Nouveau gouvernement : Le chef de l’état fixe le cap et définit les priorités

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Lors du Conseil des ministres d’hier, Ibrahim Boubacar Keïta a résumé, dans son intervention, les principales préoccupations des Maliens : la situation sécuritaire, la crise de l’école, l’accès à une justice équitable, le dialogue politique et social, le développement

Le contexte actuel en dit long sur l’étendue et la rudesse des tâches qui incombent à l’équipe gouvernementale de Dr Boubou Cissé. Elle doit exceller dans la lutte contre l’insécurité, œuvrer à sortir l’école malienne de l’ornière, garantir une meilleure distribution de la justice et forger une union des cœurs et des esprits autour de la patrie. Telle une feuille de route, ces priorités du moment ont été portées à la connaissance des membres du gouvernement par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, lors du tout premier Conseil des ministres.

Pour l’occasion, tous les membres du gouvernement étaient présents au palais de Koulouba. Boubacar Alpha Bah, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a ouvert le ballet des arrivées. Il était 9 heures 20 minutes. Amadou Thiam, ministre des Reformes institutionnelles et des Relations avec la société civile et Oumar Hamadoun Dicko, ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique ont suivi. Ensuite tout s’est accéléré. Les membres du gouvernement ont fait leur entrée dans la salle du Conseil des ministres où ils seront rejoints par le Premier ministre puis le président de la République.

Ce premier Conseil, comme l’on s’y attendait, fut l’occasion, pour le chef de l’Etat, de fixer le cap et de définir les priorités du moment. Dérogeant à ce qui paraît être la règle – lecture d’un discours -, Ibrahim Boubacar Keïta a laissé parler son cœur durant 25 minutes. L’intervention condense les principales aspirations des Maliens, aujourd’hui préoccupés par la situation sécuritaire, la crise que traverse l’école, l’accès à une justice équitable, le développement.

Le chef de l’Etat a d’abord planté le décor en rappelant le contexte difficile que vit notre pays, tout en exhortant les ministres à l’engagement au service de la patrie en ce moment d’épreuves. « Je la sens, cette équipe-là et je suis convaincu qu’elle portera loin le projet Mali », a laissé entendre Ibrahim Boubacar Keïta qui enchaînera sur les tâches prioritaires auxquelles l’équipe du Dr Boubou Cissé devra s’atteler. L’une des urgences est de travailler à la sécurisation et à la stabilisation, notre pays étant en voie d’être déstabilisé par le terrorisme qui est également à l’œuvre au-delà de nos frontières. «C’est la mode, c’est le destin de l’humanité», a déploré le président de la République, soulignant qu’il n’y a aujourd’hui aucune parcelle du globe qui soit d’une stabilité absolue.

VECTEUR AÉRIEN – Dans la foulée, Ibrahim Boubacar Keïta est revenu sur le rôle éminemment important du G5 Sahel dans la préservation de la stabilité mondiale. Selon lui, l’espace du Sahel est aujourd’hui une digue. Raison pour laquelle, il ne s’explique pas que «nous soyons encore à compter les ressources», depuis la création du G5 Sahel. Ainsi, Ibrahim Boubacar Keïta a réitéré son appel pour un appui plus accru à l’organisation sahélienne afin qu’elle puisse faire face efficacement au terrorisme. Spécifiquement, il a souhaité que la Force conjointe du G5 soit placée sous le chapitre 7 des Nations unies afin de lui assurer un financement pérenne et lui donner un mandat vigoureux et approprié. Dans la même veine, Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé les efforts faits au niveau national pour un renforcement qualitatif et quantitatif des forces de défense et de sécurité. Cela dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi de programmation militaire qui aura notamment permis à notre armée de se doter de vecteur aérien. « Mais, il nous reste encore énormément à faire », a concédé le présidant Keïta, affirmant avoir également vite compris que les fragilités sociales de développement ont contribué à faire le nid du terrorisme. Et c’est d’ailleurs ce constat qui a motivé la conception et la mise en œuvre d’un plan de sécurisation intégré des régions du Centre. «Donc, dira-t-il, la tâche nous la savons et nous la conduisons».
Ibrahim Boubacar Keïta a estimé cependant que les efforts resteront sans impacts réels, si les cœurs ne sont pas à l’unisson. Travailler à l’union des cœurs, constitue la mission la plus sensible confiée à l’équipe de Dr Boubou Cissé par le chef de l’Etat. Elle doit réussir à faire en sorte que «ce pays qui fut UN, tout au long de l’histoire, puisse demeurer UN, indivisible, fraternel et convivial».

Sur le même registre, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de faire en sorte que «le souhait national de nous retrouver» se concrétise rapidement. «Nous nous réunirons sous le grand baobab», a-t-il souhaité, tout en instruisant au gouvernement d’organiser «cela et de la mettre en œuvre pour que les enfants du Mali se parlent». Ibrahim Boubacar Keïta veut un cadre d’échanges ouvert et où tous les sujets seront abordés. Mais, a-t-il prévenu, «il reste entendu qu’il ne s’agit pas et il ne saurait jamais s’agir d’un troisième tour électoral». Aussi, le chef de l’Etat accorde une place insigne à la justice qui doit être envisagée autrement que par des déceptions. «Que l’on envisage comme le lieu où on est assuré que son droit sera dit en des termes justes et équitables…». Autre préoccupation : la situation de l’école malienne. Elle doit retrouver sa renommée d’antan. « En somme, la tâche de cette équipe est sûrement l’une des plus difficiles», a reconnu le chef de l’Etat qui est cependant convaincu qu’elle réussira. «Je souhaite qu’en le sein du gouvernement, il y ait le plus grand esprit d’équipe, pas de jeu en solo. Personne ne se sauvera sans les autres», a-t-il prévenu.

Une séance de photo de famille a mis fin à ce premier Conseil des ministres.

Issa Dembélé

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