Lettre à grand-père

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Cher grand-père…

Dieu merci, les choses commencent à bouger. On avance en reculant. Les têtes veulent aller sans les pieds. D’ailleurs, on ne sait plus qui est la tête, qui sont les pieds et même le corps. Tout est confus. Parachever la lutte est devenu achever les lutteurs. Ha ! Oui  cher grand-père ! Les choses se compliquent davantage. C’est sûr !

Les concertations nationales dont je t’avais parlé dans la précédente lettre, la 67ème, ont eu lieu. Elles ont donné naissance à une charte validée sans fin. Ladite charte nous a donné un président de l’extérieur, un vice-président de l’intérieur un Premier ministre chargé des vas et viens. Le tout pour une durée de 6 mois pardon 18 mois dit-on.

Oui ! Cher grand-père, encore, je te dis, je ne sui pas très optimiste. Quand un projet se fait beaucoup d’ennemis, il se fait des obstacles. Le consensus et l’inclusion auraient dû être la boussole repère de cette transition. Les clivages politiques dans la gestion de la chose publique ont montré leur limite. D’aucuns ont pris la transition comme un mandat. Hélas !

Oui cher grand-père ! Hélas ! La transition risque de connaitre de grandes difficultés. La pauvreté en légitimité comme devrait être, les acteurs, va fortement impacter leur confort. Le chemin est trop long pour des choix d’un seul clan. Pour moi, cette transition devrait être l’occasion pour tous les Maliens comme en 1991 de faire ensemble quelque chose de fort. C’était l’occasion, ensemble, de relire le Mali depuis Modibo Keita, Alpha et ATT pour corriger les erreurs de chacun afin de faire le dessein d’un nouveau Mali. Mais hélas !

Oui cher grand-père, je ne pourrais pas trop prédire dans cette 68ème lettre. Tout ce que je sais jusqu’à l’heure là, les actes posés ne portent pas assez d’espoir pour combler les attentes. La restriction est trop grande. La marginalisation est flagrante et les frustrations seront au rendez-vous. Cela ne serait que des obstacles. La transition peinera si elle continue sur cette lancée. Ce qui est sûr !

Malgré l’espoir minime, nous devons transformer nos peurs en prière pour que le bon sens prime. Que l’intérêt du Mali puisse remporter sur l’égo et l’orgueil. Et que l’intérêt commun soit la vision commune. Nous devons rester soudés, les doigts croisés pour qu’on assiste très bientôt à l’investiture d’un président démocratiquement élu. C’est ce qui sera notre salut et le salut du peuple. Prions que ce soit ton jeune frère Soumaïla Cissé. Pourquoi pas pour donner un pan dernier au Mali et tourner cette page de l’histoire. Le Mali de la troisième génération. Le Mali de 1991. Prions ! Dieu est grand ! A mardi prochain ! Inch’Allah !

Lettre de Koureichy

 

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