Livre : “Homme Sirène”, le mythe côtoie la réalité

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Le dernier roman du journaliste-écrivain Fousseni Togola intitulé “Homme sirène” (Les Prostyles Editions) est un  “pont” entre le monde des humains et celui des sirènes, créatures légendaires  mi- femmes  mi- poissons. Dans cette littérature “métaphorique”, l’auteur-philosophe nous entraine à la découverte du monde des invisibles. 

Roman fictif de 54 pages, “Homme sirène” relate l’histoire d’un jeune homme qui, par la force des choses, quitte le monde des humains pour celui des sirènes, des êtres presque imaginaires dans l’esprit populaire. Ce voyage au monde des sirènes laisse des échos d’une mort certaine du héros, mais qui n’en est pas une.

Le départ du jeune homme dans le monde des invisibles est provoqué par une injustice de son père, chef de famille qui n’hésite pas à le maltraiter à moindre geste au profit de sa petite sœur devenue intouchable sous la protection du papa. Un jour, alors que le jeune homme s’évertue à éviter tout contact avec sa sœur, l’enfant adorée, celle-ci use des tous les moyens et arrive quand même à provoquer son grand frère et à attirer sur lui la fureur du papa protecteur. Pourchassé par son père dans le but de le punir pour avoir levé la main sur sa sœur, le héros du livre se fond dans la nature et se retrouve au bord du fleuve du village, tard dans la nuit. C’est là qu’une créature extraordinaire (une sirène qui a pris une forme humaine) se présente à lui.

Après avoir écouté l’histoire du jeune homme, victime d’injustice, la sirène lui décline sa vraie identité en le rassurant et propose de lui offrir sa protection en l’emmenant dans son monde, le monde des invisibles. “Vers quatre heures du matin, elle me prend par la main et descend avec moi jusqu’au fond du fleuve. C’est la première fois que je plonge mes pieds dans l’eau du fleuve puisque j’avais toujours eu peur des rivières. Mais ce jour-là, je ne sais pas ce qui se passe je n’ai pas peur au fond de moi” raconte le héros (P.17)

Le rêve impossible

Après des recherches infructueuses, les parents du porté-disparu décident qu’il est mort et organisent ses funérailles. Dans ce passage, l’auteur pousse le lecteur à s’interroger sur la mort qui serait le passage de la visibilité à l’invisibilité. “Elle ne signifie pas une disparition totale, mais plutôt le passage dans un autre monde où nous sommes censés mener une nouvelle vie” (P.20). Sauf que notre héros, après avoir passé des années dans ce monde invisible finit par revenir marié avec sa femme sirène dans le monde des humains, parmi les siens frappés de stupéfaction.

La haine, l’amour, le mariage, l’injustice, la méchanceté, la confiance sont, entre autres, les thèmes abordés dans ce bouquin de poche. Dans cette littéraire imaginaire (fable ?), l’auteur met en question certains fondements profonds des sociétés humaines. Ce livre traduit le rêve  (impossible ?) d’un monde meilleur de l’auteur. Un monde où les valeurs humaines prédominent. “Homme sirène” touche également aux origines grecques des sirènes, leur généalogie et leur mode de vie.

“Homme sirène” est écrit dans un style assez simple et digeste, tout cela dans un français accessible. Les intertitres facilitent la lecture et la compréhension du livre dont l’intrique est empreinte d’une approche philosophique. Le lecteur sort de la lecture de l’ “Homme sirène” enseigné, la tête chargée de questions : Comment un être humain a-t-il pu vivre sous l’eau,  dans le monde des sirènes ? Quelle vie aura la femme (sirène) du héros dans le monde des humains ? Pourrait-elle tenir face à l’injustice et l’hypocrisie de ce monde ?                                                                                                               Youssouf KONE 

 

 

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