20ème édition de l’EID : Des victimes à l’attente !

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Au total, 124 interpellations retenues dont 21 lues et 103 retenues pour suite à donner cette année contre 284 interpellations dont 23 ont été lues en public et 130 retenues pour suite à donner en 2014. C’est du moins ce qui ressort de la 20ème Edition de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) tenue le 10 décembre 2015 au Centre International de Conférence de Bamako (CICB) sous la Présidence de Modibo Kéïta, Premier ministre, Chef du Gouvernement.

Un face-à-face plein d’émotions entre gouvernés et gouvernants. Comme à l’accoutumée, l’édition de cette année avait mobilisé plusieurs membres du Gouvernement, des Présidents et Représentants des Institutions de la République, des Ambassadeurs ainsi que des partenaires Techniques et Financiers. Les victimes ont exposé leurs problèmes ou maux aux autorités nationales compétentes devant un Jury dirigé par l’honorable Badian Ag Hamadoun, Député à l’Assemblée Nationale. Cette année, 124 interpellations ont été sélectionnées dont 21 ont été élues publiquement et 103 retenues pour suite à donner. 82 demandes ont été rejetées pour non-conformité aux critères de l’EID.

Dans l’ensemble, ces interpellations ont concerné la gestion domaniale et foncière, les difficultés d’exécution des décisions de justice, la régularisation de situations administratives ou de pension et les paiements d’indemnités ou réparation de préjudices. ‘’Pour cette 20ème session de l’EID, les services du Médiateur de la République ont reçu 206 demandes d’interpellation dont un peu moins de 40% émanant du district de Bamako et un peu plus de 60% des régions. Si ces chiffres montrent que les Maliens de l’intérieur, vivant dans les régions, ont de plus en plus recours à l’EID, nous déplorons dans le temps, la très faible participation de nos compatriotes résidant à l’extérieur du pays et ce malgré les efforts que nous déployons’’, a souligné Baba Akhib Haïdara, Médiateur de la République.

 

L’EID à la croisée des réalités

La cérémonie d’ouverture de cette 20ème édition de l’EID a été également marquée par plusieurs contributions des organisations de défense des droits de l’Homme. Ainsi, la Présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), dira que l’EID constitue incontestablement une pédagogie collective malienne basée sur une volonté de transparence, un encouragement au contrôle citoyen par toutes les couches de la société. “Si nous ne prenons pas garde, cette belle initiative risque de perdre tout son sens malgré la bonne foi et les moyens mis dans son organisation pour la simple raison que les recommandations adressées aux autorités et les promesses d’actions de ces dernières peinent à être réalisées”, s’inquiète CNDH. ‘’Monsieur le Médiateur de la République, la crédibilité, donc la survie de l’EID est plus que jamais menacée. L’EID devient budgétivore et un espace de promesses jamais tenues. Nous, société civile, légitimes représentants des communautés, nous devons prendre notre responsabilité’’, a déclaré Me Moctar MARIKO, Président de l’Association Malienne de Droits de l’Homme (AMDH)

Dans ses réponses, le Premier ministre a rassuré que l’EID contribue à la mise en place d’une administration de proximité efficace et efficiente et qui rend compte de la gestion des affaires publiques. Le chef du gouvernement a souligné que son équipe sera disponible à entreprendre toutes les réformes nécessaires visant à améliorer les conditions de vie des populations du Mali.

 Ousmane Ballo

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