Front Social : Les vérités de Hammadoun Amion Guindo

0

La violation des libertés syndicales, l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et  le non respect par le gouvernement de certains de ses engagements, l’insécurité au nord, les élections générales de 2012  et le projet de révision constitutionnelle voilà autant de points sur lesquels, le secrétaire général de la CSTM  et ses camarades du collectif se sont  prononcés en dénonçant l’inaction de l’état. C’était  lors d’une conférence de presse organisée par le collectif des syndicats contre l’AMO.

La conférence était animée conjointement par Amadoun Amion Guindo, le secrétaire général de la Confédération syndicales des travailleurs du Mali (CSTM), l’adjudant-chef Siméon Keïta, le secrétaire général de la Section syndicale de la police nationale (SPN), et Adama Traoré le secrétaire général de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES).

Le Collectif de syndicats ne décolère dans la  gestion des revendications des travailleurs déposées auprès du gouvernement. Il s’estime être victime d’une discrimination dans le trainement de ses revendications et accuse l’Etat d’engendrer une violation de liberté syndicale tant dans les services étatiques que dans les structures privées. Cette discrimination selon les responsables du collectif se traduit par le  traitement réservé aux doléances de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) pendant que celles de la CSTM restent sans suite depuis plus de trois ans.

En se prononçant sur le projet de réforme  constitutionnelle, le collectif des syndicats estime qu’il n’y a aucune nécessité de doter le pays d’une nouvelle constitution. Pour le secrétaire général, la tenue du referendum avec le premier tour de l’élection présidentielle  qui coûte 9 milliards n’est qu’un gâchis. En plus de  cette situation,  Amadoun Amion Guindo ne cache pas son inquiétude par rapport à la tenue des élections générales de 2012. Selon lui, des menaces planent sur le processus avec la situation d’insécurité au nord dont la gestion souffre du laxisme ambiant au sommet de l’Etat.

Parlant de l’assurance  maladie obligatoire, le (AMO), le secrétaire général de la CSTM dénonce la mauvaise volonté du gouvernement dans le traitement de ce dossier. Malgré la bonne volonté du ministre du Développement social de la Solidarité et des Personnes âgées à prendre en compte  la position de tout un chacun, en application du décret du Conseil des ministres qui a rendu facultative l’adhésion à l’AMO, le prélèvement sur les salaires se poursuivent. Sur ce point, Amadoun Amion Guindo assure que dès l’annonce du décret, la CSTM avait enregistré 76 000 dossiers de non adhésion. Toutes ces personnes ont rempli les formulaires conformément aux principes de la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM). «Il est regrettable de constater qu’après avoir remboursé un ou deux mois de cotisation pour l’AMO, il y a encore des retenues sur les salaires ». Ce processus de remboursement est un sabotage selon le collectif. Le Collectif a fait remarquer que cette conférence de presse s’est tenue à un moment où la COSES est en arrêt de travail pour mettre en garde le gouvernement de son inaction face à la gestion de l’AMO et pour d’autres points de revendication.

En plus de ce point, le collectif interpelle le gouvernement sur le problème de la Section syndicale de la police nationale qui depuis le congrès de 2010 serait en conflit. Cette situation est le résultat  de l’immixtion du ministre de la sécurité et la protection civile et le secrétaire général de l’UNTM. Pour preuve, la convocation de 34 policiers par la brigade d’investigation de la gendarmerie suite aux incidents du 1er mai 2011,  Amadoun Amion Guindo et ses camarades du collectif  crient à la violation de la liberté syndicale dans notre pays. « Depuis le mois de mai dernier, le gouvernement est en train de traiter ce problème à son seul niveau. Alors que c’est un problème qui n’est pas de son ressort et devrait être géré conformément au statut des organisations syndicales. Ce n’est pas à l’état de se mettre au devant. C’est plutôt les personnes qu’ont été agressées de porter plainte. Mais que l’UNTM en fasse un point de revendication au point d’amener le gouvernement à sévir contre des policiers de surcroit syndicalistes. » C’est en ces termes que le secrétaire général de la CSTM a dénoncé la faiblesse du gouvernement. Selon le secrétaire  général de la section syndicale de la police nationale, Siméon Keita, il n’appartient pas à l’administration de mettre les 34 syndicalistes à la disposition de la justice. « Conformément aux statuts et règlement intérieur et des recommandations formulées lors de sa dernière conférence, la section de la police s’est rendue au siège du SYNTADE en vue de participer aux festivités du 1er mai. Malheureusement, à notre arrivée sur les lieux, nous avons trouvé un groupe de policiers, tous munis de leurs armes individuelles de service et d’une pancarte au nom de la section syndicale de la police. Dès notre arrivée sur les lieux, ils se sont mis à nous injurier. C’est ainsi que les militants leur ont notifié leur illégitimité et ont retiré la pancarte avec des tee-shirts portant photo du Directeur général de la police. Nous nous sommes ensuite rendus sur l’aire du défilé. Non contents de pouvoir participer au défilé, ils se sont rendus à la tribune d’honneur pour revenir ensuite accompagnés d’un monsieur habillé en tenue UNTM. Ce dernier s’est mis à nous agresser. C’est ainsi qu’il a été prié à deux reprises de rejoindre sa place habituelle avant d’être rappelé à l’ordre». Conformément au  décret N°10-395/PRM qui dispose en son article 19  que «le fonctionnaire de police jouit du droit syndical, il exerce librement ses activités syndicales dans le cadre prescrit par les lois et règlements et ne saurait être inquiété pour des propos tenus et des actes posés dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ce droit syndical ». C’est sur cette base que les policiers incriminés ont décidé de ne pas répondre à ladite convocation de la brigade d’investigation de la gendarmerie. Toujours dans le même cadre, le Collectif dénonce la violation de la liberté syndicale dans les mines d’or de Loulo et Syama où des travailleurs ont été arbitrairement licenciés.
Nouhoum DICKO

Commentaires via Facebook :

PARTAGER