Milieux carcéraux et universitaires : Au cœur de la fabrication de documents falsifiés

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De nos jours, les milieux carcéraux et universitaires maliens sont devenus de véritables laboratoires au service de diplômes contrefaits.

Université de Bamako

Ce n’est plus un secret pour personne : De nos jours, les faux diplômes se fabriquent au Mali comme de petits pains. Aussi, pour être titulaire d’un Baccalauréat, d’une Licence ou même d’un Diplôme d’étude approfondie (DEA) dans n’importe quelle spécialité que ce soit, il suffit d’en exprimer le besoin à la personne indiquée. Pourtant, les lieux de fabrication de ces « parchemins d’un autre genre » sont connus tant des usagers que des autorités administratives et judiciaires.

Des indiscrétions révèlent que la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Bamako-Coura est l’endroit par excellence de délivrance de ces diplômes. Et très souvent, les relais sont des personnes en liberté. «Je connais un ami qui travaille dans une importante société commerciale de la place et qui a eu une ascension grâce à un diplôme fabriqué à la Maison centrale d’arrêt de Bamako-Coura. Lorsque vous exprimez le vœu et que vous versez l’argent, on vous demande des informations sur votre filiation. Et votre négociateur vous informe progressivement de la conduite à tenir », révèle un acteur du « réseau » qui requiert l’anonymat pour des raisons évidentes. Et d’ajouter : «Lorsque la date de composition de l’examen dont vous exprimez le besoin approche, on vous demande de faire semblant d’être un peu plus surchargé que d’habitude pour donner l’impression que vous étudiez. Et lorsque les résultats de cet examen sont publiés, vous jubilez et annoncez à vos amis votre succès. Le diplôme vous est alors délivré quelques temps après ». Selon cette source, un impressionnant « arsenal » (de faux documents) est disponible dans le « laboratoire » de fabrication de ces diplômes à la prison centrale de Bamako-Coura : cachets ronds et nominatifs de hautes personnalités constitueraient la matière première. « Même les papiers en-tête de la Présidence et de nombreuses administrations s’y trouvent. Si vous voulez même une lettre de recommandation de n’importe quelle autorité pour chercher un emploi, vous y trouverez », indique la même source. A la prison centrale de Kati, c’est le même cas, apprend-on.

A l’université aussi
Les milieux universitaires sont également de véritables « sites » de fabrication de ces « diplômes ». Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un tour au Centre commercial qui  abrite la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP). Sur la colline de Badalabougou, au niveau de toutes les Facultés, ces « laboratoires » de fabrication  de faux documents, logées dans les cités universitaires, sont fonctionnels. Il suffit d’exprimer le besoin au premier passant pour être orienté vers un intermédiaire. Mais la prudence y est de rigueur. Et lorsqu’on se rend finalement compte que l’usager désire autre chose que le diplôme, il court le risque d’y laisser sa peau. « Tous les diplômes se fabriquent ici, sauf le Doctorat. Dans les Facultés, vous pouvez également obtenir des notes d’avancement, des contrats de toutes sortes, des lettres de recommandation pour obtention d’un visa, des mises en demeure et tous les autres documents administratifs qui puissent exister, signer de l’autorité de votre choix», informe, avec une indifférence déconcertante, un étudiant logé au Campus universitaire de Badalabougou.
Mais ce qui est pour le moins surprenant, c’est surtout l’indifférence des autorités face à cette situation : personne n’est interpellée, encore moins arrêtée. D’où la prospérité de cette activité mafieuse qui nourrit d’ailleurs très bien son homme au Mali, hélas.

Jean Pierre James

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6 COMMENTAIRES

  1. C’est etrange que la prison centrale soit le lieu indique pour de telle affaire Mais je me pose une serie de questions: A qui appartiennent ces appareils de fabrication de faux diplomes ? Est ce aux detenus ? ou aux travailleurs de la prison ?
    Une hypothese se degage si le materiel appartiennent aux detenus alors les autres travailleurs de prison et particulierement les gardiens en ont responssables car ils doivent etre au courant du reseau a travers les colis que les membres de famille des detenus apportent. E si non alors il faut interpeller tous les travailleurs de ces prisons.
    Mr Joseph 1er vous pensez qu’il faut interpeller le journaliste ? je pense non car c’est son devoir d’informer nous et les autorites qui a eux de prendre leurs responsabilites. Il est avant tous journaliste et non investigateur. Et n’oublier pas qu’il a citer les propos d’une autre personne sous anonymat. Donc c’est une information recueillie et non un ami a lui journaliste.

  2. ca fait trop mal de voir son pays guide par des gens qui ne sont la que pour leurs propre intere chacun veux etre chef pourqoi le nord n ai pas encore liberer ou se trouve les berets rouge qui etaient a kati

  3. Le Mali est au centre de l’actualité internationale et cela par la faute du CAPITAINE sanogo, qui avide d’argent et de pouvoir a remis les 2/3 du pays aux bandits armés. Sinon comment comprendre qu’à près 6 mois du départ d’ATT, aucune action militaire n’a été entreprise pour la libération du nord mali. Pire cette coalition d’alcooliques de KATI refuse même l’arrivée de la CEDEAO pour aider le mali, que le ridicule ne tue plus.
    La junte a menti au peuple malien en disant qu’ATT n’avait pas commandé des armes et ne voulait pas faire la guerre mais aujourd’hui elle se rétracte pour dire que seules les armes commandées par ATT peuvent libérer le Nord. O vaillant peuple malien notre destin est entrain d’être bafouillé par la junte et le DICKO du HCI ? Nous devons prendre conscience et agir au plus vite.
    Un premier ministre qui ne fait que la promotion de l’ignorance et de la carence pour preuve la nomination du nullard capitaine comme président du fameux comité de reforme car bien avant le retour de Dionkounda la décision avait été prise. L’affaire du journaliste Aissat Ibrahim MAIGA , les promotions au niveau de la police …..
    Le rapport confidentiel de l’ONU confirme ce que nous savions déjà, la connexion de la junte avec les pros BAGBO pour déstabiliser la CI mais aussi le recrutement des mercenaires pour déstabiliser aussi le FASO. Oumar MARICO sert de trait d’union entre les opposants de ces deux pays et la junte d’une part et d’autre part entre les opposants de ces deux pays et les bandits armés qui sévissent au nord enfin de déstabiliser nos pays voisins qui veulent nous aider au non de la solidarité.
    La roue de l’histoire tourne et chacun aura son tour. L’exécution sommaire de plus de 20 militaires bérets rouges enfouis dans une fosse commune sera sans nul doute l’événement qui rattrapera cette clique de bandits de KATI qui en réalité font plus de maux que le MNLA et autres.

  4. la police doit interpeller le journaliste pour avoir dit ceci:«Je connais un ami qui travaille dans une importante société commerciale de la place et qui a eu une ascension grâce à un diplôme fabriqué à la Maison centrale d’arrêt de Bamako-Coura. Il doit en savoir bcp

  5. M.JAMES,
    Là vous touchez à une pratique très pertinente de cette société. On m’en avait parlé, mais je n’avais pas entendu pareil. C’est tout de même ahurissant que les Diplômes proviennent de la Maison d’Arrêt!Réellement, les personnes responsables doivent rendre des comptes tout comme ceux qui ont fraudé la Fonction publique et leurs complices!Cela serait au moins un pas vers le progrès tant attendu!
    Que Dieu nous aide sur cette voie tout en nous donnant des Dirigeants ayant au moins une lueur de Dignité, de Bonté, de Loyauté et surtout du Civisme!

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