Le 5 juillet, la justice malienne a émis un mandat d’arrêt international contre l'ancien député Karim Keïta, qui a fui en Côte d’Ivoire lorsque son père, l'ancien président IBK, a été démis. La justice veut l’entendre dans le cadre de la disparition du journaliste malien Birama Touré, qui n’a plus donné signe de vie depuis janvier 2016.
Depuis l’émission d'un
mandat d’arrêt international, Karim Keïta ne s’est certes pas présenté devant le juge malien, mais plusieurs choses ont tout de même bougé. Première conséquence, l’avocat de la famille de
Birama Touré, à l’origine d’une procédure en France, a prévu de se constituer également au Mali, dans les jours qui viennent.
À l’époque, il y a plus de cinq ans, la famille avait choisi de déposer plainte en France, jugeant la justice malienne peu à même d’enquêter sur un dossier impliquant le fils du président de la République alors en exercice. Les allégations de torture et d’assassinat permettaient en effet d’invoquer la compétence universelle de la justice française dans ce dossier.
Mais avec l’émission de ce mandat d’arrêt, la justice malienne semble vouloir donner une nouvelle impulsion à l’enquête. Est-ce parce que le juge a collecté des éléments nouveaux ? Ou simplement parce que le contexte est plus favorable, le père de Karim Keïta, IBK, n’étant plus au pouvoir ?
Témoignages
Des témoignages avaient en effet déjà été communiqués aux juges, en France et au Mali : ceux notamment d’une personne se présentant comme un codétenu de Birama Touré dans les geôles de la sécurité d’État, ou d’un ancien militaire des renseignements maliens. Des témoignages accréditant la thèse d’une arrestation de Birama Touré en dehors de toute procédure, d’actes de tortures et d’assassinat. Et, pour certains d’entre eux, l’implication de Karim Keïta comme donneur d’ordres.