Le début du mois sacré de Ramadan et du jour de la korité, autrement appelée l’Aïd fitr, a très souvent soulevé des divergences au Mali quant à la pertinence du choix de la Commission nationale d’observation de la lune. Certains, par autodérision, vont même jusqu’à affirmer que, de toutes les façons, si telle est la volonté de la Commission, la lune peut toujours être aperçue dans un puits à Kolondièba, si ce n’est tout simplement pas dans une jarre dans l’un de la dizaine de milliers de village du Mali.
En droite ligne de cette tradition, le choix de la date du début du Ramadan, cette année, fait, une fois de plus, jaser. Plus d’un se demande comment cela se fait-il que le Mali n’a pas commencé le mois de Ramadan le même jour que ses voisins immédiats comme la Côte d’ Ivoire, le Burkina Faso ou le Niger avec qui il partage, pourtant, le même fuseau horaire. En effet, notre pays a débuté le jeûne, jeudi 12 août (avec le Sénégal) tandis que les derniers nommés ont commencé le Ramadan, mercredi 11 août, c’est-à-dire un jour avant.
A l’heure de l’intégration sous-régionale et des autoroutes de l’information, l’idée de mettre en place une Commission sous-régionale chargée de déterminer les dates du début du Ramadan et des deux fêtes musulmanes (l’Aïd-el fitr et la Tabaski) ne serait pas aussi saugrenue que cela. Cette initiative aurait l’avantage d’harmoniser les dates et d’éviter ainsi des Ramadan et fêtes musulmanes à plusieurs vitesses dans le même fuseau horaire.
Yaya Sidibé