Le président de Baguine So, Hamidou Djimdé à propos de la dissolution de Danna Amassagou : “A défaut de revenir sur sa décision, le gouvernement doit dissoudre toutes les autres milices “

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Après la décision du gouvernement malien de dissoudre Danna Amassagou, le Mouvement Baguiné Sô a animé, le dimanche 31 mars, à la Maison de la presse, un point de presse. Objectif : inviter le gouvernement à revenir sur sa décision que les responsables du mouvement qualifient de sélective.

A l’entame de ses propos, le président du Mouvement Baguiné Sô, Hamidou Djimdé, a laissé entendre que les plus hautes autorités sont sourdes aux multiples alertes et appels invitant à sécuriser les populations. Il a saisi l’occasion pour déplorer l’attaque de Ogossagou et toutes les autres qui ont été perpétrées ces derniers jours. “Une fois de plus, le pays Dogon vient d’être poignardé en plein cœur avec son lot de morts et de blessés à Ogossagou. Nous demandons au gouvernement de traquer les auteurs de cet acte ignoble afin qu’ils soient punis par la loi”, a-t-il déploré.

À en croire le conférencier, certains accusent la Communauté Dogon, sans aucune enquête au préalable. Alors que certains cas d’incendie volontaire des greniers, des villages et autres cas d’attaques ciblées contre les Dogons sont passés sous silence dans les déclarations officielles. “Que ceux-là qui veulent créer l’amalgame entre nos frères Peulhs et nous se détrompent. Le Dogon ne saurait être capable d’une telle atrocité”, a-t-il martelé.

Se prononçant sur la dissolution du groupe d’autodéfense Danna Amassagou, il a affirmé que la décision du gouvernement est sélective.  “C’est avec stupéfaction que nous avons appris la dissolution du Groupe d’autodéfense Danan Amassagou par les autorités de notre pays. Nous ne comprenons pas la rapidité avec laquelle le gouvernement a pris cette décision que nous qualifierons de hâtive”, a déclaré le président du mouvement.

À ses dires, ce sont ces hommes qui sécurisaient les pauvres populations délaissées à elles-mêmes et leurs biens.  Car, dit-il, sans la bravoure et le sacrifice de Danna Amassagou, le pays Dogon allait disparaitre complètement.

En réponse à la question relative au nombre de milices actives dans la zone, il dira qu’en plus de Danna Amassagou, plusieurs autres milices sont actives. En effet, précise-t-il, compte tenu du fait que plusieurs autres milices continuent d’opérer dans la zone, son mouvement s’oppose à la décision du gouvernement de dissoudre Danna Amassagou. “Nous demandons à l’État de revenir sur sa décision de dissolution de notre Groupe d’autodéfense car Danan Amassagou est un acteur important pour la stabilité du pays Dogon. A défaut, nous exigeons la dissolution de tous les autres groupes armés sans exception”, a-t-il laissé entendre. Le conférencier a mis l’occasion à profit pour formuler plusieurs autres recommandations pour sortir de la crise. Ainsi, le mouvement recommande, entre autres, à l’Etat de jouer son rôle régalien de protection des personnes et de leurs biens, désarmer systématiquement tous les détenteurs illégaux d’armes de guerre, rouvrir les centres de santé à travers le retour effectif de l’administration, tenir des rencontres avec toutes les forces vives en vue de faire la distinction entre groupe de légitime défense et bandits armés,  organiser la tenue  d’un débat citoyen entre tous les fils du pays Dogon ( Dogon, Peulh, Mossi, Dafin, Bellah… ), restaurer les principaux mécanismes traditionnels de règlement des conflits à faire suivre d’une campagne de sensibilisation, éviter l’amalgame en traitant toutes les victimes de la crise au même pied d’égalité.

À la Mission onusienne au Mali et à la Communauté Internationale, le conférencier demande d’écouter toutes les parties lorsqu’il s’agit de rédiger les rapports sur la situation au centre.                                                                                 

Boubacar PAÏTAO

 

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