Lutte contre la corruption : Hep, Monsieur le Premier ministre !

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Lors de la rentr√©e solennelle des cours et tribunaux, il fut beaucoup question de la lutte contre la corruption. Comme si ce ph√©nom√®ne date d’aujourd’hui, chacun a parfaitement jou√© son cirque.

 

Un marché de dupes

 

Le repr√©sentant des avocats a fait part de son √©tonnement √† voir des arr√™ts trop diff√©rents √©mis par la Cour supr√™me, comme si celle-ci n’avait pas pour mission d’uniformiser la jurisprudence. Ce repr√©sentant sait tr√®s bien que notre haute juridiction, comme toutes nos autres juridictions, a des probl√®mes li√©s √† la qualit√© de formation de nos magistrats et est gangren√©e par la corruption.

 

Le pr√©sident IBK a os√© dire que depuis deux ans, il a transmis 200 dossiers √† la justice et qu’aucun n’a √©t√© trait√©. En r√©alit√©, IBK et les juges, qui l’√©coutaient, nous prennent pour des maboules. Comment Nouhoum Tapily, pr√©sident de la Cour supr√™me, qui sait qu’IBK doit d√©clarer publiquement ses biens et qu’il ne l’a pas fait, va-t-il le respecter¬†? Les autres juges aussi. Ne nous racontons pas d’histoires. Si demain matin IBK d√©cidait de lutter efficacement contre la corruption, les juges seraient oblig√©s de le suivre sous peine d‚Äô√™tre d√©sign√©s √† la vindicte populaire. Mais, pour IBK, lutter contre la corruption, c’est lutter contre lui-m√™me.

 

Arr√™tons nos √©go√Įsmes

 

Une certaine opposition a compris les faiblesses d’IBK. Elle fait tout pour faire son entr√©e au gouvernement. C’est bien visible. Cela aussi, c’est la corruption, car il s’agit de s’agiter pour participer au pillage de nos ressources publiques. Le plus grave, c’est que des membres du gouvernement actuel paient des supp√īts pour nous raconter des sottises afin de pouvoir √™tre d√©sign√©s Premier ministre.

 

Nos artistes

 

Rokia Traor√©, la chanteuse, a eu des soucis de passeport pour sa troupe. Elle s’est lev√©e, elle s’est battue pour que son business ne s‚Äôarr√™te pas. Si elle n’avait pas eu ce probl√®me, elle n‚Äôaurait jamais intervenu par voie de presse sur ce dossier-l√†. C’est cela aussi le Malien. Le moi. La case du voisin peut br√Ľler, on fait semblant de l’aider, mais on s’en fiche au fond.

Salif Keita, le chanteur, il a fallu qu’il y ait des probl√®mes avec sa femme au sujet de la ‚Äė‚Äômaison blanche‚Äô‚Äô pour qu’il d√©nonce s√©rieusement notre justice corrompue. ”Le mal du Mali”. C’est cela aussi le Malien.

Souleymane Ciss√©, le cin√©aste. Ses sŇďurs avaient √©t√© expuls√©es de leur maison de Bozola. Elles se sont battues avec √† leurs c√īt√©s leur fr√®re cin√©aste connu et reconnu. Elles ont eu gain de cause. Si elles n’avaient pas un fr√®re connu, elles allaient mourir dans la rue dans l’indiff√©rence g√©n√©rale. Voil√† le Mali. Souleymane Ciss√©, pour l’occasion, vient d’accorder une interview √† un journal fran√ßais. Au-del√† du journal, pourquoi ne cherche-t-il pas √† rencontrer des d√©put√©s et des s√©nateurs¬†?

Si Rokia Traor√©, Salif Keita, Souleymane Ciss√© mettent leur √©nergie ensemble, appellent √† une grande marche contre la corruption et l’impunit√©, demain matin, IBK sera oblig√© de faire quelque chose. Mais non, pourquoi vont-ils faire √ßa pour leur peuple¬†?

Non, au Mali, le patriotisme des artistes qui osent r√©ellement affronter le pouvoir n’existe presque pas. Ils r√©agissent quand leurs int√©r√™ts personnels sont touch√©s. Le peuple peut crever. H√©las.

 

 Monsieur le Premier ministre !

 

Voil√† Modibo Keita, un Premier ministre, qui vient bras ballants au CICB¬† dire que lui, avait pr√©conis√© 80 mesures pour lutter contre la corruption depuis 2008. Il nous parle d’interm√©diaires et de ¬ęcoxers¬Ľ dans les march√©s publics. Comment est-ce possible qu’un homme qui avoisine 80 ans, qui fut directeur national, ministre, ambassadeur, Premier ministre, haut repr√©sentant aupr√®s de‚Ķ. Puis, Premier ministre √† nouveau, soit incapable de taper du poing sur la table et de dire non, √ßa suffit¬†? Quand on est Premier ministre d’un pays √† terre, on ne pleurniche pas. On agit et si l’on est emp√™ch√© d’agir, on s’en va en toute dignit√©. Si lui en fin de carri√®re, il ne vivra pas ce qu’il a v√©cu, n’est pas capable de jouer enfin pour le bien de son peuple, que va-t-il dire √† Dieu¬†? Pourquoi √† cet √Ęge de la vie, a-t-il peur de se faire des ennemis¬†? Pour la qui√©tude de ses petits-enfants¬†?

 

Mon grand-p√®re m’a dit un jour en peulh, ce que je traduis¬†: ¬ęBouba, tu sais, la v√©ritable richesse est morale¬Ľ. Bien des d√©cennies plus tard, par simple curiosit√©, j’√©tais parti voir et discuter avec le g√©n√©ral Moussa Traor√© en prison √† Markala, le 06/05/2000. J’en ai tir√© la le√ßon de toute une vie (les joies et les amertumes). J’ai observ√© et √©cout√© la parole du Premier ministre sur la corruption. Ce que je retiens de tout cela est, en d√©pit des fastes du pouvoir, il y a des choses qui ne valent pas la peine d‚Äô√™tre v√©cues.

 

Boubacar SOW

                                                                                                                     boubacarsow@hotmail.fr

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1 commentaire

  1. comment voulez vous que MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE IBRAHIM BOUBAKAR KE√ŹTA r√©soudre cet ph√©nom√®ne (la corruption) alors que lui, et son gouvernement eux m√™me sont impliqu√©s l√† dent ?
    lorsque le v√©rificateur g√©n√©ral a donn√© le r√©sultat sur son (IBK) DEUX ANS EN T√čTE DU PAYS, comment il a r√©agi ? on a m√™me pas entendu un seul brui alors que, il y avait plus de 153 milliards qui avaient √©t√© disparus rien qu’en deux ans au pouvoir.
    cela revient √† dire que la question de corruption va plus loin qu’on imagine.

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