Elections communales : des fortunes diverses

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Les électeurs se sont rendus aux urnes, hier dimanche 20 novembre, pour élire les maires et les conseillers communaux des collectivités locales. Si le scrutin s’est déroulé dans un climat apaisé dans le district de Bamako et d’autres localités du pays, force est de reconnaître qu’il n’y a pas eu de vote dans plusieurs communes notamment dans les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. Sans risque de se tromper et surtout en attendant les premières déclarations des responsables du Ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, on peut affirmer que le scrutin d’hier a connu des fortunes diverses.

14 600 agents de sécurité mobilisés

14600 agents de sécurité ont été déployés dans les différents centres de vote sur l’ensemble du territorial national. Dans le District de Bamako, ils sont au nombre de 3 794 policiers ; 1 340 gendarmes ; 850 gardes ; 170 agents de la Protection Civile et 430 Piquets et Forces Spéciales anti-terroriste.

Un candidat enlevé dans la région de Mopti

Dans un communiqué daté du 20 novembre, le PRVM Fasoko informe la classe politique, les amis du Mali et le peuple malien que sa tête de liste dans la commune de Djounguani (Mopti/Koro) a été enlevé, le samedi 19 novembre vers 6h. « La voiture du camarade Saibou Barry a ensuite été brûlée par des hommes armés qui l’ont conduit vers une destination inconnue.  Monsieur Barry, natif de M’Bana peulh, est tête de liste du PRVM Fasoko de la commune de Djounguani », nous apprend le communiqué. « Le PRVM condamne fermement cet acte odieux et crapuleux, exige des mesures énergiques pour retrouver Monsieur Saidou BARRY ainsi que les auteurs de son enlèvement, digne d’une autre époque. Le bureau politique national du PRVM Fasoko invite ses militants et l’ensemble de la classe politique à l’unité et à la vigilance pour mettre fin à l’insécurité sous toutes ses formes », ajoute le texte signé par le Président du Bureau Exécutif du PRVM Fasoko, une formation politique membre de l’opposition.

Identification des  bureaux de vote : un casse-tête pour les électeurs

L’identification des bureaux de vote était devenue un casse-tête pour les électeurs dans le district de Bamako. Le système d’identification par SMS fonctionnait difficilement. C’était donc une longue file d’attente devant l’ordinateur dans les centres de vote. Ceux qui n’avaient pas la patience sont retournés à la maison sans voter.

Des Sotrama cherchent désespérément électeurs à Hamdallaye

A Hamdallaye, les Sotrama affrétés par les états-majors de certains partis politiques cherchaient désespérément les électeurs. Les mobilisateurs à bord de ces véhicules s’affairaient dans les rues à la recherche de potentiels électeurs et n’hésitaient pas à supplier les femmes à sortir.

Cercle de Goundam : deux communes au rendez-vous

Dans le cercle de Goundam, sur les 16 communes, seulement deux étaient au rendez-vous. Il s’agit de la commune urbaine de Goundam et la commune rurale de Tonka. Dans la commune urbaine de Goundam, on signale que les électeurs ont voté dans la tranquillité. A Tonka, on a noté quelques incidents. A Doukeiré, Gargando, M’Bouna, Issa-Beri, Alzounoub, Essakane, Tilemsi et autres, les opérations de vote n’ont pas eu lieu.

Nianfuké : pas de vote dans trois communes

Les électeurs de trois 03 communes du cercle de Niafunké ont  été privés de vote. Il s’agit des communes de Leré, Djanké et Soumpi. A Léré, des groupes armés ont emporté les matériels électoraux ainsi que les véhiculés qui les transportaient. Selon un témoin de la localité, les bandits armés menaçaient les électeurs qui tentaient d’aller voter.

Tombouctou ville et Djiré : vote tranquille

Dans la ville de Tombouctou et le cercle de Djiré, les électeurs ont voté dans la plus grande quiétude. Jusqu’à la mi-journée, aucun indicent majeur n’avait été signalé.

Dibaly : un bureau de vote attaqué

Dans le village de Boukaweré vers Diabaly, un bureau de vote a été attaqué par quatre véhicules remplis d’hommes lourdement armés. Des urnes ont été emportées et le président du bureau de vote pris en otage par les hommes armés.

Gabero : élection annulée

A 72 heures du vote, des jeunes ont incendié les matériels électoraux pour empêcher la tenue des élections communales dans leur localité. Pour cela, l’élection a été annulée dans la commune de Gabero, cercle de Gao.

Gourma-Rharous : des matériels brûlés à Hamza-Koma et Sereré

Des matériels électoraux ont été brûlés dans les communes de Hamza-Koma et de Sereré situés à Gourna Rharous. Des soupçons pèsent sur les groupes proches de la Coordination des Mouvements de l’Azawad. Dans une autre localité, on a signalé l’enlèvement d’une dizaine de présidents de bureau de vote qui ont été amenés par les groupes armés vers un site.

Kidal et Ber : le scrutin n’a pas eu lieu

Malgré le dépôt des listes de candidature, il n’y a pas de vote à Kidal et à Ber. Sans surprise cependant. La CMA avait déjà averti qu’elle n’est pas prête à cautionner la tenue des élections dans les zones sous son contrôle. Selon certaines sources, des manifestations contre la tenue des élections communales ont eu lieu à Kidal.

 

Le Président IBK après le vote : «C’est un jour de bonheur»

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a voté hier dimanche dans le bureau de vote n°1 de l’école AB non loin du marché de Sébénicoro en compagnie de son épouse, Mme Kéïta Aminata Maïga.

C’est à 10h16 mn que le cortège du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, s’est immobilisé devant la porte de l’école AB de Sébénicoro sous les applaudissements des enfants : « IBK, Mali Président ». A l’accueil du Chef de l’Etat, le Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erglaf, débarrassé de son traditionnel turban, le Gouverneur du district de Bamako, Mme Ami Kane et le Maire sortant de la commune IV, Siriman Bathily. Après quelques poignées de mains, le Président se dirige vers la cour de l’école. Il adresse un « Salamekoun » fraternel à quelques citoyens tenus à l’écart derrière le cordon sécuritaire par un important dispositif des forces de l’ordre qui avait quadrillé le secteur plusieurs heures auparavant. Avant de grimper la manche donnant accès à la terrasse de son bureau de vote, un élément de sa garde rapprochée remet au Chef de l’Etat sa carte NINA. Ensuite, le locataire de Koulouba salue le président du bureau de vote et son personnel.

Après avoir accompli son devoir civique, il adresse quelques mots à la presse. Selon le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, « c’est un jour de bonheur ». À en croire Ibrahim Boubacar Kéïta, on a souscrit à la démocratie qui a ses principes. Les reports successifs n’étaient pas liés à une incapacité du gouvernement de la République du Mali mais se justifiaient par un souci d’organiser des élections inclusives.

Pour IBK, un maire n’est pas élu pour vendre des terrains, un maire doit travailler dans les domaines de l’assainissement, de l’accès à l’eau potable, de la santé, de l’éducation afin de soulager les souffrances des citoyens. « Que Dieu dote le Mali et nos collectivités des maires qui pensent au bien-être des populations », a-t-il souhaité. A 10h 26mn, le cortège présidentiel quitte l’école AB de Sébénicoro.

Chiaka Doumbia 

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