Conférences thématiques de l’ONDD sur le COVID19 : Impact sur l’emploi ; l’éducation et l’économie numérique : stratégie de résilience et opportunité dans un contexte de COVID19

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Du 23 au 25 septembre 2021, l’Observatoire national du Dividende démographique (ONDD) à travers le Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire, avec l’appui du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), du Projet SWEDD, de l’École nationale d’Administration (ENA) ont organisé trois conférences thématiques la COVID 19 au Mali à l’ENA. Ces trois jours de conférences ont connu la participation des élèves fonctionnaires de l’ENA, des travailleurs de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile, des centres de recherches et des organisations partenaires au développement.

Le monde fait face depuis décembre 2019 à l’expansion de la maladie à Corona virus dont le premier cas a été constaté au Mali le 23 mars 2020. Face à la pandémie, le Gouvernement a pris plusieurs mesures pour la prévention, la prise en charge et la mitigation de ses effets sur le plan social et économique. Des ressources ont été mobilisées grâce à des réallocations budgétaires, des contributions des acteurs nationaux et un concours des partenaires au développement pour gérer et mitiger les effets de la crise sur les conditions de vie des populations, en particulier les plus vulnérables.  Au regard de l’ampleur des effets attendus sur tous les secteurs de la vie économique et sociale, il est opportun d’amplifier les réflexions et les échanges en lien avec la crise de la COVID 19 au Mali. Il est indéniable que pour adresser efficacement les effets de la pandémie, il faut disposer de données et d’analyses approfondies, avec la participation de tous les acteurs pouvant apporter une contribution à la compréhension de ces effets et des recommandations utiles pour la mise en œuvre d’un plan de riposte et de relèvement post-COVID (gouvernement, société civile, universités / centres de recherches, syndicats, partenaires au développement…).  A titre d’illustration, elle pourrait être le cadre d’échanges sur les effets de la crise sur les secteurs de l’agriculture, du commerce, de la migration, de l’éducation, de la santé, des finances…, au-delà des effets sanitaires. Les échanges se sont tenus suivant une forme hybride (présentielle et virtuelle) pour tenir compte des mesures de prévention contre la COVID et faciliter la participation d’un plus grand nombre d’acteurs.

C’est en cela, l’ONDD a initié les conférences sur les thèmes « Effets de la COVID 19 sur l’offre et la demande de travail au Mali », « Effets de la COVID 19 sur le système et les performances du secteur de l’Éducation au Mali » et enfin « Économie numérique : stratégie de résilience et opportunité dans un contexte de COVID19 » Explique-t-il le Directeur Général de l’ONDD M Sadou Doumbo.

Effets de la COVID 19 sur l’emploi au Mali : il y’a eu 43, 6% de perte d’emploi et 4844 demandent de licenciement dans le secteur privé…

C’est l’information qui ressort de la première conférence thématique qui s’est tenue le jeudi 23 septembre sur le thème : « Effets de la COVID 19 sur l’offre et la demande de travail au Mali » avec des intervenants identifiés parmi les chercheurs, les cadres de l’administration et les organisations syndicales des travailleurs et des chercheurs. Il s’agit de : M. Monzon TRAORE, chercheur, Consultant ; M Youssouf Cissé Directeur de l’Entreprenariat national, de l’emploi et de la formation professionnelle du District de Bamako ; M. Douty COULIBALY, expert du Comité d’Analyse et de Recherche Syndicale (CARES – Mali) ; M. Mamadou N’DIAYE, Conseil national du Patronat du Mali.  Avant que les conférenciers aient se prononcer sur le thème, une présentation du contexte a été présenté M Sekou Haidara de l’Institut national de la Statistique (INSTAT).

Car selon les conférenciers, la pandémie de coronavirus survenu dans notre pays à partir de mars 2020 a eu de nombreuses et importantes répercussions sur le secteur de l’emploi et les revenus des ménages. A cela s’ajoute les effets des mesures gouvernementales et internationales : fermeture des commerces/entreprises familiales ; perte de clients ; couvre-feu ; fermeture des frontières et interdiction des grands rassemblements. Et c’est qui a fait qu’on a enregistré de Mai à juillet 2020 ; 43, 6% de perte d’emploi ou arrêt de travail dont 4844 demandent de licenciement dans le secteur privé plus précisément dans les domaines du BTP, Hôtellerie et mines. S’ajoute à cela la fermeture de 12 centres publics avec 924 apprenantes et 260 centres privés.  A ce que l’on sache des conférenciers, c’est le secteur informel qui a été le plus touché sur l’effet de la covid19.

Effets de la COVID 19 sur l’éducation : plus de 3,9 millions d’élèves et étudiants et plus de 134 mille enseignants ont été concernées

La deuxième conférence thématique a porté sur l’Effets de la COVID 19 sur le système et les performances du secteur de l’Éducation au Mali ; sans savoir que dans le secteur de l’éducation, la pandémie de COVID19 conjuguée à l’instabilité politique, institutionnelle et sécuritaire que connaît le Mali affecte négativement tous les secteurs de développement dont l’éducation sur tout le territoire national.  Les fermetures d’établissements scolaires liées à la pandémie de Covid-19 ont eu un impact très variable sur les enfants du monde entier, tous ne disposant pas des mêmes opportunités, outils ou accès nécessaires pour poursuivre leur éducation. Selon l’UNESCO, en avril 2020, 1,4 milliard d’élèves dans plus de 190 pays – un chiffre sans précédent – n’ont plus été en mesure de se rendre dans leurs écoles maternelles, primaires et secondaires. De nombreux gouvernements, comme celui du Mali, ne disposaient pas auparavant des politiques, ressources ou infrastructures nécessaires pour déployer largement l’apprentissage en ligne de manière à garantir que tous les enfants puissent y prendre part égale.

C’est pour cela, l’expert INSTAT expliquera que 64% des enfants maliens n’ont pas participé à des activités éducatives et d’apprentissages pratiqués depuis la fermeture des écoles au niveau national et ce n’est que 21,3% des parents ou enfants étaient avec les enseignants par appels téléphoniques. Le comble est que la grande majorité des élèves ont été privés des cours.

Selon Dr Morike Koné, Enseignant – chercheur USSGB, avec la fermeture des écoles publiques, privées et confessionnelles, y compris les medersas, pendant trois semaines du 9 avril au 9 mai 2020 et puis prolongée jusqu’au 2 juin 2020. En outre, effet sur les acteurs de l’école, plus de 3,9 millions d’élèves et étudiants et plus de 134 mille enseignants ont été concernées. On estime que 142 523 au préscolaire dont 3 297 418 au fondamental ; 391 410 du secondaire et plus de 84 000 étudiants des établissements d’enseignement supérieur ont été touchés par la fermeture d’écoles.

Au niveau des enseignants, 134 408 enseignants et professeurs ont été touchés. Les centres d’apprentissage communautaires, les espaces d’apprentissage temporaires sont également fermés, ce qui affecte directement les enfants vivants dans les zones touchées par la crise sécuritaire (564 300 IDPS, rapatriés et enfants d’accueil dans le besoin)

La fermeture des écoles a entraîné la suspension des programmes d’alimentation scolaire, qui dans un contexte de fragilité comme dans le cadre de la crise du COVID et de la crise sécuritaire, constitue de filets sociaux importants pour les familles les plus vulnérables. L’impact à long terme des mois de scolarité et de nutrition perdus sera particulièrement grave pour les enfants des familles pauvres. Après de telles perturbations, les enfants vulnérables et marginalisés, y compris les filles, sont également plus susceptibles de quitter définitivement le système scolaire.

Économie numérique : stratégie de résilience et opportunité dans un contexte de COVID19

C’est avec le thème : « Économie numérique : stratégie de résilience et opportunité dans un contexte de COVID19 » que la série des conférences thématiques organisé par l’ONDD a pris fin, ce samedi 25 septembre 2021 à l’ENA.

Aux dires des intervenants M. Abdel Kader KY, Directeur national de l’Économie numérique ; M. Tidiani TOGOLA, Fondateur et Directeur Exécutif de la Fondation TUWINDI ; M. Mohamed Salia BONCANA, Contrôleur des Services publics, ancien Directeur adjoint de l’AGETIC et de Madame Nathalie SIDIBE, Open Street Map ; la crise sanitaire du COVID-19 a montré que le numérique était une solution efficace pour maintenir la continuité de l’État mais aussi facilité les interactions entre acteurs du développement, tant au niveau des institutions, des entreprises que des communautés. Ainsi, la Directrice du Bureau de la CEA pour l’Afrique de l’Est déclare que la pandémie de COVID-19 a changé nos méthodes de travail et cela doit être un accélérateur de la transformation numérique. Des secteurs tels que l’éducation, la santé, le commerce, les services, les évènements et les conférences ont connu une demande sans précédent en matière de technologie. Cette résilience repose en partie sur l’utilisation des technologies numériques qui, en se généralisant, ont offert au monde, de nouvelles façons de faire des achats, de servir la clientèle et de travailler à distance. La pandémie n’a fait qu’accélérer la transformation numérique qui était déjà amorcée dans le monde.

Pour M. Abdel Kader KY, le numérique n’est autre qu’une transformation de l’analogie sous format de chiffre tel que les clés USB… L’économie numérique est l’ensemble de moyens de production des outils de technologies (ordinateur, commerce en ligne…), c’est l’économie fournit grâce à ces outils. Car pour le numérique est une opportunité qui s’est imposé à l’homme.

Avec la pandémie du Covid à travers les explications des conférenciers, le télétravail s’est accentué, des opportunités ont été créés de faire des concerts, des matchs de football en lignes et les gens ont pu interagirent sans contact physique. Et des achats en lignes se sont beaucoup développés.

En croire au responsable de l’AGETIC avec la COVID, l’on a vu au Mali qu’on pouvait digitaliser l’administration malienne, travailler sans papier à travers les ordinateurs et cela nécessite désormais de numériser à 100% l’administration malienne   pour faire face à des éventuelles pandémies. Et que la seule vérité qui est là, l’économie numérique n’a pas de limite….

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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