Lancement de la Première Édition de la caravane « Autisme Tours»
La ministre de la Santé et du Développement social, Médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a procédé le 19 décembre 2025 à Bamako au lancement de la campagne de sensibilisation sur l’autisme.
Cette initiative de l’Association Autistes-Mali, engagée pour la sensibilisation, la prise en charge et l’inclusion des enfants atteints d’autisme, s'est déroulée au Mémorial Modibo Kéïta et a réuni différentes personnalités, des parents d’enfants autistes ainsi que des enfants.
Cette caravane est un projet visant à parcourir les six communes du district de Bamako afin de mieux informer et faire connaître ce handicap, mais surtout de briser le mythe et les tabous entourant l’autisme. Au cours de son intervention, la présidente de l’association « Autistes-Mali », Aïssata Wattara, a souligné qu’au Mali, comme dans le reste du monde, l’autisme reste très souvent mal compris, entouré de silence, de préjugés et de tabous. Elle a ensuite ajouté que la prévalence du trouble du spectre autistique oscille entre 60 et 100 cas pour 10 000 enfants en 2025.
Poursuivant, elle a rappelé qu’une étude menée à Bamako en 2014, basée sur les établissements de santé, donnait une prévalence de 4,5 %, ce qui est bien supérieur à la moyenne mondiale. Elle a également indiqué que 88,6 % des enfants autistes identifiés n'étaient pas scolarisés au moment de cette étude. « Mesdames et Messieurs, derrière ces chiffres, il y a de vraies vies hypothéquées, des familles plongées dans l’angoisse, des regards perdus, des exclus de l’école et des services », a-t-elle déclaré. Elle a noté que «parallèlement, il y a aussi des talents, des sensibilités, des forces silencieuses, des intelligences différentes qui ne demandent qu’une chose :
ÊTRE RECONNUES, RESPECTÉES et ACCOMPAGNÉES. »
Continuant ses explications, Mme Aïssata Wattara a indiqué qu’au cours des dernières années, la compréhension du fonctionnement des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme a connu un essor considérable. Cela inclut notamment le respect à leur égard et la capacité à mieux les outiller pour faciliter leur quotidien. Nonobstant ces progrès, face à une constante augmentation des cas, elle a estimé qu’il faut multiplier les efforts pour trouver des solutions crédibles et pérennes.
Toute chose que fait son association, qui, depuis sa création, s’est donnée pour mission de sensibiliser, de promouvoir le dépistage précoce et d’assurer une meilleure prise en charge des enfants autistes. Fidèle à cet engagement, l’association organise chaque année une série d’activités, dont des journées de sensibilisation et de dépistage, la distribution de matériel aux enfants autistes, et anime également des conférences-débats afin d’être leur porte-parole. « À travers cette caravane de sensibilisation, nous affirmons haut et fort que les enfants autistes ne sont pas un fardeau, mais au contraire une richesse qui ne se révèle que lorsque nous faisons collectivement le choix de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité. », a-t-elle lancé pour annoncer la caravane. Tout en précisant que « Autisme Tours » sera un cadre de sensibilisation, d’écoute et de rencontre pendant plusieurs semaines. Durant cette période, la caravane sillonnera les six communes du district de Bamako pour être à la rencontre des familles, des professionnels de la santé, des enseignants, des autorités locales et des leaders communautaires pour porter le message qu’un enfant différent n’est pas un enfant maudit, ni perdu, mais un enfant qui a besoin d’un regard adapté, d’un accompagnement spécifique et d’un environnement bienveillant, selon les dires de Mme Aïssata Wattara. Par ailleurs, elle a invité les décideurs à élaborer des politiques plus adaptées, à construire des structures de dépistage précoce et à renforcer les centres spécialisés avec des outils de dépistage précoce standardisés, ainsi qu’à mettre en place des dispositifs d’inclusion scolaire et professionnelle.
Quant à la ministre de la Santé et du Développement social, elle a souligné l’engagement du gouvernement à garantir la couverture sanitaire à tous les Maliens. Et, conformément aux États généraux de la santé engagés dans ce sens, qui visent à prendre en charge toutes les pathologies handicapantes et à améliorer le bien-être de l’ensemble des Maliens d’ici 2030, Médecin Colonel Assa Badiallo Touré a déclaré : « L’autisme n’est plus un problème individuel, c’est un enjeu de santé publique. Ensemble, faisons du Mali une référence en matière de prise en charge de l’autisme en Afrique et dans le monde pour construire une société respectueuse des forces et des défis de chacun. »
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net