Quand la politique s’en mêle, le 8 mars se fête avant l’heure

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Entre émancipation et anticipation, est-on tenté de dire. Nous sommes bel et bien février et à trois semaines de l’échéance, mais la fièvre festive du 8 Mars a déjà empli la capitale malienne. Ce ne sont pas les slogans et la cogitation centrés sur le genre et la gent qui intéressent le public mais plutôt l’acquisition de gadgets. Il s’agit notamment des fameux pagnes du 8 Mars que les initiés s’arrachent comme du petit pain depuis quelques jours. Il est de tradition, en effet, que la ferveur gagne les habitués qu’à une semaine voire à la veille de la date commémorative de l’émancipation féminine, mais cette année l’anticipation a visiblement pris le pas avec des implications économiques. Les prix ont par exemple pris l’ascenseur comme jamais et avec une pénurie manifestement créée par l’air du temps. A quelques encablures de l’ouverture de la campagne des législatives, c’est probablement une course à l’électorat par les pagnes qui s’est engagée et fait ses effets sur le marché du 8 Mars. L’anticipation est manifestement l’artifice tout trouvé pour déjouer les prescriptions légales en vertu desquelles les pagnes font partie des gadgets dont la distribution est interdite à des fins électorales, tant comme support publicitaire qu’en guise de présents.

Les législatives et la guigne féminine

Les législatives 2020 interviennent dans un contexte très particulier. C’est la première, en effet, que la Loi 52 portant quota du genre s’applique à l’élection des députés au Mali. La mesure, qui se résume à réserver sur les listes de candidature au moins 30% des sièges aux représentants de la gent, s’applique à la lettre au risque de s’exposer à une invalidation. Pour le plus grand bénéfice des femmes qui sont considérées néanmoins comme la poisse des partis politiques. Avec une dynamique d’alliances tous azimuts, en effet, c’est aux formations les moins nanties et les plus demandeuses que revient la corvée de désigner des femmes avec le péril d’en faire les frais par des dissensions internes puisque le choix s’opère au détriment de fortes convoitises masculines. De nombreuses tentatives ont ainsi avorté et manqué d’être nouées à cause du refus des parties de s’accorder sur le poids d’une candidature féminine que les formations acceptent plus par contrainte que par conviction ou mansuétude envers le genre. D’autres, en revanche, préfèrent propulser la candidature féminine pour l’obtention d’un siège sur une gagnante que d’aligner les hommes sur une combinaison aléatoire.

La Rédaction

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