Ami Yerewolo, pionnière du Rapt féminin au Mali : “Notre société a fait de la femme un objet de soumission”

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Ami Yerewolo, pionnière du Rapt féminin
Ami Yerewolo

Après dix ans de carrière et de combat acharné pour trouver sa voie dans un milieu considéré comme “masculin” au Mali, Aminata Danioko, de son nom d’artiste Ami Yerewolo ou encore “Denfari” pour ses fans, auteur de deux albums intitulés “Naissance” et “Mon combat”, est incontestablement aujourd’hui la pionnière du rap féminin malien. Dans l’entretien qui suit, l’artiste rappeuse évoque, entre autres, comment elle s’est retrouvée dans le rap, son parcours, les difficultés rencontrées ainsi que se projets dans sa carrière d’artiste.        

Aujourd’hui-Mali : Peut-ont savoir comment Ami est venue dans la musique ?

Ami Yerewolo : J’ai commencé la musque quand j’étais au lycée dans mon village à Mahina, mais ce n’était pas sérieux. Je le faisais seulement par plaisir par ce que j’aimais chanter. Arrivée à Bamako pour les études supérieures, j’avais des potes qui rappaient avec moi, mais c’est finalement vers 2010 que j’ai officiellement commencé la musique avec des singles. Au départ, franchement, je ne pensais pas devenir forcément une rappeuse et ma vie serait consacrée à la musique, mais on en est là aujourd’hui et j’en suis fière.

Quelles sont les difficultés majeures rencontrées dans votre carrière en tant que femme rappeuse, surtout à vos débuts ? 

Bon, d’abord, il y a la société qui perçoit mal qu’une femme fasse du rap parce qu’au Mali, on considère que c’est un genre musical réservé aux hommes, notamment des hommes qu’on considère généralement comme des délinquants. Un genre musical qui ne correspond pas à la femme ou qu’un enfant digne d’une famille ne doit pas faire. On a une très mauvaise image de la femme dans ce milieu.  C’était vraiment difficile avec la famille, l’entourage et aussi le machisme, mais moi j’avais un objectif à atteindre : celui de m’imposer dans ce milieu. Et je crois que je l’ai fait même si ça n’a pas été facile.

Ami Yerewolo et Denfari sont vos surnoms, peut-on connaitre leur signification et comment sont-ils venus ? 

Ce sont des surnoms qui sont venus naturellement grâce à mon entourage. Yerewolo qui veut dire authentique n’a pas d’autre signification particulière et ‘‘Denfari” veut dire “l’enfant battant” ou encore “l’enfant qui ose “. J’aime bien ce surnom car si je n’étais un enfant battant, je n’allais jamais être là où je suis actuellement ou qu’on n’allait jamais entendre parler d’Ami Yerewolo car je sais ce que le rap féminin implique au Mali, aujourd’hui. Malgré tout, avec le combat qu’il faut mener, la patience et le courage que cela demande, je suis arrivée à me faire respecter dans le milieu et je me dis finalement que je suis un ”Denfari”.

Dans vos chansons, vous parlez beaucoup de combat, s’agit-il du combat que les femmes battantes mènent au quotidien ?

Effectivement, je crois que cela définit plus ou moins le courage des femmes qui veulent réussir dans notre société. J’ai eu une enfance, une adolescence avant d’être une jeune dame aujourd’hui. Je connais les difficultés auxquelles les femmes battantes sont confrontées aujourd’hui. Notre société a fait de la femme un objet de soumission. Cependant, je me dis qu’en venant au monde, il n’est pas écrit que l’homme est le roi et la femme l’esclave. Il faut que notre société comprenne que l’homme n’est pas forcément supérieur à la femme et que ce que l’homme peut faire, la femme peut le faire aussi. C’est ce que j’essaie un peu de dire à travers mes chansons.

Pourquoi avoir choisi le rap ?

Je n’ai pas du tout choisi le rap. Il est venu tout naturellement. Comme je l’ai dit, je ne m’attendais à devenir une chanteuse à plus forte raison une rappeuse. Mais Dieu m’a donné cette force et cette patience alors que je suis très impatiente. Je me dis alors que c’est mon destin et que j’ai peut-être un objectif à atteindre dans ce milieu. Celui de m’imposer et de faire ce que les autres femmes n’ont pas encore fait dans le rap. Vous savez, généralement, un rappeur c’est quelqu’un qui a beaucoup de colère en lui qui veut la faire sortir avec force et rage. Or, dans la plupart des genres musicaux on chante avec douceur et moi quand je commençais la musique, je n’avais pas cette douleur là en moi.  J’avais toujours envie d’exploser et de me libérer et c’était naturellement du rap.

Déjà 10 ans de carrière couronnés de deux albums. Peut-on connaitre les distinctions majeures que vous avez décrochées et laquelle parmi elles vous a le plus marquée ?

J’ai décroché pas mal de distinctions dans ma carrière. J’ai été lauréate au Mali Hip Hop Awards, du Kalata Music Awards. Ensuite, j’ai eu le trophée de “Femme battante du Mali”. J’ai été aussi classée 2e du prix découvertes Rfi 2017 et Héroïne Nationale de l’année 2018. Le trophée qui m’a le plus touchée est celui de “Femme battante du Mali” qui m’a été de décerné en 2016 par les femmes de la presse malienne. Ce trophée m’a prouvé qu’il y’a des femmes qui reconnaissent mes efforts dans ce milieu et qui sont fières de moi. Ce qui me donne encore l’envie de donner le meilleur de moi-même.

Etant considérée comme la pionnière du rap féminin au Mali, qu’est-ce que Ami fait aujourd’hui pour aider sa promotion ?

Oui bien sûr, il y a déjà mon projet dénommé “le Mali a des rappeuses” que j’organise depuis déjà 2 ans maintenant. C’est un projet qui vise à aider les jeunes femmes à tracer leur voie dans le rap. Comme je le dis, je suis passée par plusieurs étapes dans la musique et les difficultés j’en ai connues. Et si une femme tente de faire le rap, ce sont certainement les mêmes difficultés auxquelles elle sera confrontée. C’est donc pour éviter aux jeunes rappeuses de rencontrer ces mêmes problèmes dans leur carrière que j’ai lancé ce projet. En plus, je les forme et les accompagne dans leur projet.

Ami a-t-elle un message à l’endroit des jeunes femmes qui sont ou qui souhaitent se lancer dans le rap ?

Je dis tout simplement aux jeunes femmes de foncer si elles ont envie de faire quelque chose. Qu’elles arrêtent de dire que c’est difficile car la vie même est difficile et parfois ce sont les choses difficiles qui mènent à bon port. Si nous les femmes nous disons aujourd’hui qu’on est égal aux hommes, il faut qu’on soit au même niveau qu’eux sur le plan courage, ambition et détermination.

          Réalisé par Youssouf KONE

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5 COMMENTAIRES

  1. C’est la Nature qui a fait les choses en sorte que la femme soit soumise
    à l’homme ; même chez les animaux, c’est comme ça.

    Dans toutes les religions sérieuses, il nous a été révélé que la femme n’est
    qu’un prélèvement que Dieu a effectué sur l’homme pour en faire sa compagne ;
    ainsi, elle ne saurait être son égale.

    Et c’est cette disposition de soumission qui, en réalité, rend la femme plus
    puissante que l’homme, tout comme la mer est plus immense que le marigot.

    Vouloir ramer contre cette noble loi de la nature, c’est empêcher ou détruire
    les liens de mariage, esseuler la femme et la livrer à un gigolo, comme
    chez les Occidentaux, tes maîtres, dont le seul mérite demeure de nous
    retourner l’écriture, la science et la technique, héritées par eux-mêmes aussi
    des Pharaons, nos ancêtres à nous, depuis Thèbes.

    Chère Ami Yerewolo, tu as beaucoup appris pour rien, car à présent,
    tu n’as rien compris et il te faut retour aux sources africaines pour mériter
    ce pseudonyme “Yerewolo” (“yɛdɛwolo”), qui est encore loin de te convenir.

    Ami, l’apprentie-sorcière, tant que tu n’auras pas tourné le dos
    à l’occidentalisme que vous nommez abusivement, mais par ignorance
    modernisme, vous resterez des sadomasochistes suicidaires comme
    vos maîtres européens qui, après avoir “esclavagisé” et colonisé le
    reste du monde, se retrouvent encore et toujours à tirer le diable par la queue
    comme la France avec ses Gilets-Jaunes, l’Angleterre avec son “Bret-Exit”
    et les Etats-Unis avec leur “Shut down”, etc.

    Je conclus en te déclarant que l’Europe n’a que la technologie, mais pas
    la culture authentique, celle-ci apparient au reste du monde ; et tout
    sacrilège de les suivre sans avoir quitté l’Afrique peut coûter cher à une femme,
    notamment sa grandeur. Sogolon-Djata, Soumba-Ngolo, Dah-Monzon,
    Sokona-Mori, etc. sont des preuves que c’est plutôt la société mandingue qui a “a fait
    de la femme un objet de priorité e de vénération”, à l’antipode des Occidentaux
    dont les prénoms ne commencent jamais par le prénom de leur mère, même polygames.

    Ami, retourne encore et toujours à la vraie école des origines car, à présent,
    tu ignores tout de tout, excepté de l’occidentalisation et de l’occidentalisme.

    Dingue !

  2. C’est la Nature qui a fait les choses en sorte que la femme soit soumise
    à l’homme ; même chez les animaux, c’est comme ça.

    Dans toutes les religions sérieuses, il nous a été révélé que la femme n’est
    qu’un prélèvement que Dieu a effectué sur l’homme pour en faire sa compagne ;
    ainsi, elle ne saurait être son égale.

    Et c’est cette disposition de soumission qui, en réalité, rend la femme plus
    puissante que l’homme, tout comme la mer est plus immense que le marigot.

    Vouloir ramer contre cette noble loi de la nature, c’est empêcher ou détruire
    les liens de mariage, esseuler la femme et la livrer à un gigolo, comme
    chez les Occidentaux, tes maîtres, dont le seul mérite demeure de nous
    retourner l’écriture, la science et la technique, héritées par eux-aussi
    des Pharaons, nos ancêtres à nous, depuis Thèbes.

    Chère Ami Yerewolo, tu as beaucoup appris pour rien, car à présent,
    tu n’as rien compris et il te faut retour aux sources africaines pour mériter
    ce pseudonyme “Yerewolo” (“yɛdɛwolo”), qui est encore loin de te convenir.

    Ami, l’apprentie-sorcière, tant que tu n’auras pas tourné le dos
    à l’occidentalisme que vous nommez abusivement, mais par ignorance
    modernisme, vous resterez des sadomasochistes suicidaires comme
    vos maîtres européens qui, après avoir “esclavagisé” et colonisé le
    reste du monde, se retrouvent encore et toujours à tirer le diable par la queue
    comme la France avec ses Gilets-Jaunes, l’Angleterre avec son “Bret-Exit”
    et les Etats-Unis avec leur “Shut down”, etc.

    Je conclus en te déclarant que l’Europe n’a que la technologie, mais pas
    la culture authentique, celle-ci apparient au reste du monde ; et tout
    sacrilège de les suivre sans avoir quitté l’Afrique peut coûter cher à une femme,
    notamment sa grandeur. Sogolon-Djata, Soumba-Ngolo, Dah-Monzon, Sokona-Mori, etc.
    sont des preuves que c’est plutôt la société mandingue qui a “a fait
    de la femme un objet de priorité, de vénération”, à l’antipode des Occidentaux .

    Ami, retourne encore et toujours à la vraie école des origines car, à présent,
    tu ignores tout de tout, excepté de l’occidentalisation et de l’occidentalisme.

    Dingue !

  3. Aux femmes Maliennes de lutter pour se liberer sinon comme Thoms Sankara l’a dit” le maître ne va jamais donner la liberte a l’esclave c’est a ce dernier de l’arracher” C’est une lute de liberation et d’emancipation! Merci pour le constat et la lute de liberation doit suivre!

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