Décrispation du climat politique : Que cherche l’opposition en dépit du dialogue entamé par le président IBK !

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Il y a une dizaine de jours, l’honorable   Soumaïla Cissé, lors de la conférence du PARENA, animée par Tiébilé Dramé est  longuement revenu sur  les raisons qui font que l’opposition demande un débat national afin d’aborder les questions de fond  qui touche   la vie de la nation  et partant  les problèmes  économiques au Mali.  Les arguments avancés  par le chef de file l’opposition   porte sur  le  budget d’investissement, la société  d’électricité EDM  qui est au bord de la banqueroute, le terrorisme qui a pris une autre tournure au point d’affecter le vivre ensemble, l’intensification des actes djihadistes contre les forces maliennes et internationales dont la dernière est l’attaque meurtrière de la base militaire de Dioura située à une soixantaine de kilomètre de Tenenkou .  Face à ces défis, le natif de Niefunke exige un consensus national pour aborder la délicate question de la révision constitutionnelle.

 

Evoquant le manque de bonne foi des pouvoirs publics à mener un dialogue national autour des questions brûlantes de l’heure, le chef de file de l’opposition a révélé que la première correspondance  qu’il a adressée  au Président Ibrahim Boubacar Keïta sur la situation du centre du pays date d’avril 2018. Dans ladite correspondance, il  dit  avoir attiré  l’attention du président sur la situation du centre qui va de mal en pire. Aux dires du deputé, le  souhait  était que le chef de l’Etat  organise un débat  avec  les forces vives de la nation, pour prendre en compte les différents points de vue afin  de décanter la situation. « Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse et il n’y a jamais eu de rencontre. C’est pour dire que nous avons rempli notre part du contrat. Une autre lettre avec le même contenu  a été remise, il y a quelques jours au  président de l’Alliance de la Majorité Présidentielle. C’était pour prouver  que l’opposition est déterminée à aller  au dialogue », a regretté  Soumaïla Cissé.

Evoquant  la question de la  réforme constitutionnelle que le gouvernement est en train de conduire dans  l’exclusion totale selon  le chef de file de l’opposition. Elle est nécessaire dans la mesure  où  des éléments de l’Accord y seront introduits pour une paix durable. Mais cela ne doit pas occulter les préoccupations des autres parties du territoire national. En disant cela, il  fait allusion au centre qui est en train de s’embraser. A propos de la mise en place du Cadre de Concertation National (CCN) par le premier Ministre, Soumaïla Cissé émet des réserves sur sa composition. Selon lui, dans un pays où il y a plus de 200 partis politiques, seulement 17 chefs de partis ont été invités pour siéger au CCN. Aussi, ni Tiébilé Dramé, ni Cheick Modibo Diarra,ni Daba Diawara, ni Soumana Sacko, ni Modibo Sidibé, Konimba Sidibé, encore moins  Djibril Tangara…n’y ont pas été associés. Ce qui lui a fait dire que « c’est une affaire entre copains ».

« Le problème du Mali n’est pas que la rédaction d’une constitution. Il s’agit de discuter de la crise sécuritaire, de la crise sociale, car aujourd’hui tout le monde est en grève. Il faut alors discuter de la situation financière et de la situation politique née au lendemain d’une crise électorale », a martelé le chef de file de l’opposition. C’est, selon lui, autant de raisons qui expliquent le rejet du CCN par l’opposition. Concernant la situation financière, il a révélé que selon les informations qu’il détient, la dette intérieure du Mali atteint les 198 milliards de F CFA et celle de la seule EDM est estimée à 297 milliards de francs CFA. Soumaïla Cissé a fait savoir que le FMI est inquiet concernant la situation financière du Mali. Pour preuve, soutient-il, le budget spécial d’investissement a été complètement supprimé et il n’y aura pas d’investissement en 2019. « C’est pour dire que quand il n’y a pas de croissance, il n’y a pas d’emploi ». a expliqué le chef de file de l’opposition. A propos d’EDM, il dira que si la situation continue, soit il n’y aura pas d’électricité ou bien il y aura une nouvelle augmentation des prix. Aux dires de Soumaïla Cissé, l’EDM doit payer à Albatros 1,200 milliards par mois. Ce qui fait 14,400 milliards de francs CFA par an, sur 20 ans.

En effet les  appels du pied du parti de la poignée de main ne datent pas de la conférence du PARENA. En effet, l’Union pour la République et la Démocratie (URD) par rapport aux questions majeures intéressant la vie de la nation a toujours insisté auprès du Président IBK, pour dégager  une vision nationale commune avant de s’engager dans les délicats pourparlers d’Alger qui devaient déterminer l’avenir du Mali et de la sous-région. Mais le Président IBK a préféré prendre en compte les observations de certains acteurs. Certains lient cela au rapport de force qui était en faveur des groupes armés de la CMA après la défaite militaire de Kidal. Les documents issus des premières   négociations premières ont comporté beaucoup d’insuffisances  notamment : la notion de zone de développements des régions du nord, la notion de régions intégrées, la représentation des communautés du nord au niveau national, la répartition des pouvoirs entre l’Etat et les régions et la gestion de la sécurité après la signature de l’accord.

L’URD qui pensait  que le  Président IBK entrainait  le Mali sur une pente raide,  a souhaité que les consultations préparatoires des futures assises des pourparlers d’Alger associent le plus largement possible  toutes les composantes de notre société. IBK, n’est pas allé dans le sens des vœux de l’URD à en croire le natif de Niefunke .

Pour l’URD, chaque acte posé se révèle catastrophique et mène le pays dans l’impasse ce qui n’est pas toujours le cas. Les arguments avancés par le principal parti de l’opposition sont-elles valables, la question reste en suspens.  Dans la mesure où la réconciliation nationale  prônée par   le Président IBK n’a pas posé des actes   allant dans le sens de soulager  ces nombreux  réfugiés qui souhaitent regagner le bercail. On se demande encore pourquoi les réfugiés n’ont-ils pas été associés au processus de réconciliation nationale ? L’accord signé le 20 juin 2015 a-t-il pris en compte la question des refugiés. Voila des questions qui taraudent le malien lambda.

Concernant la négociation avec les Groupes armées, l’URD, sans succès a invité le Président de la République à consulter la classe politique et toutes les forces vives sur toutes les questions majeures de la nation. Cela en vue de dégager une plateforme et une vision nationale avant d’engager des pourparlers avec les groupes armés pour le présent  et l’avenir du Mali.  Beaucoup au sein de la classe politique se pose la question, si toutefois certains acteurs sont de bonne foi , dans la mesure où le président a ouvert la porte du dialogue en recevant le chef de file de l’opposition et certains acteurs de la scène politiques. Enfin pour certains patriotes l’URD reste hanté par les salons feutrés de Koulouba

Mahamane Djitteye 

 

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