Goonga Tan : Tebboune, face à la peur du vide sahélien, tire sur une ombre au Mali

Vendredi 18 juillet 2025, Abdelmadjid Tebboune est sorti de son silence. Sur les antennes de la télévision nationale algérienne, le président s’est livré à une sortie musclée, dénonçant « la présence de mercenaires aux frontières ». Il visait bien sûr les forces russes opérant au Mali, désormais regroupées sous la bannière de l’Africa Corps.

01 Août 2025 - 02:01
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Goonga Tan :  Tebboune, face à la peur du vide sahélien, tire sur une ombre au Mali

Un prétexte lui donnant l’occasion de lancer une pique à peine voilée en direction de Bamako et de ses partenaires, une attitude qui trahit moins une posture offensive qu’un malaise profond face à la recomposition géopolitique du Sahel. Car derrière les mots, transparaît l’angoisse d’un régime en perte d’influence régionale. L’Algérie, longtemps autoproclamée médiatrice incontournable du Sahel, voit son rôle s’éroder. Tandis que Moscou, Ankara, et dans une moindre mesure Pékin, s’imposent comme de nouveaux acteurs sécuritaires, Alger observe, impuissante, le glissement stratégique de ses anciens "frères".

Tebboune, rappelons-le, a cru bon, à plusieurs reprises, d’agrémenter sa charge de commentaires moralisateurs. Ainsi, selon lui, « l’argent investi dans Wagner serait plus utile au développement du Sahel ». Une déclaration paradoxale, venant d’un État qui n’a jamais su, ou voulu, transformer sa proximité géographique avec la bande sahélo-saharienne en levier de développement partagé.

L’Algérie semble, en effet, plus à l’aise dans la rhétorique que dans l’engagement concret. Elle s’accroche à un rôle de grand frère diplomatique que plus personne ne lui reconnaît.

C’est dans ce contexte que le chef de l’État algérien a proposé, une fois encore, une médiation entre Bamako et les ex-rebelles du nord. Une offre aussitôt rejetée par les autorités maliennes. Le président de la Transition, Assimi Goïta, a opposé un niet catégorique, rappelant l’échec répété des accords négociés sous l’égide d’Alger : Tamanrasset (1991), Pacte national (1992), Accord d’Alger (2006), et celui de 2015. À ses yeux, ces textes, bien qu’ambitieux sur le papier, n’ont jamais apporté la paix sur le terrain.

 

Goïta entend donc tourner la page d’une diplomatie de dépendance. Il appelle à une solution strictement malienne, née d’un dialogue entre Maliens, sans ingérence extérieure.

L’appel lancé aux groupes armés pour déposer les armes s’inscrit dans cette volonté assumée de replacer la souveraineté nationale au cœur du processus de réconciliation. Pour lui, il ne peut y avoir de paix durable sans refondation du lien républicain, sans dépassement des schémas imposés par des médiations usées.

Au fond, ce à quoi l’on assiste aujourd’hui n’est plus seulement un contentieux diplomatique entre deux pays : c’est une divergence de vision. D’un côté, une Algérie figée dans l’héritage de l’Accord d’Alger de 2015, qu’elle refuse de voir dépasser ; de l’autre, un Mali qui, fort de nouvelles alliances, entend sécuriser son territoire selon ses propres priorités.

La fracture s’est encore creusée après les récentes frappes de drones maliens, notamment les Bayraktar TB2 et Akinci fournis par la Turquie, aux abords de Tinzaouatène, à la frontière sud de l’Algérie.

À Alger, ces opérations sont perçues comme une provocation. Mais plutôt que de reconnaître l’évolution des rapports de force, le pouvoir algérien campe sur une position victimaire, dénonçant « l’usage de mercenaires » et appelant à une condamnation internationale.

Ce discours trahit une nouvelle fébrilité : celle d’un État marginalisé dans un Sahel qui se redéfinit sans lui. Car ce que Tebboune présente comme une « ingérence étrangère » est en réalité le signe d’une dynamique sahélienne qui échappe désormais à son contrôle. Bamako, Niamey et Ouagadougou parlent un autre langage. La Russie, la Turquie et d’autres puissances répondent dorénavant à des demandes de sécurité et de coopération que l’Algérie n’a pas su, ou voulu, satisfaire.

Le monopole algérien sur la diplomatie sahélienne s’effondre. Le vide laissé par l’échec de l’Accord d’Alger n’est pas comblé par des initiatives régionales algériennes, mais par des solutions alternatives, souverainement choisies. Il est temps que Tebboune l’admette : le Sahel ne veut plus de tuteurs. Il aspire à des partenariats d’égal à égal, libérés des oripeaux d’une influence postcoloniale à présent obsolète.

Dicko Seidina Oumar

Journaliste – Historien – Écrivain

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Commentaires (20)

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Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
@Africain: L’Algérie de Tebboune est un état terroriste, paria, delinquent et totalement isole car abandonne par tous ses voisins (Mali, Maroc, Niger, Burkina, Libye et Tunisie) et ses allies comme la Russie. Elle travaille seulement avec l'Ukraine tres corrompue et delinquente dirigée par le comédien Zelensky pour soutenir le terrorisme dans le Sahel! L'Algerie est aujourd'hui sur la liste noire de l'Union Europeenne pour blanchiment d'argent, traffic de drogue et soutien au terrorisme dans le Sahel! Quelle honte--Quelle indignation---Quelle abomination! Quand a Choguel Maiga, il peut être le president des Touaregs terroristes a Alger!
Africain
Africain 1 an
L’Algérie a été officiellement reclassée par la Banque mondiale en 2024 comme pays à revenu intermédiaire supérieur. Quand à Choguel Maiga, oui il sera le président du Mali et il va t'envoyer au cachot où est ta place légitime, toi et les putschistes qui transforme la transition en un CDI sans limites
Africain
Africain 1 an
Ce n’est pas l’Algérie qui a trahi le Sahel, c’est le Mali officiel qui a vendu sa souveraineté à des puissances étrangères. Confier la sécurité d’un pays à des mercenaires, ce n’est pas de la souveraineté, c’est de la sous-traitance géopolitique. L’Algérie n’a jamais eu besoin de Wagner, ni de Bayraktar, ni d’Africa Corps pour exister. Elle a gagné sa place dans la région par la diplomatie, la légitimité historique, et le respect des peuples. L’Accord d’Alger n’a pas échoué parce qu’il était mauvais. Il a échoué parce que certains préfèrent la guerre au dialogue, les alliances toxiques à la réconciliation nationale. Tu peux salir Tebboune autant que tu veux, mais l’Algérie ne changera pas de cap : ni tuteur, ni vassal, ni complice du chaos. Elle restera du côté des peuples, pas des parrains étrangers. Le Sahel n’a pas besoin de drones et de propagande. Il a besoin de paix.
Matt4
Matt4 1 an
Kingui, l'abruti perroquet et repondeur automatique, a encore ouvert sa gueule de chien enragé de la junte fasciste.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Les chiens aboient mais la caravane passe!
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
L’Algérie de Tebboune est un état terroriste, paria, delinquent et totalement isole car abandonne par tous ses voisins (Mali, Maroc, Niger, Burkina, Libye et Tunisie) et ses allies comme la Russie. Elle travaille seulement avec l'Ukraine corrompue et delinquente dirigée par le comédien Zelensky pour soutenir le terrorisme dans le Sahel! Quelle honte--Quelle indignation---Quelle abomination!
Africain
Africain 1 an
Maiga Chouguel sera la futur Président du Mali, il saura facilement trouver une place conforme à ton profile.
TankerTanker
TankerTanker 1 an
Cet article tente de réduire l’Algérie à un spectateur faible et dépassé dans le jeu du Sahel, mais il oublie une vérité simple : l’Algérie est et restera un acteur incontournable et indétrônable de la région. Peu importe les nouvelles alliances ou les ambitions de puissances étrangères, personne ne pourra jamais effacer le poids historique et stratégique de l’Algérie dans cette partie du monde. Ceux qui se croient en position de la marginaliser ne font que se préparer à suppléer l’Algérie, à la solliciter, car inévitablement, tous les chemins finiront par la ramener au centre du jeu. Oui, l'Algérie a traversé des périodes difficiles, mais elle n'est ni enfoncée ni fragile comme certains voudraient le faire croire. Elle a surmonté des crises bien plus sévères par le passé. Et peu importe les efforts pour la mettre à l’écart, l’Algérie restera la puissance régionale de référence, la gardienne de l’équilibre sahélien. Ce n'est qu'une question de temps avant que ses partenaires ne réalisent que toute solution viable dans le Sahel passera nécessairement par elle. L’Algérie est et restera la maîtresse du jeu. Tous les efforts pour l’exclure ou la marginaliser échoueront, et à la fin, c’est elle qui tiendra la clé de la décision finale, forte de son expérience, de ses sacrifices et de sa place centrale dans cette région. Tout le reste n'est que de la poudre aux yeux.
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