Appel à la démission du président de la République

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Les responsables du mouvement Espoir Mali Koura (EMK), de la  Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) et du  Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) ont appelé à un grand rassemblement populaire le vendredi 5 juin pour exiger la démission du président de la République. C’était au cours d’une conférence de presse qu’ils ont a conjointement animée le samedi 30 avril au siège de la CMAS.

La tête du président de la République ! C’est ce que réclament les membres de Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), de la  Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) et le  Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), qui appellent à une grande mobilisation pour le sursaut national face  à ce qu’ils « la gouvernance chaotique et prédatrice… ».

« Nous allons sortir massivement le vendredi 5 juin et le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta va nous remettre sa démission », a promu le très loquace Issa Kaou N’Djim, coordinateur de la CMAS, selon lequel le régime actuel est à la base de tous les maux du pays.

Dans leur déclaration, les trois organisations reprochent au pouvoir en place son incapacité à sortir le Mali de la crise. D’abord,  sa gestion catastrophique de la crise multidimensionnelle qui livre le peuple malien à la fatalité. Selon eux, le régime actuel s’est illustré par une gestion hasardeuse et puérile de la crise multidimensionnelle, caractérisée par l’incapacité totale de l’Etat à assurer la sécurité des personnes, de leurs biens et l’exercice paisible de leurs activités productives, conduisant à une asphyxie des activités économiques.

 Des fonds alloués à l’armée détournés

La CMAS, le FSD et l’EMK accusent le régime IBK d’avoir abandonné l’armée à son triste sort. Ils en veulent pour preuve le détournement en toute impunité des fonds alloués aux forces de défense et de sécurité.  Comme si tout cela ne suffisait pas, les trois organisations reprochent au  régime d’avoir  installé au Mali « un pouvoir clanique et oligarchique, fondé sur la primauté de l’allégeance en lieu et place de la légalité, de la compétence et de la moralité dans les administrations et les charges publiques ».

Ensuite, la mise en péril des droits et libertés individuels et collectifs. Cela s’est traduit par la répression de « toutes les manifestations pacifiques (…), en particulier celles faisant suite aux dernières élections législatives, où des forces spéciales antiterroristes ont tiré à balles réelles, blessé, et tué des manifestants ».

Et enfin, l’abandon des secteurs clés de l’activité socio-économique. Sur ce point, la CMAS, le mouvement EMK (Espoir Mali Kura) et le FSD citent la situation dramatique et chaotique qui vit l’école malienne où depuis le début de l’année scolaire, les syndicats des enseignants observent une grève en raison de la non-satisfaction de ses revendications.  « Le système éducatif malien est au plus mal » assurent-ils, avant de poursuivre que plus de 800 écoles sont fermées depuis sept ans dans l’insouciance totale du régime.

Au regard de ce qui précède et de l’impérieuse nécessité de sauver notre Nation « d’un péril certain », les trois organisations, au-delà de la manifestation du vendredi, appellent les Maliens à  la reconstruction des forces armées et de sécurité, la préservation de l’intégrité territoriale du Mali et à une gouvernance vertueuse garantissant la paix, la sécurité, la justice et la réconciliation nationale. La réalisation d’un tel objectif, estiment-elles, exige la démission du président Ibrahim Boubacar Keita et de son régime dont « la gouvernance a mis en danger de dislocation notre Pays et notre Nation ».

L’indignation de la Cour constitutionnelle

Cet appel à la démission du président Ibrahim Boubacar Keita a fait réagir la  Cour constitutionnelle. Dans un communiqué en date du 1er juin, cette haute juridiction dit « constater avec regret que des partis politiques et Mouvements, au mépris des dispositions Constitutionnelles, légales et de l’orthodoxie républicaine diffusent sur les réseaux sociaux et les médias : des propos insurrectionnels, subversifs, séditieux appelant à la démission, la première Institution, qu’est le président de la République ». Un communiqué qui sonne comme un rappel à l’ordre.

Tout en condamnant ces « agissements attentatoires à la cohésion sociale », la Cour dit s’insurger contre toutes velléités de remise en cause de la forme républicaine et la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle engage « le gouvernement à faire respecter scrupuleusement, sans préjudice des dispositions pénales (…) ».

Toutefois, cette posture de Manassa Danioko, présidente de la Cour constitutionnelle, a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.  C’est le cas de Pr. Bréhima Fomba, chargé de cours de droit constitutionnel à la faculté de droit, qui estime que la Cour constitutionnelle s’est érigée en gendarme de la « Constitution à travers une auto attribution de facto de compétences sans fondement autre que son obsession à soumettre cette même Constitution aux dérives autoritaristes et antidémocratiques d’un régime honni par le peuple qui a rompu avec les valeurs fondamentales de la République.

«Le communiqué de la Cour Constitutionnelle sur le rassemblement du 05 juin prouve deux choses : la Cour ignore ses missions et ne maîtrise pas la Constitution du Mali», a renchéri Maître Montaga Tall, président du CNID-FYT, parti politique membre du FSD.

Abdoul Madjid Sanogo 

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