Mody N’diaye à propos de loi sur le genre : « Il est très difficile d’appliquer ce mécanisme… »

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L’Honorable Mody N’Diaye de l’Urd
L’Honorable Mody N’Diaye de l’Urd

La deuxième édition de l’émission “Dialogue des générations”, initiée par la Maison de la presse en partenariat avec Malitel, s’est tenue le samedi 14 novembre dernier. L’invité du jour, Mody N’Diaye, a partagé ses expériences, dont son passage au service national des jeunes. Occasion aussi pour le troisième vice-président de l’Assemblée nationale d’émettre des réserves quant à l’applicabilité de la nouvelle loi sur le genre, adoptée la semaine dernière à l’hémicycle.

La Maison de la presse a accueilli le deuxième numéro de l’émission « Dialogue des générations » animée par Lanfia Sinaba qui, d’entrée de jeu, rappela que cette émission a pour objectif d’alimenter le dialogue entre les différentes générations. L’invité, Mody N’Diaye, est un Inspecteur des finances de classe exceptionnelle qui a commencé à servir dans l’administration depuis le 1er janvier 1985. Ce, après l’obtention d’un diplôme en économétrie à l’Ecole nationale d’administration d’où il est sorti major de sa promotion. Cependant, nous apprend-il, avant de commencer sa carrière professionnelle, il passa deux années au service national des jeunes (au centre de Kati) et en sortira avec le brevet de préparation militaire. Aujourd’hui, Mody estime que l’on devrait revenir à cette pratique qui participe à l’éducation civique des jeunes. Mieux, il croit que les fonctionnaires et autres auraient pu s’organiser pour faire face à la situation en 2012, s’ils avaient été formés au maniement des armes. Après cette formation, le jeune Mody n’était pas au bout de sa peine. Il est, en effet, mobilisé, comme bien d’autres, dans l’armée malienne pour défendre la patrie lors de la guerre Mali-Burkina Faso. « La veille du 25 décembre 1985, nous avons été mobilisés dans les camps, parce que l’armée malienne avait lancé les offensives contre le Burkina. On devait assurer la sécurité de tous les points stratégiques de Bamako (centre émetteur, les ponts, les hôpitaux…) ». Après cela, précise-t-il, « j’ai été décoré médaillé commémoratif de la campagne 1985 ». Entre 1986 et 2007, le futur élu débuta une riche carrière. D’abord affecté à l’Institut de productivité et de gestion prévisionnelle (son premier service), où il servira de 1986 à 1990, il occupera successivement les postes de chef de division matériel équipement à la Daf du ministère de la culture ; directeur financier et comptable à l’office national de la poste ; Daf au ministère des mines, de l’énergie et de l’hydraulique ; conseiller technique au ministère de l’industrie du commerce, chargé des questions industrielles ; PDG de la Société nationale des tabacs et allumettes du Mali (Sonatam) ; Secrétaire général du ministère de l’Industrie, du Commerce et des Transports.

Natif de Barouéli (région de Ségou), qu’il représente à l’Assemblée nationale, Mody N’Diaye, est à son deuxième mandat au sein de l’Hémicycle. Celui que l’on voit souvent au pupitre défendre les positions tranchées de l’opposition, commença sa carrière politique à l’Assemblée nationale en 2007 en tant qu’indépendant. Trois ans plus tard, il rejoint, sur décision de sa base, l’Union pour la République et la démocratie (URD). Au sein de l’Assemblée nationale malienne, Mody N’Diaye a occupé les postes de vice-président de la commission de Contrôle et rapporteur général de la commission des Finances, de l’Économie, du Plan et de la Promotion du secteur privé. En 2014, il est désigné président du groupe parlementaire Vigilance républicaine et démocratique (VRD), avant de devenir, en la faveur du renouvellement du bureau, 3è vice-président de l’AN.

Concernant l’adoption de la loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives, Mody estime que: «ce projet de loi pouvait être amélioré. Par ce qu’en l’état actuel, entant qu’homme politique, je pense qu’il est très difficile de façon uniforme d’appliquer ce mécanisme-là partout. Vous savez dans certaines zones, quel que soit ce que vous faites, vous n’aurez pas de femme sur votre liste. Chaque localité du Mali a ses réalités socioculturelles…Donc, il fallait, à mon avis, plutôt introduire un mécanisme d’incitation… »

IBD

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