3eme journée de la Can Guinée-Mali : Le match couperet

2
Les aigles du Mali
Les aigles du Mali

Après avoir défait à plate couture les Togolais à l’aller et au retour, avec toutes les rencontres hors de ses bases, une première dans les annales du football entre la Guinée et le Togo, beaucoup de Guinéens commencent à croire en cette équipe concoctée et forgée on ne sait comment par Michel Dussuyer.

Seulement, le Syli est tombé dans une « poule-coq », dans laquelle il n’a que de vieux mauvais souvenirs. La sortie en trombe du Syli face aux Eléphants et le renversement de la situation au cours du jeu n’étaient pas trop rassurant et le domptage des Lions indomptables a failli tourner au vinaigre. Tenir deux mondialistes en échec est déjà fait. Il ne reste plus que le Mali, qui s’est érigé en bête noire de la Guinée depuis un certain temps.

Cet énième Guinée-Mali a plus de significations que tous les précédents. Battre le Mali équivaut à renverser les tendances et laver tous les affronts passés, et du coup, la qualification glorieuse. Le Syli a les moyens et la possibilité, si certaines précautions sont observées. Voici un aide-mémoire de l’ABCD : Jauger bien l’adversaire avant de le prendre à bras-le-corps. Se ménager et éviter de se livrer à des débauches d’énergie dans des courses inutiles. Mettre la balle à terre et éviter surtout les corners pour occasionner les duels aériens perdus d’avance. Ne pas balancer les balles hautes pour les perdre inévitablement dans la surface de réparation de l’adversaire (les défenseurs des Aigles seront toujours maîtres dans les airs pour tout ratisser). La gestion fantaisiste du ballon est superflue, mais il est nécessaire de le conserver pour permettre aux coéquipiers de souffler après une longue course. On a remarqué que quand le Syli exploite un côté favorable, le ballon est toujours renvoyé sur ce côté jusqu’à épuisement total du joueur sollicité. En deuxième période contre les Camerounais, le côté de Soumah, ainsi que celui d’Ibrahima Traoré, ont été sollicités jusqu’à épuisement de ces deux joueurs. C’est là le rôle d’un vrai meneur pour orienter le jeu pour répartir rationnellement les efforts, et cette vision avait cruellement fait défaut au Syli National.

En cas de perte du ballon, ils doivent vite se regrouper collectivement pour un dédoublement, et ne pas laisser seulement les défenseurs éparpillés, parfois incertains ou pas trop sûrs face à des attaquants véloces et imprévus. Il faut vite se regrouper et réduire les espaces pour la récupération facile du ballon et se disperser aussi vite que leurs états physiques le permettent pour aérer le jeu. C’est cela la mobilité dans le jeu. C’est là que Michel Dussuyer doit jouer tout son rôle de métronome et chef d’orchestre pour dicter et guider les partitions. Il sait que ces jeunes ont peut-être des talents, mais l’expérience des grands rendez-vous de la CAN leur manque.

Face aux grands gabarits athlétiques bien exercés dans les tacles à distance, les courts « une-deux » ne doivent pas être systématiques, mais alternatifs. On a constaté que le Syli n’est pas adroit dans ce domaine et perdait trop facilement le ballon ; les longues balles aussi ne leur profitent pas trop souvent, parce que la remontée est lente dans le mouvement d’ensemble. Les lacunes commencent à faire foule…

Contre les Maliens presque au bout du rouleau, comme les Guinéens aussi, c’est du moins l’impression qu’ils ont tous donné, une autre prudence s’impose : l’orgueil, la suffisance et l’arrogance. Les derniers matches de cette « poule-coq », où tout le monde a les mêmes chances et espoirs, seront âprement disputés. La différence se fera sur un rien : la récupération, et cette récupération sera fonction de l’acclimatation. Après deux rencontres de telles intensités sous une température avec taux élevé d’humidité, ça va se savoir sur les organismes. On a vu la mine ravagée et le visage boutonneux de Michel Dussuyer, on a aussi entendu parler du paludisme d’Asamoa Gyan, on a vu la contracture à la cuisse du gardien malien… On va en entendre d’autres.

Tous les matches de cette poule sont couperets, mais c’est plus coupant entre le Syli National et les Aigles du Mali. Qui rentera le plus tôt à la maison ?

 

Moïse Sidibé, Journaliste guinéen

Commentaires via Facebook :

PARTAGER

2 COMMENTAIRES

Comments are closed.