Poursuivi pour “outrage à magistrat et menace” sur une plainte de Nouhoum Tapily : Mamadou Sinsy Coulibaly empêché d’accéder aux locaux du tribunal de la Commune IV par les manifestations de soutien

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Le premier round du feuilleton judiciaire opposant le président de la plus haute juridiction de notre pays (Cour Suprême), Nouhoum Tapily et le président du Conseil national du patronat du Mali (Cnpm), Mamadou Sinsy Coulibaly, prévu pour le mercredi 24 avril dernier, n’a pas finalement pu se tenir. En effet, des centaines de manifestants venus pour la circonstance soutenir le président du Cnpm l’ont empêché d’accéder aux locaux du Tribunal de grande instance de la Commune IV. Car, ils conditionnent l’audition de leur “héros” à la démission de Nouhoum Tapily.

Comme cela est devenu désormais notre quotidien, les procès surmédiatisés se déroulent sous un impressionnant dispositif sécuritaire des forces de l’ordre composées des éléments de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de la Garde nationale. C’est le cas pour la première audience du procès opposant le président de la Cour Suprême du Mali, Nouhoum Tapily, au président du Conseil national du patronat du Mali (Cnpm), Mamadou Sinsy Coulibaly. Ce dernier avait qualifié le premier de fonctionnaire le plus corrompu au Mali. Suite à cette accusation, Nouhoum Tapily, a porté plainte pour “outrage à magistrat et menace”.

Très tôt le matin, les éléments des forces de l’ordre ont quadrillé tout le quartier pour, disent-ils, empêcher tout débordement. Malgré cet impressionnant dispositif sécuritaire, la population est sortie massivement pour soutenir le patron des patrons maliens.

Sur les quelques banderoles confectionnées pour la circonstance on pouvait lire : “Tout sauf le jugement de M. Sinsy Coulibaly à propos des vérités qu’il a dites sur Nouhoum Tapily”, “La cour suprême sans Tapily”, “Tapily dégage, Tapily démissionne, Tapily corrompu”, “On n’accepte plus que nos maigres ressources soient détournées par des corrompus. La corruption est interdite au Mali”, “Le Mali n’est pas un pays pauvre, il est plutôt pris en otage par une petite minorité, une bande de voleurs qui dérobe les deniers publics”, “Du jamais vu, au lieu de juger les voleurs ; ils préfèrent plutôt juger les honnêtes ça ne va pas se faire en notre présence”.

Quelques temps après, le véhicule transportant le président du Cnpm et son avocat qui se dirigeait vers le Tribunal de grande instance de la Commune IV a été intercepté par des manifestants surexcités. Pour ceux-ci, pas question que leur “héros” soit auditionné avant la démission du président de la Cour Suprême.

Vu la témérité des manifestants, le président Coulibaly a été obligé de rebrousser chemin et mettre le cap sur le Patronat afin d’échanger avec les différents responsables des organisations de soutien.

Selon eux, cette procédure judiciaire n’augure rien de bon. Car, de leur lecture, accusé d’être le fonctionnaire le plus au Mali, Tapily devait porter plainte pour “diffamation” et non pour “outrage à magistrat et menace”. A ce titre, les soutiens de Sinsy exigent un procès équitable et le préalable à cela c’est la démission de Tapily.

Constatant cet état de fait l’audience de transmission du Procès-verbal (PV) a été reportée à une date ultérieure. Nous pouvons dire déjà que les prochains jours seront très déterminants dans l’issue de cette procédure. La détermination des manifestations de soutien à Tapily peut-elle tenir l’usure du temps ? Le Président de la Cour Suprême prendra-t-il le risque de démissionner pour laver son honneur ?

Il convient de rappeler que lors d’une conférence-débats sur la corruption au Mali, le président du Conseil national du patronat du Mali (Cnpm), Mamadou Sinsy Coulibaly avait formellement qualifié le président de la Cour  Suprême du Mali, Nouhoum Tapily de fonctionnaire le plus corrompu des 200 agents de l’Etat qui sont dans ses collimateurs et qu’il accuse de prendre notre pays en otage.

     Boubacar PAÏTAO

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1 commentaire

  1. L’autorité s’affaiblit, les citoyens défient les institution à tort ou à raison. Si Coulibaly était sur son bon droit, il n’aurait pas besoin de mobiliser tant de gens qui sont payés à la tâche. Il n’a pas été empêché, il a peur d’affronter la justice de son pays.

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