Front social en ébullition, crise politique et insécurité : L’anticipation et le consensus, le meilleur atout de la Transition

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La grogne sociale va crescendo. De nombreux débrayages sont en cours ou perspective. Sans compter que le Mali dans son ensemble  s’enlise  dans une insécurité grandissante. Ce sombre tableau doit inciter  Bah N’Daw et son équipe  d’agir au plus vite  en  anticipant  sur les solutions. Cela permettra  d’éviter à notre pays une Transition tumultueuse, pour ne pas dire chaotique.

Actuellement, les administrateurs civils sont en cessation de travail depuis plusieurs jours et ça perdure. Puisqu’après avoir observé 15 jours de grève, la plateforme   SYNTRACT-SYLMA et le CS-ADR ont entamé,  à partir du lundi dernier, une grève illimitée. Après l’acceptation de l’article 39 pour les enseignants, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), sous peine d’aller en grève le 18 novembre, exige à son tour des autorités de la Transition,  une harmonisation des salaires de tous les travailleurs du Mali.

 

Comme si cela ne suffisait pas, l’UNTM n’apprécie pas  la gestion de la Transition en cours. Son Secrétaire Général regrette que  la Transition ait échappé aux forces vives et laborieuses du pays. « Le Président de la Transition, le Premier Ministre et le Gouvernement sont installés sans que la société civile, l’UNTM et ses démembrements aient leur mot à placer », ne s’est pas empêché de marteler  Yacouba  Katilé.

 

Le syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) menace aussi d’aller en grève illimitée si le Gouvernement n’applique pas immédiatement les points statutaires. Le syndicat libre des travailleurs des Affaires Etrangères (Syltae) et celui  des travailleurs du ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine (STMMEIA) observent une semaine de grève à partir d’aujourd’hui ce, jusqu’au 16 novembre prochain.

 

L’insécurité, déjà endémique,  est plus que jamais grandissante dans la quasi-totalité du Mali. Il faut forcément trouver les voies et moyens pour non seulement, réconcilier  les communautés antagonistes au nord du Mali comme au centre. Mais il faudrait aussi inventer une passerelle pour  accéder aux Chefs des mouvements terroristes locaux afin de les écouter en vue d’une cessation des hostilités. Cela, sans transiger avec les principes républicains et laïcs. Et, en toute souveraineté.

 

Au plan institutionnel, les autorités de la Transition doivent aussi jeter les bases d’un ensemble de réformes, toutes indispensables, pour l’amorce d’un  Mali nouveau  tant souhaité par la majorité des  citoyens. Pour  renforcer leur système démocratique, les maliens  sont majoritairement favorables  à une révision de la Constitution, non pas pour l’harmoniser avec les termes de  l’Accord issu du processus d’Alger, mais   afin que la nouvelle Constitution puisse  corriger toutes les incongruités de celle de 1992 en vigueur.

Il y a également un besoin de relecture de la loi électorale en vue d’enlever toutes les failles afin qu’elle soit  irréprochable aux yeux de l’ensemble des partis politiques et des électeurs. Cette relecture permettra certainement  de marginaliser d’éventuelles contestations lors des élections futures. Dans cette dynamique, il serait aussi  opportun de relire le code des collectivités de notre pays afin de pouvoir revenir sur le découpage administratif existant, source d’une quantité  de tensions entre les localités.

Face à cette  situation sociopolitique extrêmement difficile, il faut que les autorités de la Transition agissent non seulement vite en amont  mais intelligemment. Ce, d’autant que la Transition en cours ne va  certainement pas bénéficier  de chèques en blanc auprès des populations, encore moins des mouvements sociopolitiques  pour résoudre les diverses crises sociopolitiques existantes et à venir ainsi que la crise sécuritaire endémique.

Il faut forcément que les jeunes colonels du CNSP, visiblement mal conseillés  ou inspirés pour avoir  naïvement exclus, jusque-là,  leurs alliés naturels (les partis et mouvements sociopolitiques réunis au sein du M5-RFP) des instances dirigeantes de la Transition, se ressaisissent pour corriger leurs erreurs . Mais y a-t-il encore un espoir  pour eux  de pouvoir se réconcilier  avec cet allié naturel ?

Après l’euphorie des populations lors de la chute du régime IBK, les autorités de la Transition ne bénéficieront certainement plus d’état de grâce. En raison  donc de l’énormité du  chantier sociopolitique hérité, le Gouvernement de la Transition n’a pas droit à l’erreur. L’anticipation des mesures à prendre et la recherche du consensus politique seront  évidemment son seul atout. Et cela passe raisonnablement  par l’octroi de la présidence du Conseil National de Transition (CNT) au M5-RFP  avec une importante représentativité de celui-ci  au sein de cette assemblée législative transitoire. Cette ultime concession pourrait certainement permettre à la Transition de  pouvoir calmer le jeu sociopolitique.

Falaye Keïta

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