Sale temps pour la transition et ses soutiens

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Le régime transitoire en cours au Mali depuis mai 2021 et qui devrait prendre fin en février 2024, sous le col. Assimi Goïta, est appelé à faire face à certains problèmes ayant contribué à la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keita.

Ces dernières semaines, les choses semblent prendre une nouvelle tournure jetant ainsi un doute sur la constance du soutien dont bénéficiait, depuis son avènement, le régime dirigé par le col. Goïta. Au point de menacer la stabilité du régime qui doit désormais faire face à d’anciens problèmes. Nous assistons, depuis quelque temps, à une déchirure au sein des soutiens de la transition.

Le mardi 15 novembre 2022, certains groupes de la société civile, à Kati, qui est le fief du régime de la transition et considéré comme le premier soutien du régime, ont organisé une manifestation de protestant contre Adama Diarra dit Ben Le Cerveau qui est par ailleurs membre du Conseil national de Transition et l’un des soutiens du régime d’Assimi Goïta.

Cette manifestation, pendant laquelle les manifestants ont demandé la démission pure et simple d’Adama Diarra dit Ben Le Cerveau, fait suite à un audio attribué à M. Diarra dans lequel il aurait tenu des propos accablant le régime de la transition, notamment le président col. Assimi Goïta, et jugés inacceptables par d’autres soutiens.

Au-delà de cette mésentente au sein de leurs soutiens, les autorités de la transition devraient faire face aux grèves incessantes qui s’annoncent et qui ont contribué à la déstabilisation du régime d’IBK. Ainsi, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le principal syndicat pour la défense des droits des élèves et étudiants au Mali, fut la première à mettre fin à la trêve observée par les syndicalistes depuis l’imposition des sanctions en janvier 2021.

À la suite d’une grève de 144 heures soit 6 jours au niveau de l’enseignement supérieur, l’AEEM a décidé d’entamer, le lundi 21 novembre 2022, une nouvelle grève de 120 heures soit une semaine du niveau fondamental jusqu’au niveau supérieur. Après le syndicat des élèves et étudiants, le Syndicat autonome des greffiers (SYNAG) a, à son tour, déposé un préavis de grève de 72 heures allant du mercredi 07 décembre 2022 au vendredi 09 décembre 2022, reconductible à partir du lundi 12 décembre jusqu’au vendredi 16 décembre 2022. Le Synag menace de donner un caractère illimité à sa grève à partir du lundi 19 décembre 2022, si les négociations n’aboutissaient pas.

Alors que certains Maliens commençaient à les oublier, les syndicats des enseignants viennent d’annoncer, le 19 novembre 2022, dans un communiqué, la reprise très prochaine de leur lutte pour l’application de l’article 39.

La Synergie des syndicats de l’éducation signataires de l’accord du 16 octobre 2016, après la suspension de sa grève, comme beaucoup d’autres syndicats, en janvier 2022, en signe de patriotisme et de soutien à la transition, après l’imposition de l’embargo sur le Mali, menace de nouveau d’aller en grève de 72 heures soit 3 jours allant du mercredi 14 décembre 2022 au vendredi 16 décembre 2022. Si l’article 39 de la loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 n’est pas immédiatement appliqué. Rappelons que l’inapplication de cet article 39 fait partie des faits qui ont mis à mal l’ancien régime.

En plus des situations susmentionnées, les autorités de la transition doivent, très urgemment, prendre en main la cherté de la vie qui commence à faire couler beaucoup d’encre et qui affecte la partie essentielle de la population, au risque de se voir contester dans la rue. Il urge de prendre des mesures fortes pour stabiliser les produits de première nécessité.

 Fadiala N. Dembélé            

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3 COMMENTAIRES

  1. Cette transition a échoué depuis le second coup d’état car les traîtres sont revenus après avoir mis le pays en genou, ils se sont montrés des patriotes de la 25 è heure, aucun de ces nouveaux patriotes n’a son enfant qui étudie au Mali ils sont tous à l’étranger soutenus par l’argent volé aux contribuables maliens, le mensonge ne dure jamais.

  2. On peut comprendre l’impatience du peuple. Reconstruire le Mali est une tâche longue. Nos ennemis se montrent plus belliqueux voyant notre redressement se faire.

    Il faut que le peuple ait la patience et participe d’un seul corps en soutenant sans faille la transition. Il ne doit pas se laisser détourner des objectifs de la transition par des politiciens corrompus et des syndicalistes qui ne peuvent plus détourner de l’argent tranquillement. Ce sont des ennemis du peuple et le Malien, conscient de la chance qu’est la transition, ne se laissera plus berné.

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