Gestion des Fonds au Centre SALIF KEÏTA : Contentieux autour de plus de 100 millions de FCFA

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            L’argent généré aujourd’hui par le football est un véritable sujet à réflexion particulièrement dans les pays en voie de développement. La crise qui secoue aujourd’hui le centre de formation du premier ballon d’or africain, Salif  Kéïta dit Domingo, n’en est-elle pas une vraie illustration ? Certainement oui, car elle est née de la gestion financière de l’argent du transfert de l’international junior Cheick Tidiane Diabaté à Bordeaux, en Ligue 1 française. Un transfert qui a créé le soupçon entre les différents responsables du CSK. Lisez plutôt notre enquête sur une scabreuse affaire qui risque de connaître des rebondissements dans les jours à venir.rn

            Aujourd’hui, le Centre Salif Kéïta est confronté à un problème très sérieux qui risque de mettre le club en difficulté. Longtemps géré avec des humeurs, le problème s’est éclaté avec l’argent du transfert du jeune Cheick Tidiane Diabaté. A la suite duquel a été ouvert un nouveau compte bancaire supprimant du coup le compte précédent de la Bank Of Africa. Puis, le centre bascule                                                                                                                                                    dans les mains d’un clan pour diverses raisons. Pourtant ce centre qui a vu l’émergence de quelques grands noms de notre sport roi ne mérite pas un tel sort car aujourd’hui l’affaire est devant les tribunaux et le verdict doit tomber normalement aujourd’hui au tribunal de 1ère instance de la commune VI.

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Historique d’un  centre dénommé  Centre Salif Kéïta (CSK) 

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            L’on se rappelle que le Centre Salif Kéïta (CSK) voyait le jour il y a 14 ans à Bamako à la suite d’un malentendu ou incompréhension. C’était entre Domingo et des responsables de Planète champions. Certaines indiscrétions soutiennent que l’actuel patron de la fédération avait refusé catégoriquement la proposition des initiateurs de Planète champions de prendre un cuisinier pour s’occuper de la restauration des footballeurs. Parce que Salif Kéïta proposait de faire manger les enfants dans son hôtel, le Mandé, afin de pouvoir bénéficier d’un appoint du projet avant son démarrage. Mal compris, ses interlocuteurs auraient décidé d’aller s’installer au pays des hommes intègres (Burkina Faso). Pour réaliser son rêve de créer un centre de formation, le 25e joueur Africain de tous les temps selon une enquête récente de la confédération africaine de football, réunira autour de lui des hommes capables de l’épauler financièrement car étant dans une situation  financière moins reluisante. Un comité directeur de cinq membres est mis en place avec à sa tête l’ancien joueur de l’AS Réal de Bamako Salif Kéïta dit Domingo et comme secrétaire général Tibino Traoré qui avait comme adjoint Sékouba Kéïta. Aussi, Mamadou Kanté occupait le poste de trésorier et  Lassana Doumbia dit Naman était à l’organisation.

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Une crise qui  ternit  l’image du Centre

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            La crise qui secoue aujourd’hui le club est consécutive à un problème d’argent notamment la somme de d’environ 100 millions de FCFA. Longtemps financé par les uns et les autres, comme ils le soutiennent, le club ou le centre commence à générer de l’argent. Provenant de la « vente » des nombreux jeunes talents que le centre a eu à former. Comme le dit Alexandre Dumas fils : «N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur, et un mauvais maître». Pour sa part, Emile Zola va plus loin : «L’argent, jusqu’à ce jour, était le fumier dans lequel l’humanité de demain ; l’argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, le terreau nécessaire aux grands travaux qui facilitent l’existence». Qu’en est-il exactement du CSK ? Pour en savoir davantage sur cette affaire, du moins rocambolesque, nous avons écouté les différents protagonistes. Suivez donc :

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Tibino Traoré :  Secrétaire général

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            «Le problème n’est pas né avec l’affaire Cheick Tidiane Diabaté mais avec l’élection de Salif Kéïta à la tête de la Fédération malienne de football. Il avait voulu un président délégué en la personne de Sékouba Kéïta, grand frère de Seydou Blén. Depuis que ce dernier a été président délégué, il n’a confié aucune tâche à quiconque. Il agit en solitaire. Déçu par cette attitude, Mamadou Kanté trésorier du bureau lui a demandé lors de la réunion du 27 juillet 2006 à l’hôtel Mandé de faire un compte rendu. Il répond qu’il a ouvert un compte au niveau de la BICIM afin d’y soustraire son argent. Malgré tout nous sommes convenus qu’à la fin du championnat il fera le compte rendu. Mais, depuis et ce après plusieurs tentatives de demander à Salif de convoquer une réunion, ce dernier n’y fait rien. Pour cela, nous avons demandé une requête au niveau du tribunal de la commune VI afin d’en savoir sur sa gestion. C’est juste pour savoir où se trouvent les dossiers de Mamoutou de Bamako à Auxerre, de Djilla de Lyon au Réal de Madrid. Aussi Badié de Lecce nous a rapporté 176 millions et 30 millions CFA. A propos des 30 millions, nous avons trouvé que le compte est au rouge ».

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Mamadou Kanté : trésorier

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            «Je suis un des bailleurs de fonds du club. Au tout début, Salif et moi étions les signataires du chèque pour faire sortir l’argent. Mais, depuis quelques années (peut être 2000-2001) il y a eu quatre signataires avec trois signatures pour faire sortir l’argent. D’ailleurs, il faut dire que le club a commencé à renflouer ses caisses avec le transfert de Mahamadou Diarra dit Djilla. Sinon auparavant, c’était plutôt des équipements que l’on nous donnait. Lorsque Salif se présentait à la présidence de la fédération en 2006, les comptes étaient au rouge. Alors, Sékouba a proposé un siège provisoire à l’ACI. Puis, avec l’argent de Cheick Tidiane Diabaté, Salif et Sékouba ont ouvert un nouveau compte à notre insu. Sékouba affirme que le ballon a brisé les vitres d’un avocat qui a scellé l’autre compte afin qu’il soit remboursé. Aussi, il convoque une Assemblée générale et forme un nouveau bureau sans nous (Tibino et moi). Le CSK doit bénéficier de 800 et quelques millions dans le transfert de Djilla au Réal. Je rappelle que c’est avec l’argent du transfert de Djilla de Grèce en Hollande et nos relations que nous sommes parvenus à construire le terrain. Du transfert de Djilla de la Hollande à Lyon ou de Lyon au Réal de Madrid, nous n’avons rien vu. Aussi, depuis des années, on n’a jamais dépassé deux motos par an mais maintenant on nous parle de 23 motos achetées. Vraiment, c’est la déception ».

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Sékouba Kéïta :  Président délégué

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            «Je rappelle que je ne suis pas un affamé et que je gère les milliards de mon jeune frère Seydou Blén sans oublier que je suis pharmacien de mon Etat. C’est pour dire que je n’ai pas besoin de voler l’argent du CSK car j’y mets plus que je n’y gagne.

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            C’est à la suite de matches amicaux entre mon club Soleil que je dirigeais depuis étudiant que Salif m’a demandé la fusion avec le CSK. Alors, Salif, Tibino et Kanté géraient le compte du club. Les motifs de dépense venaient de Tibino et Kanté pour gérer le quotidien. Il y a à peu près 5 ans que Salif s’est retiré et depuis ce sont nos trois signatures qui faisaient sortir l’argent. Disons que chaque mois Kanté versait de l’argent à Tibino qui faisait de l’argent ce qu’il voulait sans compte rendu. C’est pour dire qu’aucun de ces deux n’était soumis à un quelconque contrôle. Ce qui, en réalité, leur permettait de faire ce qu’ils veulent.

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            Après les élections de la FEMAFOOT et la victoire de Salif Kéïta, je fus désigné Président délégué et j’ai trouvé qu’il n’y avait ni rapport financier ou encore autres rapports. Il y avait des problèmes de trésorerie même pour faire les dépenses courantes. J’ai été obligé de pré-financer le club depuis juin 2005. Il faut souligner que depuis l’ouverture de la saison 2005-2006, Tibino a abandonné le club, il n’assiste ni à l’entraînement ou à autre chose. Quant à Kanté, il venait de façon sporadique. Aussi, toutes nos réunions se tenaient par coup de téléphone. Parlant de dépense, je vous demande de faire un petit calcul : joueurs et entraîneurs/ mois coûtent 1.200.000 FCFA (un million deux cent mille francs comme salaire pendant 12 mois) ; les primes varient de 15.000 FCFA à plus ; 75.000 FCFA transport/semaine ; les 23 motos font 23 x 350.000 FCFA soient 8.050.000 FCFA (huit millions cinquante mille francs) ; le père de Cheick Diabaté a reçu 5 millions de FCFA (ce dernier M. N’Faly l’a confirmé car ayant reçu deux chèques : 2 millions et 3 millions). En outre, environ 40 millions de FCFA pour Séran Diabaté (l’agent du joueur) et l’avocat français Me Bertrand sans oublier diverses dépenses dont les frais de remboursement des vitres brisées en 2004. A la suite de laquelle les comptes ont été saisis le 15 juin 2006. Concernant Djilla, jusqu’à la date d’aujourd’hui le CSK n’a reçu même pas un franc pour preuve la FIFA fait pression sur le Réal et Lyon. D’ailleurs le 15 février 2007 une sommation est tombée. Il faut savoir également que l’argent de Djilla sera payé par tranche jusqu’en 2009 ».

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            Dans cette affaire, les supputations vont bon train et les différents protagonistes s’accusent. Dans le camp Salif et Sékouba, on estime que Tibino et Kanté n’ont jamais fait de compte rendu et qu’ils faisaient de l’argent ce qu’ils voulaient. 

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            Par contre Tibino et Kanté estiment qu’en dehors de tout ce qui a été dit, il y a eu des malversations financières. Pour cela, ils soulignent que les 30 millions de FCFA comme frais de transfert de Mahamadou Dissa ont été détournés  et de Drissa Diarra « Badié ». Une transaction qui s’élève à 176 millions de nos francs  et qui aurait été payée en deux tranches par le club Italien de Lecce.

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            Le CSK se trouve ainsi dans une crise profonde dont le seul coupable serait bien sûr son président mais aussi les autres membres. C’est dire que le CSK risque l’implosion dans les mois à venir car les protagonistes promettent d’autres révélations fracassantes qui datent de plusieurs saisons. Même s’il y a eu des tentatives de réconciliation notamment par Me Gaoussou Fofana afin de laver le linge sale en famille. D’où une Assemblée générale.

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L’Assemblée Générale

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            C’est à la demande de leur avocat pour une réconciliation des deux parties que le procès a été reporté jusqu’à aujourd’hui 14 mars 2007. Ce dernier, ignorant la  moralité de ses clients, n’a pas eu gain de cause quant à une éventuelle rencontre tant souhaitée par le secrétaire général. A cela, il faut ajouter que les hommes qui ont été écartés par l’assemblée dite illégale s’étaient rendus au domicile de Salif Kéïta pour le rencontrer. En vain ! Pour mieux les ridiculiser, le patron du football malien refusa même de descendre de sa chambre située à l’étage entre 8H – 11H. Ceux-ci ont tenu à laisser une note explicative à son gardien à laquelle il n’a pas daigné répondre d’ailleurs malgré de nombreux coups de fil.

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Du reste, il s’est confié à l’un d’entre eux en disant ceci « Nous pouvons nous comprendre toi et moi, mais Kanté et moi non ». C’était lors d’un entretien à l’hôtel Mandé. Depuis sa création à nos jours, le CSK n’aurait jamais tenu une seule assemblée générale, pire statutairement, une assemblée générale élective ne pourrait se tenir car aucun membre du comité directeur n’a une base électorale (comité des supporters, actionnaires ou autres) mais seulement des volontaires qui banquent chaque fois que cela est nécessaire.

rn Par B. DABO (L”Index)

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