Sécurité-Paix-Intégrité territoriale : Faillite d’Ibrahim Boubacar Keïta !

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A l’épreuve du pouvoir, on se rend compte que le président IBK a échoué sur toute la ligne en ne parvenant quasiment à réaliser aucune de ses promesses de campagne. Plus particulièrement sur l’élément fondamental qui avait fondé son élection, à savoir la sécurité et le recouvrement de l’intégrité territorial. Pis, le Centre du Mali s’effondre avec la présence de groupes armés. Que dire de ces milices armées qui se livrent à un véritable pogrom contre les populations civiles ? Le dernier en date, le massacre en masse d’Ogossagou témoigne de l’échec d’un homme, (Ibrahim Boubacar Keïta), dont le mandat est entaché de sang de pauvres populations.   

Après plus de cinq ans et six mois d’exercice du pouvoir, Ibrahim Boubacar Kéïta semble avoir trahi les Maliens, à défaut de parler d’abus de confiance, en ne parvenant à réaliser aucune de ses promesses de campagne. Des promesses tenues à grands coups de harangue des foules et avec une assurance qui hypnotiserait le plus grand somnambule. En effet, tout au long de la campagne à l’élection présidentielle, le candidat du Rpm a promis monts et merveilles à ses concitoyens et à ses compatriotes de la diaspora. Avec son projet de société qui compile des actions irréalistes et irréalisables, l’homme avait su prendre à défaut la vigilance des Maliens.

Au projet « Le Mali d’abord » et à ses slogans «Pour l’honneur du Mali ! Pour le bonheur des Maliens ! », IBK avait su savamment profiter du contexte de crise qui frappait les Maliens pour leur promettre le paradis sur terre.

Entre ramener la paix et la sécurité dans le Nord du pays (fraîchement libéré de l’occupation djihadiste), engager une lutte implacable contre la corruption (qui gangrenait l’administration)…, IBK y allait de tous les subterfuges pour séduire l’électorat.

Dans plusieurs autres domaines, IBK avait pris des engagements. Notamment en matière de : Réconciliation-Paix et souveraineté (d’apporter une solution définitive aux problèmes du Nord… Réconcilier les Maliens et rétablir durablement la paix et la souveraineté) etc.

Après un premier mandat (5 ans) et 6 mois après sa réélection, les interrogations sont là. Sans réponses. Où sont la paix et la sécurité promises ? Elles sont loin d’être concrétisées, l’insécurité ayant atteint son paroxysme sous le règne d’IBK. Où est la République exemplaire promise ? De la poudre aux yeux. Où l’autorité de l’Etat ? Nulle part : les 2 tiers (Nord et Centre) du territoire sont laissés à la solde des rebelles et/ou terroristes-djihadistes, des groupuscules armés et des milices armés…

Comme on le voit, ce sur quoi il avait juré devant les électeurs en cherchant le pouvoir, soit IBK n’a rien fait du tout ou a fait tout le contraire. Le Nord est toujours sous l’emprise de groupes armés et Centre est en train de payer une lourde tribu à cause de l’incapacité du régime en place.

En matière de sécurité ? Le président Ibrahim Boubacar Kéïta est carrément passé à côté de la plaque. Son règne est, à n’en pas douter, l’un des plus meurtriers de l’histoire du Mali.

En jetant un bref regard sur les engagements d’IBK, voici ce qu’il avait dit aux maliens en 2013 : « La crise malienne du Nord a mis en évidence l’incapacité de notre armée à assurer sa mission ; assurer la protection du territoire, de la population et des intérêts maliens. Une réforme s’impose pour que notre armée puisse connaitre et anticiper, prévenir, dissuader, protéger, et intervenir. Les problèmes de nos forces de défense et de sécurité sont sans doute liés à des problèmes de moyens, à une mauvaise utilisation des ressources disponibles mais également à une absence d’autorité. Maliens, allons-nous avoir toujours besoin des soldats européens pour assurer la défense de notre territoire ?

Nos objectifs : Assurer efficacement la défense du territoire national et de la population ; réussir les missions de sécurité publique ; performer dans les opérations militaires spéciales ; faire honneur au Mali lors des opérations militaires à l’étranger ; garantir l’intégrité des institutions publiques et la sécurité des personnes et des biens ; protéger la population contre les risques ou fléaux de toute nature et contre les conséquences d’un conflit éventuel.

Et il avait promis, entre autres, de : Doter nos forces de défense et de sécurité des moyens humains, technologiques et matériels nécessaire à leur mission ; reformer la gestion des ressources humaines dans l’armée ; créer les conditions pour mieux utiliser les ressources financières des forces de défense et de sécurité ; améliorer les conditions de vie des troupes

Voter et appliquer une loi de programmation militaire correspondant aux besoins prendre l’initiative de l’aboutissement de la force de défense permanente africaine ».

Aujourd’hui, la triste réalité est là, jamais la situation sécuritaire du Mali n’a été autant dégradée que sous IBK et l’insécurité urbaine autant grandissante.

Attentats, explosions et embuscades, barricades, assassinats ciblés constituent le lot de malheurs qui frappent les populations au Nord, et au Centre du pays. C’est quasiment au quotidien que des Maliens et des personnes venues aider le Mali à sortir de la crise perdent la vie. Pire, la situation s’empire et le nombre de victimes augmente d’année en année.

Toutes les couches sociales et professionnelles paient de leurs vies l’insécurité au Mali. Le pays est devenu comme un cimetière à ciel ouvert pour les forces internationales. En la matière, le Mali est même entré dans l’histoire…

Le Centre pire que le Nord

Et pourtant, quand Ibrahim Boubacar Keïta accédait à la magistrature suprême du pays, les projecteurs étaient braqués sur le Nord le pays. Mais malheureusement, à peine de 2 ans (2013-2015) à la présidence de la République, le Centre du pays s’est transformé à un no man’s land où la menace patente d’une invasion terroristes a commencé à s’installer. En effet, tous les signes et signaux évidents qui ont abouti à la « chute » des régions du Nord en 2012 sont apparus dans le Centre (Mopti), à savoir les attaques en cascade et d’une violence indescriptible, l’insécurité, le délaissement et la non protection des populations par l’Etat, voire même l’absence de celui-ci.

Pendant ce temps, à Bamako les autorités semblent dépasser à la fois par l’ampleur des dégâts et la tournure dramatique des évènements.

Ainsi, au fil des années (2015-2019), la violence est montée crescendo pour atteindre les pires proportions. Aujourd’hui, plusieurs localités de Mopti sont totalement ou partiellement occupées par une meute en armes, des hommes de Hamadun Kouffa, des bandits armés et milices armées qui appliquent leur loi en occupant systématiquement le terrain. Les administrateurs civils, les enseignants, les agents de santé et autres représentants de l’administration publique ont déserté les lieux. L’Etat n’y est quasiment plus représenté qu’à travers quelques postes militaires, si éparpillés et limités sur le plan opérationnel qu’ils ne gênent pratiquement en rien les terroristes-djihadistes dans leurs actions. Les populations sont prises en otage, elles n’ont plus le droit de franchir des limites fixées par les occupants. Toute personne, soupçonnée ou accusée de collaboration avec l’administration, est sévèrement punie. Face à la situation et l’incapacité de l’Etat, les populations ont décidé de prendre leur destin en main, autrement dit se défendre par tous les moyens. Ainsi, des groupes et milices d’auto-défense, de groupuscules de règlements de comptes se créent à travers la 5è région. De même, s’est développé une haine accrue à l’égard de la communauté peuhle. Un Etat qui ne peut protéger les populations. Celles-ci se meurent, particulièrement les populations implantées dans les cercles de Ténenkou, Youwarou, Douentza, Bankass et Mopti. En longueur de journée, elles font l’objet d’exactions de toutes sortes : meurtres, assassinats, coups et blessures, enlèvements de bétails, vols d’engins et d’objets de valeurs de la part des rebelles, des djihadistes et autres bandits de grand chemin. Les autorités maliennes n’ont quasiment jamais réagi des cris de détresse aux associations de la 5è région basées à Bamako.

Attaques-conflits intercommunautaires : Cycle infernal au Centre

Pour mieux comprendre les malheurs que vivent ces populations et mesurer l’ampleur du danger qui profile à l’horizon, il convient de faire la chronologie de certains faits extrêmement graves enregistrés çà et là dans cette zone sensible du pays et la passivité des autorités face à cette situation dramatique…

 Doungoura, Maleimana, Ké-Macina, Nantaga, Koumaga et Ogossagou : Que des morts !

Lundi 18 mars 2013, dans la zone de Mopti, précisément à Doungoura, des forains, sur l’axe Dioura-Léré, ont été interceptés dans la plaine dite de Ngagna par des bandits armés enturbannés, à bord de deux véhicules.

Ils furent dépouillés  de tous  leurs biens, puis, attachés, les yeux bandés, transportés au lieu-dit Neenga, à une dizaine de kilomètres du village de Doungoura (commune rurale de Toguéré Coumbé, cercle de Ténenkou, région de Mopti).

Dans une furie indescriptible, les bandits (ou terroristes)  fusillent 25 d’entre eux qu’ils  jettent  dans les profondeurs d’un  vieux puits…

Ainsi, de nombreux citoyens, administrateurs et notabilités furent ciblés puis assassinés… Dans ce lot, il y a Boubou Tiello Tamboura, accusé d’excès de loyauté  et froidement abattu dans sa concession, devant ses femmes et ses enfants  à Saré-Kouyé (commune rurale de Toguéré Coumbé) le 4 mars 2015 ; le chef du poste forestier de Diafarabé (cercle de Ténenkou),  criblé de balles  sur son lieu de travail le 6 avril 2015 ; le chef du village de Dogo (cercle de Youwarou), Amadou Issa Mody Dicko,  assommé pour refus de se soumette au diktat des djihadistes,  le 22 avril 2015.

Le 31 décembre 2015, Souleymane Bah dit Kouragal a été assassiné entre Nampala et Dioura. Le 7 janvier 2016, Dioura a été attaquée et les locaux de la mairie saccagés. Le lendemain, 8 janvier 2016, Ténenkou a été prise pour cible à un moment où le Gouverneur de la région y tenait une conférence de cadres. Les assaillants reviendront à Ténenkou, le 16 janvier 2016. Ils y seront chassés par les forces de défense et de sécurité malienne.

En avril 2016, un homme âgé, Nabé Tamboura, est assassiné à son domicile, à Samina. Le samedi 27 août 2016, quatre personnes ont perdu la vie à Falada, à 20km de Dioura.

 Le carnage de Maleimana : 50 morts

Dans les journées de dimanche et lundi mai 2016,  un conflit ethnique entre Peulhs et Bambaras de Maléimana, village situé à 42 km de Dioura, commune rurale du même nom, cercle de Ténenkou, région de Mopti a causé entre 38 et 50 en fonction des sources.  Comme à Ké-Macina, le récit des événements montre clairement et de manière regrettable que l’amalgame a (encore) fait des ravages et que les Djihadistes ont gagné un autre combat, celui de verser ou faire couler largement le sang…

Que s’est-il passé ? Sur la base d’une dénonciation, des Djihadistes (qui parleraient peulh) ont abattu deux villageois bambaras de Maléimana, supposés être des indicateurs pour les Famas et les « Blancs ». Les Bambaras ont conclu que c’est sur dénonciation des peulhs que les Djihadistes (eux-mêmes taxés d’être des peulhs) ont repéré et abattu leurs cibles. En guise de représailles, ils ont tué 4 Peulhs. La tension monte dans les deux camps. Chacun de son côté se réunit pour dégager la conduite à tenir. En route pour la réunion des Bambaras (présidée par le maire), le 1er adjoint du maire et non moins responsable des jeunes, est intercepté et assassiné par les Peulhs (qui venaient de perdre quatre parents). Ce qui mit le feu aux poudres. Les réunions sont écourtées pour faire place à l’affrontement. Mais, le duel était inégal. Et pour cause : les Bambaras, en majorité des chasseurs ont envahi le quartier des Peuls et tiré à bout portant sur tout ce qui bouge. Ce n’est pas tout. Durant le reste de la journée du dimanche 1er mai 2016 et le lendemain, les Bambaras ont constitué des groupuscules qui ont investi les coins de brousse pour exterminer tous les peulhs qu’ils croisent ou dans les campements. Le bilan est lourd, et même très lourd.

 Dimanche 12 février 2017 : A ce jour, on ne connait pas encore le bilan exact des affrontements qui ont endeuillé la commune rurale de Macina suite à des affrontements ethniques entre Bambaras et Peulhs. Le bilan officiel faisait état de 13 morts. Le correspondant permanent du quotidien national L’Essor avait donné le chiffre définitif de 20 corps, alors que des sources locales parlaient de 42 peulhs massacrés.

Tout était parti de l’assassinat d’un boutiquier de Diawaribougou, village situé à 5 km de Macina par deux individus présumés djihadistes. En représailles, les chasseurs de la localité ont investi tous les hameaux peulhs de la zone, laissant derrière eux des cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants et d’animaux et des ruines de maisons incendiées.

En 2017, les Etats-Unis avaient demandé au gouvernement de mener une enquête « crédible et transparente » après la découverte de 25 corps dans trois fosses communes dans la région de Mopti et la reconnaissance, par le ministre de la Défense, de l’implication de « certains personnels » de l’armée. Aussi, l’Union européenne a également fait part de sa préoccupation face à cette situation.

Les corps de 25 personnes ont été retrouvés dans le Centre du Mali après une série d’arrestations par l’armée malienne, selon certaines sources.

L’association de défense des droits des populations pastorales Kisal a affirmé dans un communiqué que, « lors d’une opération de l’armée malienne dans les localités de Kobaka et Nantaka, (région de Mopti), 25 personnes issues de la communauté peulh ont été arrêtées ».

« Les riverains alertés par les coups de feu ont effectué par la suite un ratissage dans les environs », découvrant « trois fosses communes contenant au total 25 corps », selon Kisal, qui a fourni une liste nominative de 18 personnes identifiées et « s’indigne contre cette énième exécution de trop ».

« Dans la première fosse, il y avait sept corps. Dans la deuxième 13, et cinq autres dans la troisième », a précisé Oumar Diallo, membre de Tabital Pulaaku.

Du côté du gouvernement, une source au ministère de la Défense avait démenti « ces accusations d’exécutions sommaires », ajoutant qu’une enquête avait été ouverte.

Selon un habitant de Nantaga, Hama Kelly, à leur arrivée dans le village des militaires ont commencé par arrêter toute personne qu’ils rencontraient. « Ils ont récupéré leurs téléphones portables et cartes d’identité. C’est après que les Songhaï ont été libérés, mais tous ceux qui sont peulhs sont restés avec eux », avait-il déclaré.

Le samedi 23 juin 2018, 32 civils peulhs ont été tués dans le village de Koumaga (Djenné) au cours d’une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels (Dozo), selon l’association peulh Tabita Pulaaku.

«Des gens habillés en Dozo, sont arrivés dans le village de Koumaga, dans le cercle de Djenné (Mopti). Ils ont encerclé le village, isolé les Peulhs des autres communautés et, froidement, ils ont tué au moins 32 civils. Dix autres sont portés disparus », a déclaré le président de cette association, Abel Aziz Diallo…

Le dimanche 17 mars 2019, plusieurs militaires (au moins une vingtaine) ont été tués dans une attaque contre le camp de Dioura (Mopti). Quelques jours auparavant, le 12 mars dernier, ce sont 7 soldats qui perdaient la vie dans l’explosion de leur véhicule sur une mine à Dialoubé…

Le cycle infernal continu ! En effet, la localité de Ogassagou-peulh, commune de Dialassagou (région de Mopti) a été  le théâtre, le samedi 23 mars dernier,  de graves atrocités qui ont fait de nombreuses victimes. Bilan : plus de 137 morts  et autant de blessés. Aussi, de nombreuses pertes matérielles ont été enrgistrées : cases brulés,  greniers  détruits, enclos de bétails détruits…

Selon des sources locales, la localité a été investie, tôt le matin, par des assaillants armés jusqu’aux dents. Ceux-ci, ont, dans leur furie meurtrière, tiré sur  tout ce qui bougeait. Ainsi, parmi les victimes, l’on dénombre de nombreuses femmes et des enfants. Un grand imam de la localité du nom de Baba Sékou Issa a été tué avec toute sa famille. Cette atrocité a également fait plusieurs dizaines de blessés dont certains ont été évacués vers Bankass et Dialassagou. Cette attaque a également visé un camp du DDR où étaient regroupés des éléments  appartenant  à la milice de Sékou Boly, un déserteur de l’armée qui avait créé sa propre milice, il y a quelques mois. La totalité  des cantonnés de ce camp aurait été tuée. Cette journée de samedi a été  très mouvementée dans toute cette zone de la région de Mopti. En effet, des assaillants ont été signalés dans d’autres localités, notamment Guiwagou (commune de Bankass)  ou encore dans le cercle Koro. C’est tout le Seeno qui était sous la menace d’un embrasement généralisé.

Malgré la Minusma, une forte présence militaire française et la création de la force régionale du G5-Sahel, les violences djihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’ONU.

Mohamed Sylla

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