune. Il active les éléments de sa brigade de recherche pilotée par l’Epervier du Mandé, le tout bouillant inspecteur de police Papa Mambi Keita. Comme on pouvait déjà le penser, ces derniers organisent une opération commando dans le bordel dans la nuit du 8 au 9 juillet aux environs de 1 heure du matin. Ils interpellent 15 personnes dont un muezzin d’une mosquée de la place pour vérification d’identité.
 
Un d’entre eux reste au fond du tamis
Au cours de la vérification, les policiers découvrent dans le lot l’incorrigible Labasse Coulibaly, domicilié à la Zone Industrielle, délinquant notoire, connu des archives de plusieurs commissariats de police et de l’administration pénitentiaire pour ses activités criminelles. Soumis à l’interrogatoire, le caïd tente dans un premier temps de se confiner dans des commérages. Mais, il abandonne cette stratégie lorsqu’il se rend compte que les serres de l’Epervier du Mandé sont dures autant que l’acier. Il reconnaît appartenir à une bande qui opère au niveau de la Rue Princesse sous la menace armée. Selon lui, sa bande est constituée de Seydou Sidibé, qui est le chef de bande, Mohamed Koné, Sékou Kanté dit Dissiba et lui-même. Nuitamment, ils s’attaquent aux passants et aux clients des prostituées qui s’aventurent dans le noir aux alentours du Champ Hippique. Après avoir maîtrisé leurs victimes, ils les entraînent dans l’obscurité sous les arbres avant de les dépouiller de leurs biens. Ils disposent d’un arsenal de nuisance composé d’un pistolet de fabrication artisanale, des coupe-coupe, d’un sabre et des chaînes de retransmission qu’ils utilisent pour étrangler leurs éventuelles proies. Après leurs opérations, ils se partagent équitablement le butin avant de se disperser. Quant à leur armement, ils les gardent au domicile de Seydou Sidibé avant une prochaine opération. Les policiers libèrent les 14 autres personnes dont le muezzin, Labasse Coulibaly étant plus intéressant que toutes celles-ci.
 
Les autres membres de la bande mis hors d’état de nuire
Après les confessions de Labasse Coulibaly, les enquêteurs déclarent la guerre aux autres membres de la bande. Seydou Sidibé, domicilié à la Zone Industrielle, Mohamed Koné, du quartier TSF et Sékou Kanté dit « Dissiba », de l’Hippodrome, ont été successivement arrêtés et conduits au commissariat de police du 3e arrondissement pour les besoins de l’enquête. A leur interrogatoire, tous ont nié en bloc les faits qui leur sont reprochés. Cependant, ils reconnaissent qu’ils fréquentent la fameuse Rue Princesse où ils menacent souvent de bastonnade des clients des prostituées pour leur comportement qui ne tranche pas avec l’islam, déclarent Seydou Sidibé, le chef de bande. Appartient-il à une organisation de jeunes islamistes ? Commérages. Pour la manifestation de la vérité, l’inspecteur de police Keita et ses éléments ont organisé une perquisition au domicile de Seydou Sidibé. Curieusement, ils découvrent dans la tanière des prédateurs deux pistolets de fabrication artisanale, trois cartouches calibre 14, cinq coupe-coupe, deux couteaux tranchants, une hachette, un sabre, une paire de chaussures militaires rangers, une barre de fer, une pince, deux chaînes de retransmission et une batterie. Un véritable arsenal de guerre que cette bande utilisait pour faire porter la couronne d’enfer sur la tête des paisibles citoyens. La justice à laquelle ces prédateurs ont été confiés, doit se montrer très ferme, car, l’on ne peut pas continuer à ménager des gens qui se nourrissent du sang de leurs semblables. Comme pour dire à nos amis de la toge que les décisions de justice sont très déterminantes aussi dans la lutte contre la criminalité et le banditisme. En attendant, courage la police.

O. BOUARE

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