Le nouveau Premier ministre Diango Cissoko, un espoir pour le Mali ?

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Le nouveau Premier ministre malien, Diango Cissoko (g) et le président par intérim Dioncounda Traoré au Palais présidentiel de Bamako, le 12 décembre 2012
© AFP

Diango Cissoko a été nommé le 12 décembre à la place de Cheick Modibo Diarra, contraint à la démission par les militaires putschistes. Le nouveau Premier ministre doit maintenant former un gouvernement d’union nationale et de travailler en priorité à l’organisation d’élections et à la reconquête du Nord. Beaucoup regrettent qu’il ait fallu que l’ex-junte et le capitaine Sanogo poussent Cheick Modibo Diarra à la démission ; mais en même temps de nombreux observateurs espèrent que ce changement va sortir le pays de l’inertie.

Alors que Diango Cissoko travaille à la constitution du prochain gouvernement au Mali, les réactions ont encore été nombreuses après sa nomination, et l’éviction de son prédecesseur. Si le coup de force contre Cheick Modibo Diarra par les ex-putschistes est condamné unanimement hors du Mali, le choix de son successeur fait consensus. L’Union européenne par exemple a salué la nomination rapide de Diango Cissoko et souligné «ses dons de négociateur » et « sa bonne connaissance de la vie politique malienne ». Même tonalité du côté de l’Union africaine ou de la médiation burkinabè.

Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne, il a fait part hier de ses réserves quant à la manière dont les choses se sont passées, et a appelé à la mise en place rapide d’un gouvernement qui garantisse un « dialogue intérieur fécond ». Mais il a aussi appelé le président Dioncounda Traoré à jouer son rôle pleinement.

Blaise Compaoré

Président du Burkina Faso, médiateur dans la crise malienne

Ce qui a manqué au Mali c’est qu’il fallait que très tôt le président Diocounda prenne en charge la gestion des affaires de l’Etat conformément à la Constitution. A partir du moment où déjà à l’époque cet engagement n’était pas réel, il était certain que cela ouvrait la voie à des dérives, comme nous venons de le voir avec ces militaires.

Diango Cissoko fait consensus

Au Mali, le Haut conseil islamique, salue aussi cette nomination. Le HCI est une organisation clé de la vie religieuse du pays, qui a  joué, ces derniers mois, un rôle de facilitateur avec les groupes armés du Nord. Il souhaite, si le nouveau Premier ministre est d’accord, poursuivre son rôle afin de ramener la paix au Mali. Mahmoud Dicko est le président HCI.

Mahmoud Dicko

Président du Haut conseil islamique

Nous souhaitons un gouvernement de large consensus pour pouvoir démarrer véritablement.

Pour sa part, l’ancien Premier ministre et leader du RPM, le Rassemblement pour le Mali Ibrahim Boubacar Keïta , appelé IBK, salue également l’arrivée au pouvoir de Diango Cissoko.  Il appelle ce dernierqui a promis de préparer les élections et à la reconquête du Nord, de mener les deux missions de front et rapidement.  « Il ne faut pas attendre que le Nord soit libéré pour songer à élire les dirigeants », dit-il. Par ailleurs, le chef du RPM souhaite un gouvernement de consensus et se dit prêt à faire y participer son parti politique.

Ibrahim Boubacar Keita

Ancien Premier ministre et leader du RPM, le Rassemblement pour le Mali

Il faut avancer de front sur tous les dossiers

RFI / 13/12/2012

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8 COMMENTAIRES

  1. Diango n’est pas forcement la solution ,on a pas fait d’enquete pour dire qu’il fait l’hunamité au Mali ? en plus on le regarde d’abord à l’épreuve comme chef d’équipe et face à des problèmes urgents et brulents,au niveau national ? alors que ce monsieur a toujours dirriger des cabinets? et il est à faire avec des nouvelles races de générations d’hommes? et puis un homme qui a fait tous les systèmes de moussa Traoré,en passant par ALpha oumar Konaré et Amadou toumanni Touré doit etre un homme fatigué aujourd’hui? il faut souvent dire merci à des postes? Wait and see?

    • C’est plutôt l’espoir qui commence à renaitre avec la mise à l’écart de CMD. Le sommet de l’Etat parlera d’une même et unique voix. Que Dieu bénisse le Mali.

  2. J +10

    Cela fait demain 14/12/2010, 10 jours que les armes débloquées du port de Conakry sont à la disposition de l’armée malienne dans le fief de la junte militaire à Kati.

    Depuis aucun acte militaire en faveur de la reconquête des régions nord du pays n’a été entrepris.

    Mais des actions tape à l’œil (lancement en grande pompe d’un recrutement massif de 2000 jeunes dans l’armée) et les manœuvres dilatoires de l’écartement manu militari du premier ministre CMD.

    Sinon rien!

    Les maliens ont donc, au moins, des sujets de conversation pour les 3 prochains mois (Départ précipité de CMD, nomination inattendue de Diango Cissoko, formation de son gouvernement, etc et etc.) c’est à dire tout sauf la libération du nord du pays et l’organisation des élections.

    La magie est que ça marche à tous les coups, internautes, grins, milieux politiques, professionnels et familiaux, tout le monde s’engouffre dans la brèche pour oublier l’essentiel, pourvu que Kati ne prenne jamais la direction du nord du pays.

    On va tourner en rond encore pendant 9 mois avant d’attaquer manu militari Diango Cissoko à son tour!

    Son tort?

    Il est tout simplement un peu trop clair, il ressemble donc à un rebelle Touareg, et pourquoi pas à un Shebab, ou un rebelle congolais, et Kati va se méfier de lui, Dioncounda serait d’accord et les maliens commenteront, comme d’habitude.

    Ainsi va mon pays coupé en deux et pour très longtemps.

    En attendant, Kassin compte les jours depuis la libération des armes réclamées par le Copam, Mp22 et acolytes.

    Demain 14/12/2012: J+10

    À bientôt mes amis !

  3. Bonjour,
    Pour être stable, un gouvernement d’union nationale nécessite un ÉQUILIBRE entre les différentes sensibilités en incluant toutes les forces vives de la nation sans oublier la société civile.

    L’INDISPENSABLE SOUTIEN de tous les Maliens dépendra de cet équilibre.

    Aidé par un Président conciliant et fédérateur, compte-tenu des enjeux, en homme de loi, aimant la justice et la médiation, le nouveau premier Ministre, Giango Cissoko, saura-t-il réaliser efficacement cette première vraie médiation publique, à travers la constitution du gouvernement d’union nationale, pour sortir, DURABLEMENT, le Mali de cette crise ?

    Espérons-le.

    Bon courage et bonne médiation pour une vraie union des Maliens.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

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