Crise socio-politique : Le RPM ou le naufragé qui fait le larron

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Longtemps réduit au silence par l’indifférence de son fondateur, le président de la République, le parti majoritaire tente de sortir le bec de l’eau en donnant signe d’existence par les déclarations plus prétentieuses que consistantes. Et qui traduisent non plus ni moins sa crainte d’une noyade dans la mare des schémas aux conséquences imprévisibles dans la recherche de solution à la crise socio-politique.

Faute de pouvoir s’imposer comme maillon indispensable dans la gestion de la crise socio-politique, le RPM arrive quand même à s’illustrer par un impressionnant instinct de combativité que la situation lui inspire. Le parti de Bocari Tréta a en effet étonné plus d’un observateur par une surprenante déclaration aux allures qui recèle ses approches et attentes en rapport avec la confusion ambiante. Ainsi, à défaut de réussir à alléger la tâche au chef de l’Etat en faisant démissionner les parlementaires de son obédience, la famille politique d’IBK se résigne à tirer son marron du feu par des exigences ayant peu de choses à envier au mémorandum des Forces Patriotiques. Certes le RPM ne pousse pas le bouchon au point de réclamer la démission de son mentor, mais c’est tout comme puisque la démarche du parti présidentiel s’apparente à une rébellion sur fond de protestation contre des couleuvres qu’il a longtemps avalées dans brocher. IBK affaibli par les assauts du M5, finies la résignation et les postures de godillot. Et le Rassemblement Pour le Mali peut désormais se montrer assez audacieux pour nuancer le pouvoir du chef de l’Etat de nommer un Premier ministre en dehors des rangs de sa formation. C’est du moins cet esprit qui apparaît dans la déclaration où le RPM se prévaut de son statut de parti majoritaire et d’une suprématie représentative confirmée par un capital parlementaire de 51 députés, à l’issue des dernières législatives. Le parti présidentiel ne prend guère soin, ce faisant, de soustraire de ce nombre sa dizaine de sièges contestés, quoiqu’il se dise par la même occasion favorable à l’organisation d’élections partielles pour remettre en jeu la totalité des 30 sièges concernés par les recommandations de la Cedeao y afférentes. Quoi qu’il en soit, les interrogations et supputations vont bon train dans la classe politique au sujet d’une démarche que d’aucuns attribuent à une manœuvre de larron pour déjouer toute tentation d’attribuer le poste de chef de gouvernement aux contestataires de rue, au détriment notamment d’une majorité acquise par les urnes. Il va sans dire que à formation majoritaire «s’oppose» à toute idée de dissolution de l’Assemblée nationale comme éventuelle alternative à la démission volontaire des députés contestés et à l’activation des pouvoirs exceptionnels du président de la République. Visiblement motivée par la perte plausible de sa majorité parlementaire menacée en cas de nouvelles élections, cette revendication du RPM est exprimée sous forme de mise en garde et feint d’ignorer royalement que la dissolution de l’Assemblée nationale fait partie des prérogatives inaliénables du président de la République. En tout état de cause, la démarche du parti présidentiel, comme on le voit, est à mettre au compte d’un opportunisme de larron et d’un combat de survivance pour une formation majoritaire totalement déconnectée des rouages de l’Etat et surplombée par des mécanismes informels dans les décisions et stratégies pour ce faire. Sauf que la crainte du naufrage semble inévitable, et pour cause. Même si la majorité parlementaire est sauvée, le parti majoritaire sortira difficilement indemne des soubresauts et désidératas inhérents à une démarche qui ne compte pas que des adeptes en son sein. Car, afficher son adhésion pour les recommandations de la Cedeao revient à sacrifier sans ménagement l’actuel président de l’Assemblée nationale dont le siège est concerné par les mesures communautaires.

A KÉÏTA

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