L’opposition à propos de la mise en place de la CENI : «Octroyez-nous les 5 sièges qui nous reviennent de droit!»

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Les formations politiques de l’opposition, représentées par les partis SADI et BARA, étaient face à la presse hier, mardi 26 juillet au siège de la Radio Kayira pour dénoncer la mise en place d’une CENI qui viole la loi. Les conférenciers, Dr Oumar Mariko, Secrétaire général du parti Sadi et Ahmed Oinargoum Cissé, le Secrétaire politique du BARA, ont lancé un appel au ministre Kafougouna Koné à s’impliquer pour que l’opposition ait ses 5 sièges à la CENI.

Dans son intervention introductive, l’honorable Oumar Mariko a rappelé que la CENI, selon la loi N° 06-44 du 4 septembre 2006, veille à la régularité des élections et du référendum à travers la supervision et le suivi de toutes les opérations électorales. «Le mandat de la CENI est clair, car elle doit contrôler le gouvernement qui organise les élections et qui peut être tenté de favoriser ses partis alliés (partis de la majorité) au détriment des autres compétiteurs (partis de l’opposition…). Ainsi, cette mission de la CENI, logiquement, ne peut être remplie objectivement que par la société civile qui joue à la fois un rôle d’arbitre et de contre-pouvoir». Pour le Secrétaire général de SADI, la société civile ne peut être renforcée dans cette mission que par les partis politiques de l’opposition.

      En clair, a-t-il fait comprendre, les partis de la majorité, alliés au Gouvernement, ne doivent normalement pas siéger dans la CENI pour la simple raison qu’ils ne peuvent pas être juge et partie. «Tel est véritablement l’esprit de la CENI et les raisons même de sa création». Cependant, a reconnu Oumar Mariko, pour plus de transparence et de justice, la loi électorale confère aux trois acteurs-clés de siéger au sein de la CENI (15 membres) dans la proportion 5 sièges pour chacun: société civile, majorité et opposition.

     La loi électorale, qui a fait l’objet de révision en 2006, a ajouté Ahmed Oinargoum Cissé du BARA, parle d’une répartition équitable. Mais, lors de récentes discussions par rapport à la mise en place de la CENI, les partis de la majorité ont décidé une répartition léonine et abusive de 9 sièges pour la majorité et un seul pour l’opposition. Par mépris, la deuxième rencontre, prévue pour le mercredi 13 juillet, a été boycottée par les partis de la majorité qui ont commencé à désigner leurs représentants à la CENI.

Et Dr Oumar Mariko de protester vigoureusement contre cette manière tendancieuse de préparer des élections opaques et non crédibles. Il a appelé le ministre en charge des élections à intervenir pour la paix sociale. «Convaincus de la justesse de nos arguments, nous sollicitons l’implication du ministre de l’Administration territoriale pour régler la question en octroyant les 5 sièges, qui lui reviennent de droit, à l’opposition», a-t-il conclu.

                                     Bruno D SEGBEDJI

 

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