Autrement dit : Instabilité chronique !

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On ne le dira jamais assez et on n’y prête pas assez souvent attention, le Mali est, décidemment, un véritable pays instable. De l’indépendance à nos jours, de manière récurrente et cyclique, quasiment, toutes les décennies connaissent, au vu et au vu de nous tous, leurs soulèvements, leurs soubresauts et rupture institutionnelle et constitutionnelle violente.

Au vu et au su de tout le monde, disions-nous, car on a l’impression que personne ne s’en préoccupe. Au contraire, il semble même que beaucoup s’en satisfont et font tout pour que cette instabilité chronique ne soit pas souvent rappelée et ramenée à la surface des débats.

À l’affût, c’est comme si chacun attendait son tour et faisait en sorte que cela arrive et arrive le plus tôt. Et l’on ne préoccupe guère des moyens par lesquels cela peut arriver, ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Et la plupart du temps, après quelques tentatives ratées, ils y arrivent et remettent tout en cause.

Ainsi, brièvement, on peut rappeler la chute de Modibo Kéïta, premier président du Mali indépendant, huit ans après l’acquisition de notre souveraineté nationale ; après lui, Moussa Traoré est resté au pouvoir deux décennies avant d’être renversé par un soulèvement populaire soutenu par une junte militaire.

Moussa tombé, on a fait croire à nos compatriotes que c’était la stabilité tant recherchée qui venait de s’installer et, durablement, avec le multipartisme intégral, la démocratie et tous les autres droits qui l’accompagnent.

Alpha Oumar Konaré resta ainsi dix ans au pouvoir. Même s’il n’a pas connu de renversement et qu’il effectua ses deux mandats, son séjour à Koulouba et à la tête de l’Etat a ressemblé à tout sauf à un fleuve tranquille. Il échappa de justesse, au début de son premier mandat, au renversement. Les contestations et autres manifestations (menées souvent par l’actuel président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné) ont failli, à un moment donné, l’emporter.

Ironie du sort, c’est l’actuel président de la République, l’alors Premier ministre, qui parvint à bout de ces récurrents mouvements d’humeur qui ont failli avoir raison de son régime. Le successeur d’Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, n’aura pas, lui, la même chance.

À quelques semaines de la fin de son second et dernier mandat, constitutionnellement, non autorisé à en briguer un autre, il a été renversé par une junte militaire qui plongea, par ses actes, le pays dans la crise qu’elle ne cesse de traverser depuis 2012. À présent, si l’on n’y prend garde, le même scénario risque de se dérouler dans notre pays. Au  vu et au su de tout le monde !

Encore une fois, Dieu nous en préserve, nous ne sommes pas loin du scénario de l’année 2012, avec les contestations en série que le pays vit en ce moment.

 

Makan Koné

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1 commentaire

  1. L’instabilité chronique se justifie par le système politique.
    LE SYSTÈME POLITIQUE MALIEN EST DOMINÉ PAR L’HOMME POLITIQUE PROVIDENTIEL.
    On pense que la solution est entre les mains d’une personne.
    Ce n’est pas vrai expliquant l’instabilité chronique.
    LES GRANDS PEUPLES FINISSENT TOUJOURS PAR SE RÉVOLTER CONTRE LES DÉFAILLANCES DE L’HOMME PROVIDENTIEL.
    On dit que les cultures qui s’exportent expriment la grandeur des peuples qui l’ont façonné.
    Les maliens font partie sans doute des grands peuples de ce monde expliquant l’instabilité chronique jusqu’à ce qu’on trouve un système adapté à notre mentalité.
    Les deux pays les plus instables d’Afrique des décennies 60,70,80 sont aujourd’hui les plus stables d’Afrique pour avoir établi un système politique adapté à la mentalité de leurs peuples.
    Le Nigeria et le Ghana étaient les pays les plus cités dans les coup d’État en Afrique.
    Dans les pays francophones, la stabilité est liée à l’adhésion du pouvoir en place à la sauvegarde des intérêts de la France,même pendant la période de l’ère démocratique.
    ALPHA OUMAR KONARE ÉTAIT VISÉ PAR JACQUES CHIRAC APRÈS AVOIR REFUSÉ D’ALLER À DAKAR.
    ATT EST LA VICTIME DE SARKOZY POUR AVOIR REFUSÉ DE SIGNER L’ACCORD DE RAPATRIEMENT DES MALIENS EN FRANCE.
    Le salut de la stabilité institutionnelle est dans la refondation de l’État.
    Si les séparations des POUVOIRS sont respectées, le peuple arrêtera de s’en prendre à l’homme politique car il aura les élections pour le sanctionner.
    Cette séparation des POUVOIRS devrait être consacrée après la révolution de MARS 1991.
    Si ALPHA OUMAR KONARE devrait être sanctionné en 1997 comme ça l’a été au Bénin au même moment,il le serait si les POUVOIRS étaient véritablement indépendants.
    Il y a très peu d’hommes politiques sincères.
    Ce n’est pas propre au Mali.
    C’est conscient de la qualité des hommes politiques qu’un système permettant de contrôler leurs activités doit être mis en place.
    LE POUVOIR EXORBITANT DANS LA PRATIQUE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A PERMIS À IBK DE RÊVER DE PASSER LE TÉMOIN À SON FILS.
    Seul un soulèvement populaire peut empêcher ce projet.
    Qu’on reste à dire, il faut laisser IBK finir son mandat, c’est lui donner la possibilité de placer des pions qui facilitent la succession dynastique comme la nomination de MOUSSA TIMBINE à la présidence de l’assemblée nationale.
    Si le candidat du RPM a été obligé de laisser sa place à MOUSSA TIMBINE, c’est que le président a les moyens politiques de détruire tout homme politique qui n’accepte pas ses désirs.
    C’est cette puissance présidentielle qu’il faut détruire.
    La demande de démission doit permettre d’atteindre l’objectif de limiter le pouvoir du président de la république.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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