Accord politique entre gouvernement et l’opposition : Contre proposition du gouvernement

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PROJET DE PROTOCOLE D’ACCORD POLITIQUE

Entre,

Le Premier ministre de la République du Mali

D’une part

Et

Les regroupements et partis politiques, les mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation, les regroupements de la société civile, les entités religieuses, les partenaires sociaux soussignés

D’autre part

Il a été convenu ce qui suit :

PREAMBULE

Le Mali traverse une période difficile de son histoire politique, une période marquée par une résurgence terroriste avec des attaques barbares et meurtrières ciblant les populations civiles, les forces armées et de sécurité nationale ainsi que les forces internationales participants à l amission de stabilisation du Mali. La période est également marquée par les revendications grandissantes des travailleurs, les grèves qui paralysent l’économie nationale et aussi d’autres revendications sociales de plus en plus véhémentes et menaçant la stabilité générale du pays. La période est également marquée par des appels à peine voilés à l’insurrection populaire, à la défiance vis-à-vis de l’autorité légitime. Ces difficultés n’occultent cependant pas le fait que le gouvernement travaille à respecter les engagements qui découlent des accords conclus avec les partenaires sociaux et, également ceux découlant de l’accord pour la paix et la réconciliation signé le 15 juin 2015 et le pacte pour la paix au Mali  signé le 15 Octobre 2018.

Le Président de la République, conformément à ses prérogatives  découlant de l’article 38 de la Constitution, a nommé un nouveau Premier ministre. Et fort  de son rôle de gardien de la Constitution, et incarnant l’unité nationale, il a instruit au Premier ministre de former un gouvernement de large ouverture prenant en compte les différentes sensibilités politiques nationales et travailler à trouver les solutions aux défis actuels dans une démarche consensuelle, impliquant le plus grand nombre d’acteurs nationaux. Le présent accord sert à encadrer les relations de collaboration et d’action politique que le Premier ministre souhaite établir avec toutes les forces politiques nationales qui sont invitées, au nom du Président de la République, à apporter leur contribution à l’œuvre de reconstruction nationale. Les parties signataires peuvent participer à l’équipe gouvernementale comme elles peuvent apporter des contributions sous la forme de propositions de politiques générales ou spécifiques.

Chapitre I : De la formation du nouveau gouvernement et de sa mission

Article 1er : Le Premier ministre engagera de larges consultations avec les Partis politiques et regroupements de Partis politiques, la société civile, les groupements religieux et les syndicats avant la formation du nouveau gouvernement. Il invitera tout regroupement désireux à se joindre à son administration en diverses capacités,  ne se limitant pas uniquement à des postes ministériels.

Article 2 : Le Premier ministre choisira, sur proposition de leurs groupements, des personnalités qui formeront le prochain gouvernement sous sa direction. Le nouveau gouvernement travaillera  à la mise en œuvre du programme 2018-2023 du Président de la République « Ensemble pour la paix et le progrès : Notre grand Mali avance ».

Article 3 : La mission du gouvernement consistera à initier les actions concertées suivant les axes ci-après:

– la paix et la cohésion  nationale,

– les reformes politiques et institutionnelles,

– la lutte contre le terrorisme et une plus grande sécurisation de l’ensemble du pays, en général, et des régions du Centre en particulier,

– la mise en œuvre des résolutions et recommandations des états généraux de l’éducation,

– l’apaisement du front social par la refondation du cadre légal et règlementaire du monde du travail sans mettre en cause les droits acquis des travailleurs,

– une croissance économique inclusive

– la restauration de l’autorité de l’Etat,

– la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite,

– la promotion de la jeunesse

– le renforcement de la diplomatie malienne et la coopération internationale

– la lutte contre les changements climatiques

Ces axes feront l’objet d’une feuille de route qui sera mise à la disposition des membres du gouvernement par le Premier ministre.

Article 4 : Le gouvernement formé travaillera dans la collégialité et ne saurait servir de terrain de promotion politique d’un parti ou d’un regroupement, ni de contestations politiques  qui conviennent plutôt à un parlement.

Une fois qu’ils ont pris fonction, les ministres répondent au Premier ministre, chef du gouvernement et seulement à lui.

Article 5 : Un ministre qui démissionne de son parti, de son regroupement politique ou de l’entité qui l’a proposé, perd automatiquement son portefeuille. Il sera pourvu à son remplacement suivant la même procédure qui a abouti à sa nomination. Un Parti politique, un regroupement ou toute autre entité représentée au sein du gouvernement  ne peut non plus obliger son préposé à démissionner ou le remplacer à son bon vouloir, sauf les cas de faute professionnelle entachant la réputation du gouvernement ou de crime ou délit flagrant.

Chapitre 2 : Du dialogue politique national inclusif

Article 6 : Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre devra, dans les 15 jours de sa prise de fonction, entamer un dialogue politique national dont les termes de référence feront l’objet d’échanges avec toutes les forces politiques. Le dialogue politique national inclusif devra inclure les membres de la Commission Constitution de la constituante de 1992.

Article 7 : Le Président de la République, à travers le Premier ministre proposera le format qu’il juge approprié dans un esprit d’inclusion et après analyse des suggestions que les acteurs sociopolitiques pourront lui faire.

Article 8 : Les recommandations issues du dialogue politique national inclusif seront mises en œuvre suivant un calendrier précis.

Les recommandations relatives à la reforme constitutionnelle seront remises au Comité d’Experts pour la réforme constitutionnelle. Le Comité en fera une revue technique et incorporera les propositions dans le texte de l’avant projet de loi portant révision de la Constitution.

Un comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations sera mis en place a la fin du dialogue. Le Comité soumettra des rapports mensuels au Président de la République.

Chapitre 3 : De la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation et la lutte contre le terrorisme

Article 9 : Les Parties signataires du présent accord reconnaissent et réaffirment leur engagement à la mise en œuvre scrupuleuse de l’accord pour la paix et la réconciliation signé le 15 juin 2015 à Bamako. Elles soutiennent les mécanismes de suivi tels que décrits dans le texte de l’accord lui-même et réaffirment le caractère unitaire et laïc de l’Etat du Mali.

Article 10 : Les Parties s’engagent à faciliter le dialogue entre les communautés et s’abstiennent de toute prise de position, de toutes déclarations pouvant exacerber la division entre les groupes ethniques et/ou religieux du Mali.

Article 11 : De bonne foi, les parties signataires affirment leur soutien indéfectible aux forces armées et de sécurité nationale dans la lutte contre le terrorisme et s’abstiennent de toute déclaration tendant à les décrédibiliser et ainsi mettre en péril les efforts de stabilisation engagés par elles sur le terrain.

Chapitre 4 : Des reformes politiques et institutionnelles

Article 12 : Les Parties conviennent de la nécessité d’engager des reformes profondes de la gouvernance en vue de créer une société plus démocratique, juste et prospère. A cet effet, elles conviennent de procéder à la reforme constitutionnelle à la sortie du dialogue politique national inclusif avec l’adoption d’un projet de loi portant révision de la Constitution du 25 février 1992.

Article 13 : Toutes les propositions de reformes majeures du Président de la République et du Premier ministre seront examinées et adoptées lors du dialogue politique national et améliorées au besoin par les propositions des autres forces vives de la Nation.

Chapitre 5 : De l’apaisement du front social

Article 14 : Les parties s’engagent à travailler à l’apaisement du front social et à la mise en place d’un moratoire de 9 mois dans l’exercice du droit de grève permettant de traiter de manière holistique de toutes les demandes des travailleurs du secteur public comme du secteur privé.

Article15 : le gouvernement, 15 jours après sa prise de fonction, commencera à travailler avec les directions des ressources humaines des administrations d’Etat, le Patronat malien et avec tous les syndicats à un examen général approfondi de l’état de l’économie, des conditions de travail au Mali, des revendications salariales, des bénéfices et indemnités ainsi que des pensions.

Ce travail d’analyse a pour objectif de proposer une refondation du cadre légal et règlementaire du monde du travail et la revalorisation de la rémunération sans jamais mettre en cause les droits déjà acquis.

Le gouvernement fera appel, au besoin, à l’expertise internationale.

Article 16 : Le gouvernement conviera à la suite, une conférence regroupant syndicats, employeurs publics et privés, avec pour objectif d’arriver à un pacte social  assorti d’un plan d’exécution, de suivi et d’évaluation.

Chapitre 6 : Dispositions finales :

Article 17 : Le Présent accord est conclu pour une durée indéterminée. Il cessera cependant de produire ses effets si le Premier ministre et son gouvernement, mis en place à la suite de cet accord, venaient à démissionner.

La partie qui estime que l’accord est violé par une autre partie pourra saisir les Témoins, garantis moraux par une lettre de dénonciation formelle.

Article 18 : Adhérer au présent accord ne signifie point que la partie signataire obtiendra un ou des postes dans le gouvernement. Toutes les parties se verront cependant offrir la possibilité de contribuer à l’action du gouvernement.

 

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11 COMMENTAIRES

  1. On dirait que ça coince toujours. Pouvoir et Opposition devraient pourtant se parler et dialoguer. Il ne s’agit pas de préserver leurs intérêts personnels ou les intérêts de leurs partis politiques respectifs, mais de sortir le pays de la crise.
    Avec tous ces blocages, des revendications salariales des fonctionnaires sans réponses à la hauteur de leurs attentes ( à croire qu’on les prend pas au sérieux ). Les enfants des parents qui ont les moyens, continueraient leur scolarité normalement. Tant pis pour les autres enfants, c’est la faute de leurs parents qui ne sont pas riches… ? Et c’est pas tout…
    Grèves ou pas, il y a les enfants des Zones de conflits armés qui ne vont plus à l’écoles depuis des mois voire des années.
    Il faut vraiment que ce conflit armé contre l’ETAT Malien s’arrête. Quant en plus, des conflits armés communautaires s’ajoutent à des revendications séparatistes, le pays est en danger ! Les Politiques doivent comprendre ça et mettre leurs querelles d’Ego en sourdine.
    Toutes les semaines le Président de la République s’arrange pour pas avoir de conseil de Ministres. C’est comme s’ils ( lui et son gouvernement ) n’osent plus prendre de décisions…
    Inconsciemment, ils donnent raison à certains extrémistes de l’Opposition disant que le Pouvoir est illégitime. C’est grave Monsieur le Président !

    Vivement le Mali pour nous tous.

  2. Le roi MAUDIT de segou avec ton QI inferieur a celui d’une vieille anesse tu as pu lire et comprendre un texte ecrit par Boua IBK! BOUA KA BLA

  3. Le document que je viens de lire est tres sage!!!
    Nfp, Emoo et Brima, AW BE’ KA SABALI!!! Le document vise a’ apaiser la situation afin que le Mali puisse avancer!

  4. J’ai lu tout ce document à la recherche d’un quelconque point engageant la responsabilité personnelle du premier ministre en tant que Chef du gouvernement. Mais je n’en ai pas trouvé. J’ai également lu le projet d’accord proposé par l’opposition, je n’ai vu aucun engagement impliquant leurs partis politiques respectifs. Je crois que nous assistons à une véritable fantaisie politique qui ne fait grandir personne.
    Tout le monde veut juger, mais personne ne veut être jugé. Tellement ridicule, ce pays!

  5. Ça m’aiderait presque si la situation du pays n’était pas aussi CATASTROPHIQUE !

    Dans l’état HISTORIQUEMENT lamentable et calamiteux dans lequel il a plongé le pays dans tous les domaines, ce vieux m’as-tu-vu de Zonkeba se croit encore autorisé à faire……..des contre-propositions !!!😁😁😁😁😁😁😁😁😁😁😁

    C’est déjà un VÉRITABLE MIRACLE qu’il soit encore à Koulouba…

    C’est déjà un VÉRITABLE MIRACLE que lui et sa famille de parasites-pilleurs ne se soient pas encore fait éjecter manu militari du Mali…

    Et voilà que ce vieil escroc imbu de lui-même entend…..POSER “SES” CONDITIONS !😁😁😁😁😁😁😁😁😁😁😁😁

    Qu’il se prépare plutôt à descendre d’un jour à l’autre la colline à dos d’homme ,comme d’autres avant lui !😎😎😎

  6. Article 9 : Les Parties signataires du présent accord reconnaissent et réaffirment leur engagement à la mise en œuvre scrupuleuse de l’accord pour la paix et la réconciliation signé le 15 juin 2015 à Bamako.
    Tout ça pour ça?! Même bien camouflé, au milieu du texte nous l’avons bien compris la seule vraie préoccupation du Président reste l’application de l’accord scélérat de dislocation du Mali.
    Le peuple désormais conscient des vrais enjeux, conscient aussi de sa force ne se laissera pas distraire ou embastiller par une quelconque entente politicienne.
    Nous disons au Président, à la majorité, à l’opposition: attention, le peuple vous regarde.
    Le peuple malien attend un vrai dialogue sur tous les sujets d’intérêt national sans préalable, aucun.

    • J’ai l’impression que le message du peuple n’est pas encore compris! L’essentiel n’est pas l’entrée de quiconque au Gouvernement, mais de trouver les ressources humaines capables de fédérer les énergies et d’instaurer un vrai climat de confiance pour un dialogue national refondateur pour le renouveau. Leur accord n’est qu’un papier de la France et des Nations Unies, cela ne saurait engager le Peuple malien. Il faut que le Gouvernement de Boubou écoute le Peuple malien et mette en œuvre ce que ce Peuple souverain décidera pour son avenir. Que les uns et les autres comprennent que ce n’est plus une question d’IBK ou de Soumaila Cissé, encore moins une question de majorité ou de l’opposition, car il en n’existe plus! La seule institution qui peut être légalement acceptable aujourd’hui est le Président de la République et il sait comme il a pu être maintenu à sa place. Il n’y a que le Peuple qui est légitime et majoritaire, il revient naturellement au Président de rester derrière son Peuple. En bon entendeur!

  7. Cet accord ne m’intéresse guère………. La seule question que je pose est qu’est-ce que les entités religieuses foutent dans cet accord??????????

  8. “la mise en oeuvre scrupuleuse de l’accord de paix”…… qui a soulevé tant de poussière …. on dirait que ibk est un faly, tellemt il et têtu , ou il ne comprend rien…

  9. Si le Pouvoir et l’Opposition arrivent à se mettre d’accord. Et que tous les protagonistes signent l’Accord de gouvernement… C’est parfait. Mais s’il y a toujours pas d’accord. Il ne restera plus à L’Opposition que de gagner les prochaines élections législatives, pour imposer au Président de la République un Premier Ministre et un programme de gouvernement. Ou alors, prendre leur mal en patience et attendre les élections présidentielles de 2023 et les gagner surtout.

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