Crise politique et sécuritaire : « Et si Soumaïla était à Bamako ? »

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L’enlèvement du chef de file de l’opposition malienne, l’honorable Soumaïla Cissé,  ne cesse de susciter des interrogations, des suspicions et d’épaisses zones d’ombre. Et les rumeurs sont quelquefois alourdies par cette récente confidence d’un cadre proche des chancelleries occidentales à Bamako : « Et si Soumaïla était à Bamako » ?

Lors d’échanges récents entre un haut cadre d’une chancellerie occidentale à Bamako et un homme politique proche du chef de file de l’opposition, le sécurocrate européen a laissé entendre cette curieuse interrogation : « Et si Soumaïla Cissé était à Bamako ? ». Une question qui avait fait bondir de surprise et suspicions le cadre politique en question.

Celui-ci avait, rappelle-t-il, perdu quelques minutes, son français, avant de se ressaisir  pour balbutier que tout est possible dans un pays en crise sécuritaire comme le Mali. Mais alors convaincu que son interlocuteur était en train de lui gratter la langue pour voir sa réaction, il s’est contenté de demander des détails par rapport à cette question ou supposition. Et le sécurocrate européen de prendre congé de lui….

Cet épisode, ajouté aux récentes assurances du chef de l’Etat selon lesquelles « Soumaïla Cissé va bien et sera libéré bientôt » attise les supputations.

En outre, lors d’échanges récents entre des responsables politiques et le chef de l’Etat, celui-ci aurait confié que l’application de l’article 36 du statut des enseignants et les démarches pour libérer Soumaïla Cissé mettent les caisses de l’Etat à rude épreuve. Quelle charge financière les tractations pour libérer Soumaïla peuvent-elles engendrer ? Qui sont les ravisseurs ? Serait-ce alors question du payement d’une rançon ? A qui ? D’autant plus que ce rapt n’a jamais été revendiqué.

A ces questions s’ajoutent les rumeurs folles distillées dans les milieux sécuritaires sur la libération du député de Niafunké le vendredi dernier. Mais, au final, cela n’a pas été le cas.

Rappelons que selon le correspondant de l’AMAP à Niafunké, la cellule du Collectif pour la libération de Soumaila Cissé cellule, en collaboration avec la société civile et le club des amis de Soumaila Cissé, a organisé, le jeudi dernier  à Niafunké, une marche pacifique pour soutenir toutes actions allant vers la libération du député de la ville, chef de file de l’opposition.

Le président de la Société civile de Niafunké, Hamadoun B. Touré, a rappelé à cette occasion que le président IBK a indiqué il y a deux semaines que Soumaïla Cissé se porte bien et qu’il sera bientôt libéré. Cette libération imminente semble se faire désirer. Lors de la marche, les slogans «Libérer Soumaila. IBK, notre attente est longue…» raisonnaient dans la foule.

Il faut signaler que partout au Mali et à l’international, des voix s’élèvent pour plaider en faveur de la libération sans délai du chef de file de l’opposition malienne. Sans compter que les responsables du parti, l’URD menacent d’organiser dans les prochains jours, des manifestations de rue en vue de la libération de leur président.

Bruno D SEGBEDJI

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