TCHAD: Le scandale de l’impunité de la SHT fait sa chienlit au palais de NDjaména. Exclusif

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L’odeur frelatée des vannes de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) devenue au gré des semaines un monstre à plusieurs têtes cache bien un délitement qui s’est emparé de l’État tchadien. La surprenante mise en liberté provisoire d’Idriss Youssouf Boy et la forte pression exercée sur le PCMT pour tirer du guêpier le groupe bancaire ORABANK risquent d’empoisonner le dialogue national inclusif prévu dans quelques jours sur la problématique de l’impunité et de la mauvaise gouvernance. Révélations exclusives de Confidentiel Afrique

Révélée en exclusivité par Confidentiel Afrique dans trois éditions précédentes, l’affaire scrabeuse relative au détournement de près de 120 milliards de FCFA à la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT ) cache un délitement qui s’est emparé au plus haut sommet de l’État allant du palais rose de N’Djamena au ministère de la Justice. Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, un groupe d’hommes d’affaires tchadiens et de généraux sont à la manœuvre depuis plusieurs jours afin d’extirper définitivement des filets de la justice, Idriss Youssouf Boy,  l’ex-puissant Secrétaire Particulier du Président. Le PCMT Mahamat DEBY ITNO, selon des sources autorisées parvenues à Confidentiel Afrique, a lâché du lest sous la pression d’une poignée de généraux et de faucons du palais dans ce dossier de détournements aux relents insoupçonnés qui a éclaboussé il y’a quelques semaines et mettant à nu une mafia nauséabonde d’escroquerie et de vol bien organisée et planifiée par plusieurs dignitaires de l’État. Ce qui explique que la comparution à huis clos de Idriss Youssouf Boy devant la juridiction compétente de NDjaména n’a pas été trop contraignante pour avoir bénéficié  d’une mise en liberté provisoire. Un coup de tonnerre dans le ciel de la justice du pays qui s’impose désormais comme un cas d’école. En réalité, nous a glissé une source au parfum du dossier, cette mise en liberté provisoire dont a bénéficié l’ancien Secrétaire Particulier du PCMT est le fruit d’un intense lobbying. Pourtant, renseignent nos sources, le Président Mahamat DEBY ITNO s’en est ouvert à certains de ses collaborateurs et exprimé sa détermination à faire jaillir la vérité dès les premières heures de l’éclatement de ce scandale qui a donné du tournis à plus d’un. Le Président Mahamat DEBY ITNO qui s’est dédit comme un coup de galipette a dû ravaler ses petites confidences d’inflexibilité vis-à-vis de ce détournement gravissime de fonds à la Société des Hydrocarbures du Tchad jamais égalé. En rendant cette décision, l’échafaud judiciaire prend des bulles de glace autour de l’ancien proche collaborateur du PCMT. Idriss Youssouf Boy s’est confié à certaines personnes comme quoi « rien ne lui arrivera » et que « bientot cette affaire sera classée ». Un procès ridicule de façade et ahurissant a été servi aux Tchadiens, ergotent les initiés du milieu judiciaire. C’est tout ça pour ça!  Toutefois, des sources bien renseignées parlent d’un risque fort de rétropédalage du Président du CMT dans ce dossier devenu un véritable capharnaüm. Derrière cette pirouette de l’homme fort de NDjaména, se cache une féroce bataille de procuration qu’on tente d’étouffer entre le camp des alignés à la cause des bandits en « col blanc » qui régentent la vie d’un État desarçonné par l’affaire SHT et ceux qui réclament que justice soit dite dans ce dossier de détournements de gros sous. Au prix de l’odeur frelatée du pétrole. Le départ du palais rose d’AbdelKérim DEBY, qui occupait les fonctions de Directeur de cabinet civil du PCMT semble trouver son explication dans cette pomme de discorde qui oppose les collaborateurs immédiats du chef. Selon nos informations, AbdelKerim DEBY paie les frais de sa posture radicale vis-à-vis de la manière avec laquelle le dossier de la SHT est gérée. Beaucoup s’étonnent et s’interrogent d’ailleurs de la non audition encore du ministre des Finances Tahir HAMIT Nguilin qui n’est pas inquiété du tout, en dépit de la gravité et de l’ampleur du scandale qui a abouti à l’arrestation du DG d’Orabank Tchad, Mamadou BASS et au limogeage du DGA de la SHT et d’Idriss Youssouf Boy. Le lobbying des assidus visiteurs nocturnes au palais a payé et évité de justesse l’électrocution du ministre des Finances. Pourquoi le protège t-on autant ? L’argentier Tahir HAMIT aux habits de prince était récemment dans les valises du Président lors de ses déplacements officiels à l’étranger. Selon des sources autorisées parvenues à Confidentiel Afrique, il ressort de la mission du Directeur du Risque et de l’auditrice générale du groupe bancaire ORABANK à N’Djamena que des dysfonctionnements notoires ont été constatés au niveau de la conformité du système de contrôle interne de ORABANK TCHAD. Face à ce tsumani financier, les dirigeants du groupe bancaire manoeuvrent sans répit pour décrocher une audience avec le Président Mahamat DEBY ITNO, afin d’éviter que la SHT se retourne contre ORABANK. La libération les jours à venir de Mamadou BASS, Directeur général d’ORABANK TCHAD est dans les tuyaux, fruit d’une intervention croisée de hautes personnalités politiques et financières africaines de premier plan. Confidentiel Afrique révélait dans son édition électronique du 16 juillet 2022 que deux Chefs d’État africains devraient être mis à contribution dans ce dossier pour extirper du guêpier le groupe bancaire ORABANK. Ce rétropédalage du Président Mahamat DEBY ITNO flaibirait la crédibilité et la sincérité du dialogue national inclusif déjà compromis par des dissensions et lignes de friction inter-groupes politico-rebelles et État tchadien lors des négociations à Doha.

Par Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)

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