Modibo Sidibé à la 1ère Convention nationale des FARE : «Sans la neutralité de l’armée, de l’administration, de la religion dans le jeu politique, l’unité de la nation et la paix civile sont en grave péril».

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Mesdames et Messieurs les Présidents d’honneur,

         Messieurs les  Présidents et Représentants des partis politiques,

         Monsieur le Premier ministre, Honorable(s) Députés, messieurs les ministres,

         Mesdames et messieurs les Conseillers nationaux, Présidents de Conseil de cercle, Maires, Elus locaux, Chefs de quartier,

Camarades membres du SEN,

Camarades membres des Commissions Nationales,

Camarades Délégués des Sections de l’intérieur et de l’extérieur,

Chers Aînés,

Mesdames et messieurs

Rendons grâce à Dieu, Lui qui nous donne l’heureuse opportunité de nous rassembler ici en ce jour qui marque l’ouverture de la Première Convention Nationale des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence, FARE AN KA WULI. Moment capital, parce que marquant une étape décisive dans le processus de consolidation et d’expansion de notre jeune parti.

C’est avec plaisir que j’adresse mes chaleureuses salutations et mes remerciements à chacun d’entre vous, pour avoir répondu, si nombreux, à l’invitation du Secrétariat Exécutif National des FARE à prendre part à  la cérémonie d’ouverture de notre première Convention Nationale. Votre présence à cette cérémonie est pour nous une formidable source de motivation.

À nos camarades Délégués, observateurs, à nos militants et sympathisants, bienvenue à notre première convention. Avec enthousiasme et engagement comme aux premières heures, vous ferez souffler le vent du Renouveau Démocratique dont notre pays et notre continent ont tant besoin.

Ce grand rendez-vous, c’est le temps d’évaluer notre parcours depuis le Congrès, de faire l’état du Parti et de tracer les perspectives. Vous avez choisi de débattre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et des élections locales et régionales, enjeux, défis et perspectives  pour les FARE avec comme ligne force «Rassembler pour rebâtir une Nation forte».

Mais il intervient dans un contexte difficile pour notre peuple confronté à différentes formes d’insécurité.

Nous condamnons fermement les attaques d’une barbarie inouïe en France, en Tunisie, au Nigéria,  au Niger, au Tchad, au Cameroun, ici au Mali et ailleurs malheureusement, qui ont fauché tant de vies innocentes.

L’assassinat ignoble de trois personnes dont un journaliste, il y a à peine 48h à Tombouctou est révoltant et nous le condamnons de la façon la plus ferme.

Nous nous inclinons pieusement devant la mémoire de toutes les victimes de ces ignobles attentats. Nous rendons aussi hommage aux éléments des forces armées et de sécurité tombés au champ d’honneur et nous associons à nos prières, les compatriotes décédés lors du dernier pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.

Je vous invite à observer une minute de silence en leur mémoire.

Debout et ensemble, nous viendrons à bout de ce fléau ! Parce que nous ne reculerons pas devant la terreur, fort de notre capacité d’union et de résistance.

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

Le contexte, c’est aussi les récoltes. Les importantes productions céréalières dont le  riz, 2.451  millions de tonnes  faisant de notre pays le 2ème producteur de l’Afrique de l’ouest (Agence Ecofin), s’inscrivent dans l’élan imprimé par l’Initiative riz. Initiative qui en subventionnant les intrants a boosté la production de plus de 50% lors de la campagne 2008/2009, de 1.082.384 tonnes à 1.624.246 tonnes, production qui avait atteint en 2010/2011, 2.308.233 tonnes.  En rendant grâce au Tout-Puissant pour la bonne pluviométrie, nous disons JANJO à nos producteurs et remercions les différents gouvernements qui ont maintenu ce dispositif de subvention des intrants.

Au-delà de l’effet «mécanique» de cette production sur notre taux de croissance, un prix rémunérateur aux producteurs est une exigence, de même qu’une véritable volonté de prendre une part du marché du riz dans notre sous-région.

Mesdames et messieurs,

De la tenue des élections générales en 2013 à ce jour, la reprise économique, tant attendue, peine à se réaliser et se ressentir dans le quotidien de nos compatriotes.

Cela tient au manque de vision politique structurée en programmes socio-économiques cohérents. Cela tient surtout au ralentissement des afflux d’investissements étrangers, qui ont pourtant culminé à 31% du PIB, dans les années 2000. Cela se traduit par une absence de perspectives d’amélioration de l’environnement économique et de ses retombées sociales : la croissance économique reste toujours fortement tributaire de la campagne agricole et donc de la pluviométrie ; le coût de la vie demeure toujours bien au-dessus du pouvoir d’achat des Maliens, de plus en plus nombreux à vivre dans la précarité ; le chômage s’accentue et la situation de l’emploi se détériore, particulièrement pour les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi.

Au péril de leur vie, les jeunes, pour un grand nombre, basculent dans l’attrait de l’exil. Mais plus que tout, c’est cette incertitude, cette absence de visibilité qui pèse sur nos compatriotes. Qui ont la nette impression d’une «action publique sans but/d’un exercice du pouvoir qui tourne à vide…», l’absence  de réformes et donc de direction.

«Où est l’ambition ? Où est le projet ?» Les incantations ne peuvent en tenir lieu, comme les réalisations par-ci par-là, et dont certaines étaient dans le pipe, ne peuvent non plus en tenir lieu parce que sans lisibilité.

On s’est récemment apitoyé sur Mandiakuy. C’est certes bien, mais le Mali compte mille et un Mandiakuy qui interrogent l’Etat et ses démembrements, leurs capacités à délivrer les services de base, sur les spoliations, les multiples tracasseries dont ils sont l’objet et où les populations ne se reconnaissent pas dans l’Etat tel qu’il fonctionne. Tout ceci incline à s’atteler à la redéfinition du rôle de l’Etat, de l’étendue de ses fonctions, de ses capacités, de sa représentation.

Cependant, mesdames et messieurs, aujourd’hui comme il y a  vingt-sept mois, notre peuple attend toujours que l’Etat affirme son autorité, qu’il prenne ses responsabilités, et d’abord ses responsabilités en matière de sécurité et de défense du territoire. Il réclame le respect des lois, une justice égale pour tous. Il souhaite que le pays connaisse la stabilité, que l’action des autorités publiques soit transparente et contrôlable. Il nous faut sortir de l’immobilisme actuel et redonner espoir à nos populations.

Nous voulons un Gouvernement qui fonctionne, un Gouvernement qui est aux affaires et non dans les affaires ! Qu’il cesse d’affaiblir la République, d’abaisser l’Etat ! Nous voulons un Etat qui ne soit plus le monopole d’un clan, ni l’affaire d’un seul homme.

De Mandiakuy  à Gori, à Nara, à Fakola, comme à Diafarabé, Râs El Mâ, Djebok, Tin-essako, nous voulons un Etat fort, un Etat solide, stable et juste, un Etat stratège, capable de donner une direction au pays. Il nous faut un Etat au service du développement et de l’économie, qui soutiendra les initiatives des citoyens pour le développement, garantira la création de richesses par le secteur privé et une redistribution équitable des richesses, en particulier aux plus démunis. Un Etat qui saura unir la Nation et la protéger.

        

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

Disons-le clairement, ce que ni la France, ni la Minusma, ni les autres forces qui viennent en aide au Mali ne pourront solutionner, c’est l’équation de l’Etat au Mali : la question de la viabilité de l’Etat du Mali, son organisation, son fonctionnement sur des bases plus solides, sa gestion transparente et équitable.

Voilà pourquoi les FARE proposaient d’engager le pays dans une transition historique, que je juge d’une aussi grande importance que notre accession à l’indépendance il y a un demi-siècle ! Oui, Transition institutionnelle et démocratique vers un Etat fort, juste, intègre, un Etat qui ne démissionne pas devant ses responsabilités. Transition sociale, sanitaire, éducative, vers un Mali où nos besoins fondamentaux d’hommes et de femmes du XXIème siècle seront solidairement satisfaits. Transition économique non pas vers la simple autosuffisance alimentaire, mais pour faire de notre Mali une puissance régionale dans  les domaines où il a des atouts encore mal ou insuffisamment exploités.

Transition culturelle pour que nos racines donnent des fruits nouveaux, qu’ils alimentent nos esprits et notre imaginaire et que l’arbre porte haut le rayonnement du Mali. Transition générationnelle enfin et surtout, pour qu’à tous les niveaux de responsabilité, la créativité de la jeunesse soit mise au service de la patrie.

Mesdames et  messieurs,

         Camarades,

Les grandes transformations sont le fruit de la volonté et du travail des hommes. Elles nécessitent de l’organisation et de la confiance, confiance en nous, confiance entre nous, confiance dans notre Etat. Construire des institutions fiables, respectables et respectées est un préalable au développement. Sans ces outils, nous savons désormais que notre destin peut brutalement être pris en otage.

Voilà les grandes réformes que le suffrage du peuple invitait à conduire avec diligence et légitimité ! Et qu’il est temps, bien temps d’entreprendre. Parce que sans une République affirmée, sans un Etat respecté, sans une Démocratie assurée, sans une vie politique guidée par l’intérêt général, sans un développement équitable et visible, il est fort à craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets, que la Nation s’efface devant les intérêts privés et les particularismes destructeurs.

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

C’est sous le bénéfice de cette vision que nous avons choisi de parler de l’Accord pour la paix et la réconciliation, des élections locales et régionales, parce qu’ils illustrent le malaise politique et social. Notre position sur l’accord est connue. Nous sommes fortement préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire, en dépit des efforts des groupes armés, des FAMA et de la force Barkhane. Nous partageons les souffrances et la soif de paix de nos populations où qu’elles se trouvent. Comme tous les Maliens, nous souhaitons ardemment la paix et la réconciliation, nous saluons les efforts de la Minusma et encourageons les rencontres intercommunautaires. Mais il nous apparaît qu’une paix juste et durable ne peut résulter que d’un véritable dialogue inter-malien, seul porteur «d’une vision partagée de ce que nous avons été, de ce que nous sommes et de ce que nous voulons devenir».

Nos travaux tenterons certainement de comprendre pourquoi l’Accord ne traite ni de l’économie criminelle, ni du terrorisme ; de cerner et d’analyser les difficultés d’application, de délais et les responsabilités y afférentes.

En attendant, comment introduire vision, projet et légitimité, pour que l’accord de paix devienne porteur d’avenir pour le Mali entier, dans son unité, sa dignité, sa sécurité et sa prospérité ? Nous réfléchirons sur une dynamique incluant les aspects principalement sécuritaires et la conférence d’entente nationale.

La stabilisation du terrain commande une mise en œuvre rapide des mesures sécuritaires, que les groupes armés se démarquent du terrorisme, du narcotrafic. La diligence du cantonnement et des patrouilles mixtes facilitera les opérations de sécurisation, les reconstructions d’urgence et favorisera le retour des réfugiés.

La Conférence d’entente nationale peut-elle être un espace de dialogue inter-malien refondateur ? Certainement pas telle que profilée dans l’accord en raison de son objet, sa composition, et l’extrant attendu. La Conférence d’entente nationale n’a aucun pouvoir de modification ou de réécriture de l’accord au regard de l’exigence de refondation institutionnelle et républicaine. Sauf à convenir avec les parties que sont le gouvernement et les mouvements d’une telle démarche et de ses implications sur l’Accord.

La «refondation républicaine qui permettra à chacune et à chacun de trouver dans la dignité, l’équité et la justice, la place qui lui revient au sein de notre nation unie et plurielle» est essentielle au devenir de notre nation.

Dans cette démarche, la République est l’anse la plus sûre de notre processus de sortie de crise, parce qu’elle est «le ciment des communautés du Nord», le ciment de toutes nos communautés. C’est la République qui fait de nous, et avant tout, des «citoyens maliens de culture peulh, sonrhaï, bamanan, touareg, soninké, arabe, bozo… ». Des citoyens égaux et respectés au Nord, comme au Centre, au Sud… et qui, dans la fraternité républicaine devront contribuer à l’ordre public républicain, dans la diversité, la cohésion sociale et trouver là les ressorts d’un avenir à inventer et construire ensemble.

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

Voilà des mois que nous attendons que le Gouvernement explique clairement sa vision de l’avenir des institutions de notre pays, qu’il nous dise comment il entend conduire les implications constitutionnelles, législatives et règlementaires du dispositif institutionnel de l’Accord. La  Déclaration de politique générale du Gouvernement actuel parle de révision constitutionnelle sans préciser la réforme qu’il entend proposer et, à date nous n’en savons toujours rien. À ce rythme, le risque est élevé de précipiter le pays dans une succession de consultations électorales jusqu’en 2018. Aussi, nous invitons le Gouvernement à dire clairement à notre peuple quelle est la perspective, au lieu de s’égayer dans de prétendues relectures de textes au niveau de différents ministères.

 

Mesdames et messieurs,

 Camarades,

Quand nous parlons d’Etat stratège, d’aucuns y voient seulement  défense et sécurité, mais c’est également une autre vision de l’action étatique, celle au service du citoyen parce que l’Etat est et doit être l’expression de la Nation. Comment ne pas alors intégrer le rôle, la place des populations et des territoires, comment irriguer intelligemment l’administration du territoire avec l’esprit d’institutions locales auxquelles les gens croient et se donner les moyens de l’intervention citoyenne et démocratique. C’est dans cet esprit que nous envisagions de  redonner du sens à notre processus de décentralisation pour franchir de nouveaux paliers.

Un meilleur équilibre et une plus grande complémentarité entre les régions dans le cadre d’une vision globale et stratégique de l’aménagement du territoire, visant à réaliser des opportunités égales pour tous et à préparer le pays au décollage économique. Elle s’inscrira dans une vaste concertation démocratique pour un aménagement du territoire équilibré. Cette concertation conduira à l’élaboration d’un schéma national d’aménagement du territoire et d’une charte nationale d’aménagement du territoire qui garantiront la préservation de l’environnement et seront fondés sur l’efficience économique, la bonne gouvernance et la recherche de compétitivité. L’articulation entre l’agriculture, l’industrie, les services et le commerce sera impulsée, développée, soutenue. Les disparités, les clivages, les inégalités entre régions et à l’intérieur même des régions seront peu à peu effacés. Toutes ces initiatives, bien entendu, c’est de l’emploi. C’est aussi de la richesse, une richesse qui contribuera à faire vivre une nouvelle étape de la décentralisation fondée sur la «régionalisation économique».

C’est de la solidarité avec le développement régional et local des services publics de santé, d’enseignement, de formation, de protection sociale. C’est de la fraternité entre toutes les composantes de notre peuple, engagées à égalité pour le développement de la nation, reconnaissant concrètement le bénéfice qu’elles tirent de notre unité. C’est de la citoyenneté, car de telles innovations ne peuvent vivre sans faire appel à la créativité et au travail des acteurs les plus divers. Ce type de cercle vertueux implique une bonne qualité de la gouvernance aux niveaux national, régional et local.

Voilà les termes de nos débats sur les enjeux, défis et perspectives des élections, voir des questions locales et régionales. Nous devons les approfondir, en lien avec la refondation de notre Etat, de nos institutions et de la révolution citoyenne à opérer.

 

Mesdames et messieurs,

Camarades,

Plus que par le passé, nous mesurons avec notre peuple, le prix de la liberté conquise en mars 1991. Combien elle est essentielle à notre existence et à notre épanouissement en tant que Peuple, en tant que Nation unie et plurielle, en tant que Citoyen.

Prenons garde aux dérives et attitudes qui érodent au fil des jours, les principes, les  libertés et les valeurs qui fondent la République.

Ces conquêtes doivent être défendues par tous les républicains et démocrates de quelque bord qu’ils soient. La participation, le dialogue et le débat ouvert et public doivent être remis au cœur d’une action politique rénovée et répondant aux préoccupations concrètes des Maliennes et des Maliens. L’ouverture des médias d’Etat, singulièrement  de l’ORTM,  aux débats publics, à l’égal accès, la marge de traitement par les journalistes sont les corollaires de la liberté politique. Au lieu d’y répondre, on oblige l’ORTM et ses agents à servir à nos concitoyens une télévision d’un autre temps. Cela est-il étonnant quand depuis 1991 la dénomination de «ministère de l’information» n’avait plus court, elle vient de ressurgir en 2013 ! On se demandait pourquoi ? Maintenant on sait ! Il est temps de libérer l’ORTM.

 

Mesdames et messieurs,

Camarades,

Nous ne cesserons pas de rappeler que sans la neutralité de l’armée, de l’administration, de la religion dans le jeu politique, l’unité de la nation et la paix civile sont en grave péril. Cette neutralité doit être protégée, préservée, éventuellement rétablie.

Nos mosquées, nos églises, nos cercles de pensée, nos casernes, nos administrations accueillent des Maliennes et des Maliens de tous bords. Ces institutions traversent toute la société. Si d’aventure et par malheur elles s’engagent pour un camp politique, elles disent aux autres : vous n’êtes pas de bons croyants, de bons patriotes, de bons citoyens. C’est introduire dans notre société et dans notre démocratie des germes de division qui peuvent être destructeurs, comme on le voit aujourd’hui dans d’autres pays. Notre histoire ancienne et beaucoup de nos coutumes nous inspirent l’esprit de tolérance et d’unité. Ne dilapidons pas ce précieux trésor.

Mesdames et messieurs,

Le vote des Maliens est tout aussi précieux et nous devons le protéger contre toutes les ingérences, contre la fraude et la corruption électorales. Nous devons dès maintenant promouvoir la tenue d’élections libres, justes et transparentes devant traduire la volonté authentique exprimée par le Peuple malien.

 

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

La semaine de lutte contre la corruption et la délinquance financière vient de s’achever. Nous indiquions au pouvoir en place lors de notre Congrès une série de mesures,  mais nous étions loin de penser que la période dédiée à cette lutte, allait être celle de tant de scandales !

Nous avons tous à l’esprit de multiples exemples où l’Etat est considéré comme une proie, soit comme un outil de prédation. Ce lourd problème ne touche pas seulement les agents de l’Etat. D’une certaine manière, c’est toute la société qui doit faire sa révolution citoyenne. La fermeté nécessaire ne pourra donner des résultats que si tous prennent part à cette mue profonde, à commencer par les gouvernants.

Il faudra en effet aller beaucoup plus loin, beaucoup plus profondément,  pour réussir ce pari. Nous devons notamment identifier, analyser et faire converger les innombrables initiatives du Mali qui travaille, du Mali honnête et consciencieux. C’est sur ces «piliers d’intégrité» que se construira la démocratie respectable et respectée dont le pays a besoin.

Pour réussir ces chantiers, je compte en premier lieu sur les nouvelles générations. Cette jeunesse ardente est l’atout principal de notre pays. Certes, nos jeunes sont traversés comme nous tous par les faiblesses et les doutes qui nous empoisonnent. Quand ils condamnent la corruption, certains pensent «à quand mon tour ?», plutôt que de chercher une issue collective et raisonnée à ce mal qui englue toute la société. Mais ils sont suffisamment nombreux, ces jeunes,  à porter l’espérance d’un Mali honnête, travailleur, inventif et confiant pour nous donner l’espoir que très vite la crise actuelle sera derrière nous.

 

Mesdames et messieurs,

Parlant de jeunesse, au parti FARE, la seconde devise c’est pour et avec les jeunes. Parce qu’une société qui s’isole de sa jeunesse brise sa chaîne de vie et se retrouve dès lors condamnée à se vider de ses forces vives.

Mali horizon 2030, j’y crois d’abord parce que je crois en notre jeunesse, des millions de jeunes, c’est autant de millions d’opportunités de création de richesses et d’emplois, autant de millions de concitoyens pleins de créativité, d’appétit de la vie, d’ouverture à la modernité. La première des solidarités qui fondent notre civilisation, c’est celle qui unit les générations, le respect et l’amour entre les enfants et les parents. Reliée au monde, décomplexée, inventive, révoltée parfois, elle porte les espoirs de Mali horizon 2030, un projet conçu avec elle et pour elle et que nous ne conduirons pas sans elle.

Cela parce que nous sommes assaillis de problèmes quotidiens, mais leur solution ne se construit pas au jour le jour. Voyons loin ! Avec cet ambitieux programme d’action, nous voulons établir un pacte d’avenir, un engagement fort et contrôlable qui fait appel à toutes les forces du pays. Donner à notre pays les institutions, les capacités humaines et la puissance économique qui lui permettront d’ouvrir une nouvelle page dans son histoire millénaire.

Mesdames et messieurs, il y va de l’avenir de notre pays, de sa jeunesse, il y va de la cohésion de notre peuple. Et c’est bien l’honneur du responsable politique selon moi que de préserver cette cohésion, de l’encourager, de la créer. Que serait cette cohésion si les générations ne se sentent solidaires, si Hommes et Femmes ne se vivent comme complémentaires, égaux et animés par le même idéal collectif ; que serait-elle sans valeurs communes, sans l’idée que nos différences ne sont que sources d’enrichissement et non prétexte à tensions ou affrontements.

Combien de fois avons-nous entendu parler de conflits de génération, combien de fois avez-vous entendu évoquer les clivages entre jeunes et vieux ? Arrêtons de voir ainsi les choses. Cette vision n’a pas d’avenir. La modernité aujourd’hui, elle se résume en un mot : la transmission. Mais pas dans un seul sens. Dans les deux. Le plus jeune demande l’espace dit le sage. Le plus vieux demande le temps. Le plus jeune a l’appétit et l’imagination, ai-je envie d’ajouter. Le plus vieux a la sagesse et le recul.

Sachons faire s’accorder les uns et les autres pour le bien de tous. Sachons faire émerger des dynamiques de réciprocité. Sachons faire exister et vivre une relation entre générations, sachons prendre conscience de nos apports mutuels, partager nos projets, nos passions, nos engagements, nos connaissances et faire naître dans le respect de nos valeurs ce lien solidaire qui avec le temps cimentera notre destin commun.

Mesdames et messieurs,

         Camarades

La défense est affaire de la Nation et la Nation doit en connaître. Il n’y a pas de transition institutionnelle sans transition sécuritaire par la refondation de notre système et de nos forces. De manière qu’en tous temps, la rébellion séparatiste, le terrorisme, la criminalité trouvent en face d’eux l’Etat républicain, son armée, sa police, sa justice.

En saluant l’engagement de l’Union européenne au service de la formation de nos soldats et les progrès notables accomplis par ces derniers, nous relevons que dans le domaine du renseignement et de la mobilité des forces, nous avons d’importants progrès à faire. Voilà ce que devrait entre autres, traduire et réajuster constamment la Loi d’orientation et de programmation militaire.

En saluant aussi, la détermination des forces armées et de sécurité, le Gouvernement doit accentuer les efforts pour les mettre en situation d’assurer la défense et la sécurité de l’ensemble du territoire, de doter le pays d’une architecture efficace de gestion de la crise sécuritaire, mieux anticiper par la coordination du renseignement, rapidité et efficacité des opérations pour «inverser le principe d’incertitude».

Face au terrorisme, la réponse n’est pas que sécuritaire, elle doit être aussi économique, culturelle et sociale.

Elle doit s’articuler autour d’une vraie politique globale de notre géographie, forte, cohérente et adaptée à notre responsabilité dans la stabilité de notre sous-région. D’où la nécessité de lutter contre l’insécurité dans la zone sahélo-saharienne avec une coordination des efforts, que devrait assurer la mise en œuvre diligente de la Charte de fonctionnement du partenariat militaire de coopération transfrontalière (PMCT) des forces armées des pays du G5 du sahel.

 

Mesdames et messieurs,

         Camarades,

Vous qui avez fait le choix de l’action et de l’engagement pour le renouveau démocratique,

Vous  qui avez lancé un appel aux Patriotes, Républicains et Démocrates pour qu’ils se rassemblent avec la volonté de redonner confiance à notre Peuple,

Vous qui avez placé votre engagement sous le signe de la détermination pour préparer l’avenir, de l’autorité pour protéger chacun et de l’impartialité pour renforcer la justice,

Savez plus que quiconque, que demain sera une chance pour le Mali, un Mali de l’effort, du labeur et du mérite.

Que DIEU vous garde et bénisse notre pays.

AN KA WULI

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3 COMMENTAIRES

  1. Modibo sidibé fait comme si lui vient seulement de naïtre au Mali. Cet état délabré et incapable que vous décrivez et denoncez est le fruit de vos 20 ans au pouvoir. Sous vous comme premier ministre et ATT président; tous deux généraux, l’état du Mali n’avait plus d’armée, aucun moyen de combat aérien pour un territoire de 1 241 000 Km carré. Cela nous vous le pardonnerons jamais. Alors cessz de parler d’état fort ou d’état de ceci ou cela après une telle forfaiture.

  2. Votre bande de pédés là laissez nous tranquille quand le salaud de Modibo Sidibé était premier ministre pourquoi n’a t-il pas fait ou proposé cela au président IBK. Bande d’hypocrites!

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