Salon Auto – moto de Bamako : Encore de la poudre aux yeux des populations

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Comme si l’actuel cabinet du ministère de l’Equipement et des Transports n’en avait pas assez fait pour plaire au Président de la République, il vient de lui offrir- et par conséquent aux Maliens- sa dernière trouvaille : le Salon Auto Moto de Bamako qui a pris fin le 20 novembre dernier. Ses organisateurs ont soutenu que c’était pour, entre autres, rendre le système de transport plus performent par une politique d’acquisition de véhicules neufs, améliorer et renforcer la sécurité  routière par des conférences débats sur les accidents de circulation, mieux faire connaître les procédures de dédouanement. Il faut être dupe pour croire au bien fondé de cette démarche. Et pour cause, les sujets réels auxquels le département doit faire face sont au point mort.

Parmi ceux-ci, tout d’abord pour les motocyclistes, le port du casque, les plaques d’immatriculation et les autres documents y afférents, les pistes cyclables…On les retrouve dans les tiroirs et plein de poussière. On ne le dira jamais assez, le chef dudit département a fait montre d’incapacité à mettre en œuvre la politique prôné par le Président de la République. Sur toute la longueur.
 
Penchons-nous ensuite sur les routes nationales. Le meilleur qualificatif qu’on  puisse y trouver est «la catastrophe». Annoncée pour être construite en deux voies, la route Bamako-Ségou se fait attendre comme les dents d’une poule. Pendant ce temps, le tronçon se réduit comme une peau de chagrin et devient un véritable piège pour ceux qui l’empruntent. A certains endroits, la largeur ne dépasse guère quatre mètres.

Que dire de l’axe Sévaré-Gao ? Après le village de Konna, la route est devenue un véritable terrain d’expérimentation pour les services techniques des Directions régionales des routes. A la veille de la visite du Premier ministre à Gao, mi-octobre, on a assisté à une séance de collage voire recollage. Du coup, le bitume est devenu multicolore. Heureusement pour Séméga parce que le chef du gouvernement a finalement voyagé par avion. Vers Intahaka (environ 70 km de Gao), on déverse tout simplement du goudron sur l’ancienne couche de bitume ainsi que du gravier. Nous avons emprunté le même tronçon, il y a peu. Le résultat de ce saupoudrage est, vous l’aurez imaginé, plus que médiocre.

En direction de Kayes, on n’est pas mieux servi avec les nombreux nids de poules. Ahmed Diané Séméga, puisqu’il faut nommer le ministre en charge du secteur, avait juré d’interpeller l’entreprise qui y avait exécuté les travaux. C’était sans connaître son don d’homme de propagande. Depuis, le dossier a été classé…sans suite. Il n’est donc pas étonnant que bon nombre de Maliens commencent sérieusement à se demander où vont les fonds récoltés aux différents péages et pesages sur ces différents axes. Sur la question, un flou total persiste et le Directeur Général de l’Autorité routière, Mory Kanté, préfère s’exprimer sur les ondes de RFI que d’inviter la presse malienne pour lui livrer les véritables chiffres de cette politique qui, au départ, avait été conçue pour entretenir les routes.  

Par ailleurs, pour se rendre à seulement 60 km de Bamako, dans la ville de Koulikoro, il faut être très prudent. Ici, la route ressemble à un vieux matelas sur lequel il faut choisir le bon côté pour bien dormir.

Côté parc automobile que les organisateurs de ce salon estiment «vieillissant», il continuera à vieillir tant que le ministère ne cessera pas de jouer à la reculade (Depuis combien d’années nous bassine-t-on les oreilles avec ces termes sans qu’on en trouve de solutions ?). Le parc auto malien continuera à tuer des centaines de personnes tant qu’on n’obtiendra le document de visite technique qu’après avoir donné un pour boire de 1 000 FCFA 2000 FCFA voire plus. Oui, le parc auto restera vieillissant tant que les discours politiques ne se focaliseront que sur les accidents des engins à deux roues et oublieront que les quatre roues à châssis tordus et aux vitres brisées ou les véhicules sans freins circulent au Mali.

Voilà, grosso modo, le piètre bilan que le département du ministère des Transports essaie de cacher à travers des actions inutiles et surtout spectaculaires. Combien de temps durera encore ces pirouettes?
Paul Mben

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