Le lobbying de Paul Kagame en faveur de l’Agence africaine du médicament

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Seuls deux pays africains ont ratifié le traité de l’institution panafricaine, deux ans après son adoption. Mais le président rwandais entend bien rattraper ce retard.

Le président Paul Kagame s’est entretenu à Kigali avec Ibrahim Mayaki, le secrétaire exécutif du Nepad, l’agence de développement de l’Union africaine (UA). Ce dernier était présent dans la capitale rwandaise du 13 au 15 mars pour faire le point sur les activités de l’institution et ses priorités pour les prochains mois. Item n°1 à l’agenda : l’accélération des ratifications du traité instituant l’Agence africaine du médicament, sous l’égide de l’UA.

Approuvé le 11 février 2019 à Addis-Abeba, l’accord n’a été signé que par 16 pays du continent et ratifié par seulement deux d’entre eux : le Rwanda, dès décembre 2019, et le le Mali, en mai 2020.

Kagame en première ligne

Les structures de gouvernance du Nepad font partie des principales voies explorées pour accroître le nombre de signataires. Après le Sénégalais Macky Sall, c’est Paul Kagame qui préside depuis février 2020 le comité d’orientation des chefs d’État, instance décisionnelle de cette agence de l’UA, qui rassemble 33 dirigeants. Son mandat de deux ans est renouvelable une fois.

La prochaine réunion de ce comité sera organisée en préalable au sommet de « coordination » de l’UA, qui rassemblera en juillet les chef d’États présidents en exercice des Communautés économiques régionales du continent, dont le Ghanéen Nana Akufo-Addo (Cedeao) et le Mozambicain Filipe Nyusi (Communauté de développement d’Afrique australe – SADC).

Selon nos informations, les discussions préalables à cette réunion – entre les sherpas des chefs d’État membres du Comité d’orientation du Nepad mais aussi entre les représentants des présidents conviés au sommet de juillet – seront l’occasion d’un intense lobbying en faveur de la ratification du traité.

Mobiliser le secteur privé

En parallèle, un argumentaire est en cours d’élaboration pour inciter le secteur privé à appuyer cette initiative. Il met notamment en avant les avantages qu’apporte un système centralisé de régulation des produits pharmaceutiques afin d’augmenter les exportations à travers le continent ainsi que les « économies d’échelle » potentielles pour les investisseurs et les industriels.

Par ailleurs, si la présidence en exercice de l’UA est exercée par Félix Tshisekedi, Paul Kagame assure le suivi des réformes approuvées lors de son mandat en 2016, notamment l’instauration d’une taxe de 0,2 % sur les importations pour financer l’institution. Si certains pays l’ont déjà inscrite dans leurs lois – le Mali notamment, en 2019 –, la tâche est loin d’être terminée.

Par: jeuneafrique.com

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