Lettre ouverte à Monsieur Soumeylou Boubèye Maïga, premier ministre

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Monsieur le Premier ministre,

L’heure est grave, plus que grave. La gradation des horreurs et des dérèglements déjà pointés, et qui semblent inscrits dans une continuité de plus en plus néfaste, pose véritablement le problème existentiel même de notre pays en tant qu’État souverain dans des frontières sécurisées.

La situation interpelle instamment chaque Malienne et chaque Malien, hommes et femmes, vieux comme jeunes, même ceux qui sont au berceau, voire dans le sein de leurs mères.

Il est temps pour les citoyennes et les citoyennes de plancher résolument sur l’avalanche de drames qui meurtrissent sans discontinuer notre si beau pays; de procéder sans complaisance aucune à un diagnostic rigoureux assorti d’une thérapeutique de choc.

Monsieur le Premier ministre,

Le privilège de servir l’État au poste où vous êtes  ne manque pas de sacerdoce, il requiert en plus la bénédiction du peuple. Votre parcours politique personnel confère à votre fonction actuelle toute la légitimité historique.

Monsieur le Premier ministre,

L’histoire politique nationale aura en effet retenu que, au début des années 1990, vous avez eu le courage singulier de dire en face au Général Moussa Traoré, alors maître de notre pays en proie à mille soubresauts, que toutes les solutions envisagées ayant échoué, le mal n’était plus que lui, lequel mal devrait trouver son remède de cheval. On connaît la suite qui a coulé dans du zinc votre réputation de Tigre.

Depuis, vous avez été mêlé à la gestion de l’État à des niveaux différents, tous prestigieux et stratégiques : directeur de la sécurité d’État, ministre de la défense, ministre des Affaires étrangères, secrétaire général de la présidence de la République, j’en passe.

L’histoire, qui est à la fois reconnaissante et impitoyable, ne manquera pas de promener sa lanterne sur les rôles que vous avez joués au service de notre patrie durant les 30 dernières années.

Aujourd’hui, en tant que Malien et élu de la nation sous les couleurs du RPM, l’honnêteté m’oblige d’admettre que  vous avez servi valablement le président de la République en atteignant l’objectif de  l’organisation sans heurts majeurs de la dernière élection présidentielle, celle de l’année passée, il y a quelques six mois. On peut vous le reconnaître ou vous le contester, le plus grand nombre de nos compatriotes pensent  bien que vous avez assuré la victoire de IBK, sa réélection. Mais  aujourd’hui, nul n’a besoin d’être Dieu Lui-même pour savoir que le Mali fait face à un problème existentiel. Face à cette perspective effroyable tant redoutée, si Ibrahim Boubacar Keïta échoue en ne pouvant pas relever les défis de l’heure, quelle épithète faudrait-il pour qualifier votre bilan en tant que chef du gouvernement? Certes, vous avez réussi d’éviter au pays de tomber dans l’impasse en 2018. Mais est-il bienséant qu’en 2019 la République tombe dans le chaos à cause de votre gestion décriée par la quasi totalité de notre peuple? Cela, même l’aveugle le voit partout  et peut le lire dans les médias; même le sourd-muet peut valablement le faire savoir en expliquant les preuves qui ne manquent pas.

Monsieur le Premier ministre,

Depuis 1960, jamais un gouvernement malien n’a été autant décrié pour de justes raisons comme celui que vous dirigez. Jamais chef de gouvernement n’a autant échoué comme vous. Rien ne marche. Tous les secteurs vitaux de l’État sont en faillite, le pays se délite régulièrement, l’administration est en lambeaux. Concurremment, la corruption dans ses multiples affres enregistre des progrès notoires; la pauvreté s’agrippe de plus en plus à la gorge des plus démunis; sous peine de se laisser étrangler, ceux-ci ne finiront-ils, bientôt, par vouloir se défaire de votre gouvernance pour le moins honni? Il semble bien que c’est ce sursaut salutaire qui est en cours et qui s’affirme chaque jour. Il n’y à qu’à ouvrir les yeux pour voir, attitude raisonnable, ou à les fermer pour ne rien voir, comportementale méprisant.

À présent, tant de souffrances ne suffisent-elles pas à émouvoir ce que votre âme a de nobles? Hélas! des hordes non identifiées de tueurs viennent régulièrement endeuiller notre pays. Aucune explication admissible n’est donnée à leurs équipées sanglantes.

La situation sécuritaire au Mali est chaque minute préoccupante. C’est même une litote que de dire qu’elle va de mal en pis. La gradation des horreurs est si pernicieuse qu’il est normal de se demander comment une telle avalanche de malheurs en est arrivée à s’acharner sur notre pays, un pays qui, en Afrique, est sans doute le seul à voir s’élever sur son sol au moins trois grands empires rayonnants : le Ghana, le Mandé, le Songhaï. Leurs lustres ont traversé les temps, les espaces, les océans. À la suite des griots et des voyageurs et explorateurs avertis, les historiens avisés continuent de sonder les immenses richesses humaines qui ont fait la gloire de ce pays. La Charte de Kouroukanfouga, inépuisable épître des droits, intéresse toujours les chercheurs.

Comment expliquer qu’un aussi vieux pays, creuset de mille valeurs demeurées inoxydables, en soit devenu à présent à être la cible privilégiée et la proie “recherchée” des gredins de la pire espèce ?

Des massacres de Koulongo à ceux de Dioura, immédiatement suivis par les exterminations opérées à Ogossagou, pour ne citer que ceux-là, nous sommes désormais plongés dans une profonde angoisse, dans une anxiété quasi morbide, dans la désolation, dans la désespérance, dans l’indescriptible embarras.

Monsieur le Premier ministre, qu’est-ce qu’un État qui n’arrive pas à assurer à ses citoyens la sécurité et la quiétude indispensables à toutes actions? C’est un État voyou appelé à se disloquer dans la licence et le cynisme.

L’École malienne, ou ce qui en reste, est un échec patent, un épouvantail de désespérance dressé pour faire douter les citoyens de leur avenir.

Monsieur le Premier ministre,

Qu’est-ce qu’une République incapable d’assurer à ses enfants l’enseignement régulier et l’éducation de qualité ? C’est une République fantôme qui ne mérite pas d’exister.

Pour toutes ces raisons, montent de partout les colères de nos concitoyens, tant à l’intérieur des frontières sur lesquelles l’État a une présence et dans les pans entiers du territoire national qui échappent à notre souveraineté, mais aussi à l’extérieur où vit une diaspora soucieuse du pays des ancêtres.

Aux conflits communautaires, de toute évidence planifiée selon les plus fins observateurs, se juxtaposent désormais des querelles de chapelles de religieux dont on voit que certains groupuscules sont stipendiés par l’argent de l’État.

N’est-il pas temps pour vous, Monsieur le Premier ministre, de rendre à la République et au président de la République un service de qualité ? Celui de vous retirer humblement pour permettre que les forces vives de la nation viennent à l’unisson au chevet de la patrie commune.

Mais la question est de savoir si vous avez un tant soit peu pitié du Mali et des Maliens. Toute votre attitude semble indiquer que vous vous croyez hyper puissant parce que imposé à IBK. C’est bien ce qu’on entend dire dans vos proches milieux à qui on demande sans réponse : imposé par qui? Il s’y ajoute que vous ne cessez de maugréer en privé contre le président de la République que vous jugez faiblard à alors que force doit rester à l’État. Si cela s’avérait, vous souhaitez donc vraiment la répression contre les manifestations des corporations et autres composantes de la société civile?

Que non! Le pays attend de vous plutôt un acte patriotique : rendre avec élégance le tablier parce que le peuple ne vous aime pas. Nous ne sommes plus au temps des demi-dieux lâchés dans l’arène.

Je vous remercie.

Honorable Moussa Diarra, député élu en Commune IV du District de Bamako.

 

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9 COMMENTAIRES

  1. Mr DIARRA, vous avez perdu une occasion de vous taire. SBM n’est pas le seul responsable de tous nos maux, vous-même y êtes pour beaucoup en tant qu’élu en fin de mandat. Quelle solution avez-vous préconisé pour vous prévaloir de ce rôle de donneur de leçon ? Si je vous comprends bien, il suffit que tous les politiciens vous accablent pour que vous deveniez automatiquement responsable devant le peuple ? SBM a notre soutien total.

  2. Tout ceux ci qui crie sous les toit en critiquant le président ou le PM ce sont des assoiffés du pouvoir même si ont leur porte ces chapeaux ça sera le même scénario. Voyez vous partout dans notre pays actuel sa chauffe a tout niveau alors que font les élus locaux ont s y voit la dévalorisation de la décentralisation. Que Dieu nous assiste

  3. Ce monsieur est un opportuniste sinon comment comprendre l’élection de Karim Kéita comme président de la commission de défense au détriment du Général Niamé? C’est eux qui sont à la base de toute cette dérive pauvre gueulard

  4. Un geste tellement irresponsable et ridicule de ce déshonorable débuté Moussa Diarra !
    Certes, le premier ministre doit démissionner mais je ne suis pas sûr que vous aussi devriez rester. En tant que parlementaire, la constitution vous confère le plein droit d’interpeller un quelconque membre du gouvernement, y compris le premier ministre. Avez-vous interpellé le premier ministre à l’assemblée concernant vos préoccupations ? Tellement ridicule, ce pays là!

  5. Monsieur Diarra bonsoir.
    Il faut jouir du reste de votre mandat.
    Bientôt le Mali retrouvera sa souveraineté. Car des Députés de votre envergure n’auront plus une place dans notre assemblée nationales. Soumeilou Maiga est le prochain locataire du palais de Koulouba. Il faut en finir avec des traitres comme Mohamoud Dicko, le Cherif de Nioro, le faux Haidara et sa famille, Mahi Ouattara, et Chouala Bayaya.

  6. Bsr Mr Diarra
    Je suis obligé de te dire certaines vérités.
    D’abord, ton français est exécrable , à te lire, on se fait suffisamment une religion de ta personne et de ta personnalité. Avec des députes comme toi à l’hémicycle, le Mali est mal parti, j’allais mal barré. Au lieu de t’attaquer au PM, tu dois faire ton autocritique, je veux dire ton harakiri, car, la situation que nous vivons , est une responsabilité collective. Dites moi, les actions que tu as entreprises depuis que tu es à l’AN au sujet de l’insécurité, rien, je suis convaincu.
    Je crois savoir que cette recherche de solution doit être collective et inclusive. Il vous incombe de poser réellement le vrai débat, au lieu de tomber dans des mesquineries qui ne nous grandissent point.
    Le mali traverse la pire crise de son histoire contemporaine, nous devons rester soudés.
    Je termine une fois de plus pour te dire que ton discours est très mal fait, faites un effort de revoir tes cours de français
    Salutations fraternelles

  7. MON FRERE DIARRA, DEPUIS PLUS DE 20ans TON PAYS N AS PAS D’EDUCATION, PAS DES CADRES CAPABLE NI DES INTELLECT. ET POURQUOI ACUSE LE PM AUJOURDHUI? TOI TU EST ETE OU PENDANT TOUT CA?
    DEGAGE VOUS ET LAISSE LE MONSIEUR EN PAIX. DAN UN PAYS LA OU LA HYPOCRECIE ET LA JALOUSIE DOMINE LA NATION PARTS NIL PART.
    MERCI

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