Gouvernement Boubou Cissé : Le temps de la redevabilité politique a sonné

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En parvenant à un « Accord politique de gouvernance » comme fondement juridique de son gouvernement, le Premier ministre Boubou Cissé aura non seulement rassuré les acteurs politiques concernés mais aura réaffirmé une certaine redevabilité politique.

Maliweb.net Pour nombre d’observateurs avertis de la donne politique nationale, il faut que les gouvernements successifs promeuvent une certaine prééminence des acteurs politiques dans le fonctionnement institutionnel du pays. C’est dans cette optique la théorie de « la politique aux politiques » revêt toute son importance. Car, il ne faut pas perdre de vue le fait que les crises politico- institutionnelles, comme celles que connaît le Mali depuis 2012, sont pour la plupart dues aux nombreuses frustrations qui affectent la classe politique.

Ainsi, en privilégiant le principe d’association des principaux partis regroupements et partis politiques à la formation de son gouvernement, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, sur ferme instruction du président de la République, a choisi une bonne option de réussite de sa mission.

En particulier en parvenant à faire signer un Accord politique de gouvernance à ces acteurs politique pour la formation du gouvernement de mission, le successeur de Soumeylou Boubèye Maïga pose un jalon important d’assurance et de responsabilité politique à l’endroit de ses interlocuteurs.

Finies désormais les plaintes et griefs selon lesquels les ministres ne sont pas entrés au gouvernement sur propositions de leurs partis, regroupement politiques  ou organisations respectifs. On en tire une certaine respectabilité et surtout une certaine redevabilité politique, gage de vertu et symbole d’un certain politiquement correct !

En effet, au terme de l’article 5 de l’Accord politique du 2 mai, on peut lire ceci : « Un ministre qui démissionne de son parti ou de son regroupement politique ou de l’entité qui l’a proposé, perd automatiquement son portefeuille. Il sera pourvu à son remplacement suivant la même procédure qui a abouti à sa nomination… ». Cette disposition introduction une sorte de mandat politique à la charge du ministre. Ce qui équivaut au fait que chacun des membres du gouvernement issu des différents partis ou regroupements ou entités est dans une posture de véritable « missionnaire » quasiment doté d’une sorte de « mandat impératif » en faveur de son organisation.

Ainsi, à titre d’exemple, si Dr Bokary  Tréta du RPM n’est pas lui-même membre du gouvernement, il se sentira plus fortement concerné par le fonctionnement de l’équipe gouvernementale dans laquelle il a envoyé en mission certains cadres du parti. Ceux-ci s’affranchiront difficilement de son influence morale et politique et s’obligeront à une forme de partage d’informations sur les succès et les difficultés éventuelles du gouvernement.

En sorte, les ministres seront comme des courroies de transmission entre leurs bases politiques et l’attelage gouvernement, voire la primature. Par ce mécanisme, le ministre ADEMA-PASJ sera sûrement les yeux et les oreilles véritables de ce parti au sein de l’appareil du gouvernement de mission. Il usera de cette posture de privilégié et de relai politique dans la mise en œuvre de la feuille de route et surtout dans l’amorce des réformes politiques et institutionnelles en vue. Il est donc avantageux que le plus grand nombre d’acteurs politiques soient signataires de cet Accord même si tout ce beau monde ne peut pas avoir leurs membres au sein de l’équipe du Dr Boubou Cissé. Par leur adhésion à cette dynamique de recherche de consensus, les velléités de contestations politiques peuvent rapidement être maitrisées ou étouffées dans l’œuf. C’est pourquoi, selon les dispositions de l’Accord, l’objectif recherché par le gouvernement de mission est « de prendre en compte les différentes sensibilités politiques nationales et travailler à trouver les solutions aux défis actuels dans une démarche consensuelle impliquant le plus grand nombre d’acteurs nationaux ».

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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1 commentaire

  1. Le problème au Mali c’est le laxisme. Quand la case brûle,on ne traîne pas les pieds. Il faut dès cette semaine commencer à mettre en oeuvre l’accord,pour trouver rapidement de solutions à tous ces problèmes qui restent latents.

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