Cinq questions à Mohamed Sidibé, président du Conseil des Maliens de Guinée et mandataire du président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur : « La conférence d’entente nationale est une conférence sur le Mali… »

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Le Républicain : Quel est l’objet de votre mission à Bamako ?
Mohamed Sidibé : Le médiateur de la République qui est le président de la Commission d’Organisation de la Conférence d’Entente nationale a invité le président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur à une séance de travail. C’est à cet effet que le président Habib Sylla nous a désigné pour le représenter. Reçu ce matin, le médiateur nous a donné de larges explications sur l’accords et sur l’organisation de la conférence d’entente nationale. Il a apporté des éclaircissements sur des points d’ombre qui nous ont été très utiles. Il nous a également demandé de prendre le relai pour expliquer aux Maliens de l’extérieur, la nécessité de soutenir cet accord et de participer à la conférence d’entente nationale.

Dites-nous quelques points sur les quels vous avez été édifiés par le Mediateur ?
D’abord pour la plupart des Maliens, la conférence d’entente nationale, est une conférence du nord ou sur le nord. Nous nous sommes rendus compte que la conférence d’entente nationale regroupe l’ensemble des composantes de la nation. C’est une conférence sur le Mali, sur l’état du Mali et non une conférence du nord. Et c’est à ce titre d’ailleurs, que les Maliens de l’extérieur estimés à plus de 6 millions, représentant une composante ont été invités à s’impliquer. La deuxième explication c’est qu’il nous a été dit clairement que le mot ‘’Azawad’’ qui pour nous a un caractère revendicatif, voire séparatiste n’est plus dans ce contexte. Il est dans un contexte banal comme le ‘’Bélédougou’’, le ‘’Kénédougou’’, le ‘’Macina’’, le ‘’Guédimakan’’. Fort de ces expériences je pense que tous les Maliens comprennent que tout le monde est dans la même assiette, c’est l’assiette de la République. L’Azawad, une zone d’appellation géographique située au Mali et non une zone séparatiste comme nous le pensons. Donc fort de cette compréhension nous pensons que nous pouvons travailler pour emmener un climat d’entente et de compréhension au sein des différentes communautés.

La conférence d’entente nationale est une rencontre prévue dans l’accord, en parlant d’inclusivité, d’autres composantes participeront elles à la conférence d’entente nationale ?
C’est la précision de taille, la conférence d’entente nationale concerne l’ensemble des composantes de la République du Mali. Cette conférence ne sera pas la conférence des signataires, elle sera inclusive comme on le dit et c’est à ce titre que vraiment nous invitons tout le monde à s’impliquer.

Quel sera l’apport du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur à la réussite de cette conférence ?
Comme à la conférence nationale souveraine en 1991, les Maliens de l’extérieur entendent marquer cette conférence par leurs contributions. Ayant vécu dans des pays en guerre, beaucoup de Maliens de l’extérieur ont l’expérience, et certains connaissent les signataires de l’accord, notamment les mouvements. La participation des Maliens de l’extérieur sur instruction du président du Haut Conseil, Habib Sylla sera totale et nous allons faire une contribution de qualité à travers des hommes qui maitrisent bien les dossiers.

Pour terminer comment vont les Maliens de la Guinée ?
Les maliens de Guinée se sentent  bien, la Guinée est le pays le plus proche et il y a des accords qui permettent la libre circulation. En dehors de la CEDEAO, la Guinée est le seul pays qui a un accord d’établissement. Dans cet accord il est dit que les Maliens  et les Guinéens bénéficient des mêmes droits et vice versa. Ensuite nous avons beaucoup de liens, unis par l’histoire, la géographie, la culture, c’est une réelle parenté. Les Maliens de Guinée se sentent chez eux en Guinée. Les maliens de façon officielle sont intégrés, ils peuvent mener les activités, les seuls petits problèmes sont au niveau des frontières : les tracasseries à la fois du côté du Mali et du côté de la Guinée. A l’intérieur ils n’ont aucun problème, créent leurs sociétés comme ils veulent, comme des Guinéens.

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