Patrouilles mixtes Minusma-Fama à Bamako : oui à l’aide, non à la tutelle !

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[Reportage] Après l’attaque, Bamako peine à retrouver le moral
Dans les rues de Bamako, la vie reprend son cours. Mais la peur est bien présente. REUTERS/Joe Penney

Bon Dieu ! Notre pays se cherche, il est vrai, depuis trop longtemps. La  très hasardeuse visite de Moussa Mara à Kidal et sa suite dans l’impréparation la plus inconséquente nous coûtent très cher encore aujourd’hui. Après plusieurs années de vie en France et pour avoir connu  Israël, nous savons que la sécurité totale n’existe nulle part. Mais l’on peut toujours faire de son mieux. Nous avons salué l’intervention d’amis de la communauté internationale venus nous aider. Merci à eux pour le sang versé. Ce que nous nous ne comprenons pas et n’admettrons jamais, c’est que notre Mali soit mis sous tutelle. Oui à l’aide, non à la tutelle ! Dangereusement, le Mali s’achemine vers une mise sous tutelle.

 

Une gouvernance sans ambitions

 

Des gouvernants apatrides font couler leur peuple, nous en avons conscience. Le monde ne date pas d’aujourd’hui. La Minusma a créé sa radio qui couvre le territoire national. Nous ne voyons pas l’utilité de cette radio concurrente de l’ORTM. Pour ces communiqués et autres messages, pourquoi ne pas se servir de l’ORTM ? Créer par exemple une grille Minusma. Demain, la Minusma ouvrira sa propre chaîne de télévision. Nous n’en voyons pas l’utilité pour le Mali.

 

Certes, ceux qui seront payés grassement pour ces nouveaux jobs, qui y seront employés, seront briefés pour faire passer le message voulu par les têtes pensantes de notre mise sous tutelle. Ils le feront pour échapper à leur misère. Ils le feront parce qu’ils seront en lien de subordination. Ils le feront parce qu’au Mali, l’individualisme a tué le collectif. Notre Mali  est en danger. Attention, ce ne sont pas les cadres visibles de la Minusma qui décident. Que nenni ! Ceux qui décident, sont ceux mêmes qui décident dans l’ombre si tel ou tel secrétaire de l’ONU fera ou non plus d’un mandat. Le non-conformiste, Boutros Boutros Ghaly, ancien secrétaire de l’ONU, à l’unique mandat, en sait quelque chose.  Les cadres que vous voyez ne défendent que leur pain, leur contrat. Même Mongi Hamdy n’a aucun pouvoir. Eux sont sincères, mais hélas, ils ne comptent guère.

 

Une patrouille ailleurs

 

À Tenenkou, à Nampala, au Gourma, il n’y a pas une patrouille mixte pérenne Minusma-FAMAS. À Bamako, on impose à notre pouvoir corrompu des patrouilles mixtes depuis l’attentat de l’hôtel Radisson. Comme pour nous faire admettre que nous sommes des incapables. IBK, parce que invité à une visite d’État, fonce sans coup férir. Par méconnaissance ou par désintérêt du Mali ? Que sait-on ? Il est vrai, tant que nos gouvernants ne seront pas honnêtes, les Maliens ne parleront jamais de la même voix. Nos divisions nous fragilisent et nos ennemis nous asservissent. Aucune union nationale ne se réalise sur du faux. Bien  au contraire. Il est temps pour les flagorneurs récalcitrants, soucieux de leur pitance, de se réveiller et comprendre que notre avenir commun est en jeu.

Quand un hôte commence à trop s’affranchir, il est temps de lui rappeler cet adage qui dit en substance : «Faites comme chez vous, mais n’oubliez pas que vous êtes chez nous».

 

 

Boubacar SOW

                                                                                                            boubacarsow@hotmail.fr

 

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