Disparition de Birama Touré : Entre pistes et cul-de-sac

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Notre confrère Birama Touré a disparu depuis plus de trois ans maintenant. Les versions se suivent et se contredisent. L’Etat doit faire la lumière.

Depuis 3 ans maintenant, notre confrère Birama Touré a disparu. Une disparition que l’on a voulu placer dans un premier temps au registre de fait divers prend d’autres tournures. Ainsi, les versions se suivent sans se ressembler, et, à ce jour, aucune n’a permis la moindre manifestation de la vérité. En effet, tout ce que la presse et la famille cherchent, c’est la vérité sur Birama.

D’abord l’homme. Personnage simple s’il en existe, affable, d’un commerce facile, jamais un mot plus haut que l’autre, malgré ses nombreuses années dans la presse, il passait inaperçu et n’a jamais été du genre va-t-en guerre. C’est d’ailleurs la raison qui a fait que les confrères, pendant longtemps, se sont refusé à croire à un crime d’Etat, comme cela semble maintenant ressortir des propos de certains.

Les suspicions sont accentuées par le mutisme de la justice malienne. Or, il est des sujets avec lesquelles il faut de la réactivité, ou, tout au moins, sur lesquels il ne faut pas se taire, communiquer à chaque fois, car, tout mutisme, quelle que soit la raison, est vite assimilé à une volonté d’étouffer. Depuis le début de cette affaire malheureuse, l’Etat, même quand il a été accusé, n’a jamais daigné réagir. Cela a contribué à faire naître le doute chez ceux qui n’ont jamais cru à une responsabilité de l’Etat, encore moins à une exécution commanditée.

 

La piste Karim Kéita

Au regard de ce développement, il est difficile de croire en une piste Karim. Il faut tout faire pour ne pas noyer l’affaire, pour éviter une politisation qui ferait que le dossier va se noyer. En effet, la volonté de tous est juste que la lumière soit faite.

Ainsi, les versions : Un ivrogne, un ver dans le nez, se confesse et affirme que le corps du confrère gît dans un puits abandonné. Ensuite que le corps a été déplacé. Le poivrot, dans sa confession au policier en exil, Papa Mambi, rapportée par notre confrère “Le Sphinx”, revient pour dire que le corps a été “déplacé”. Pour ce qui concerne les circonstances, il est tantôt dit qu’il est mort à la suite de tortures à la sécurité d’Etat, tantôt exécuté par trois balles.

Selon la version, on pourrait faire notre religion. Car, entre un décès “accidentel” des suites d’une torture qui aurait mal tourné et trois balles tirées à bout portant, il y a un fossé, et des motivations différentes.

Ensuite, de plus en plus, les accusations se dirigent vers Karim Kéita. Celui-ci, dans un article publié par notre confrère “22 Septembre”, jure la main sur le cœur, qu’il n’a rien à voir dans cette affaire. D’ailleurs, à ce jour, même ceux qui l’accusent n’ont pas produit le sujet de la discorde, ce qui pouvait l’opposer à notre confrère Birama Touré.

Que s’est-il réellement passé ? Le mystère demeure. La seule constante, est que depuis 3 ans, un journaliste n’a pas donné signe de vie, reste introuvable et de sa famille et de sa corporation. Mais, pour le reste, le flou reste entier, comme au premier jour.

Alexis Kalambry

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