Bakary Togola en difficulté depuis sa cellule : Ses émissaires peinent à vendre ses biens

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Inculpé depuis le 19 septembre 2019 pour atteintes aux biens publics et détournements de biens, Bakary Togola, ancien président de l’      APCAM, assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali qui est incarcéré à la maison centrale d’arrêt de Bamako, attend la fin de l’instruction du dossier et la fixation de la date de son procès. Dans cette attente, le supposé ou réel ami d’IBK broie du noir et pour cause.

Le nom de Bakary Togola est indissociable de celui du développement agricole du Mali, tant l’homme a marqué de son emprunt, la révolution agricole dans ce pays a vocation agro pastorale. C’est pourquoi, il a su conquérir le cœur du monde paysan qui a vu en lui un modèle. Et sans grande surprise, il devient le président de l’APCAM (Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali). Si cette fonction a permis au natif de Niamala de défendre l’intérêt de la corporation, elle lui a aussi servi de passerelle pour se rapprocher davantage du pouvoir et même d’outrepasser ses missions. L’on se souvient de ses multiples sorties pour défendre le président ATT jusqu’à la chute de ce dernier. Les maliens ont été sidérés par son revirement spectaculaire au profit du nouveau régime. En effet, il a continué a joué les mêmes rôles au profit d’IBK, au point d’être qualifié par beaucoup de compatriotes comme le plus grand laudateur de tous les temps au Mali. Qui ne se souvient pas de ses sorties ratées lors de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle de 2018. Ce soutien au candidat- président étant l’application de son engagement au préalable qui a été pris solennellement au cours de la journée paysanne de 2018, au cours de laquelle le roi du coton promettait que le monde paysan soutiendra la candidature d’IBK en vue de sa réélection. Pour ce faire, les paysans, à travers Bakary Togola ont promis le soutien physiquement, énergiquement et financièrement. La suite est connue de tous.

La période post-électorale et les déboires de Bakary Togola

Aussi bien pendant la campagne électorale qu’après les élections, la position d’IBK par rapport à la lutte contre la corruption et la délinquance financière n’a pas bougé d’un iota. Pour lui, chacun doit répondre de ses actes. Dans cette lancée, le roi du coton a été mis sous mandat de dépôt le 13 septembre 2019 suite à son inculpation pour atteinte aux biens publics et détournement de biens. Quelques heures après cette arrestation, les maliens ont été largement édifiés sur cette affaire suite à la sortie médiatique de Mamadou Kassogué, procureur de la république près le tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako, chargé du pool économique et financier. ‘’Nous avons décidé de l’ouverture d’une information judiciaire pour détournement de deniers publics, sur la base de faux et usage de faux, soustraction frauduleuse et autres malversations estimées à 9 462 152 071 Francs CFA entre 2013 et 2019. En qualité de PCA de la confédération, Bakary Togola est présumé principal auteur des faits’’. Il est bon de rappeler que c’est suite à une dénonciation anonyme envoyée au pool économique grâce à une correspondance dans laquelle, l’anonyme étalait toutes les malversations dont a fait l’objet la confédération des sociétés coopératives des producteurs du coton (CSCPCM). Plus d’un semestre après sa détention, l’ancien président de l’APCAM (il a été remplacé le 24 octobre 2019 par son 2e vice- président Mohamed El Moctar au cours de la 4e session extraordinaire de l’institution) continue avec ses déboires. Une première demande de libération provisoire pour raison de dégradation de l’état de santé de monsieur Togola introduite le 17 septembre 2019 par ses conseils, n’a pas eu de suite favorable, avant qu’une deuxième demande par les mêmes soins le 10 mars dernier, soit rejetée le 24 mars 2020. Celle-ci plaidait le droit de Bakary Togola (candidats aux élections législatives sur la liste d’alliance RPM-URD- MPM dans la circonscription électorale de Bougouni) d’être traité sur le même pied d’égalité que tous les autres candidats.

Avec son état de santé fragile, le juge doit revoir sa copie pour donner la liberté provisoire au plus grand coton-culteur du Mali. Les infos proches de l’intéressé nous font savoir toute sa souffrance à travers ses émissaires qui sont entrain de rencontrer d’énormes difficultés dans la vente de plusieurs de ses biens parmi lesquels des maisons dans la capitale dont une belle bâtisse proche du logement d’un célèbre avocat de la place. Les potentiels acquéreurs démarchés par les émissaires, hésitent à se mêler dans cette opération qui, selon eux, pourrait prendre une autre tournure judiciaire.

Oumar Baba TRAORE

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