Mahmoud Dicko, président du HCI: ‘‘Je défie quiconque de prouver le contraire : je n’ai reçu ni voiture, ni argent de la part du Dr Cheick Modibo Diarra’’

39 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

Mahmoud-Dicko- président Haut Conseil Islamique

Il maîtrise le coran et parle l’arabe. A la perfection. Mahmoud Dicko, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a d’abord fait ses classes dans le vestibule familial, qui faisait office d’école coranique, à l’ombre de son grand-père, Alpha Alhassane, grand imam et ‘ ‘Cadi’’ (juge religieux) de Tonka, localité située à environ 150 Km de Tombouctou.

Puis, le jeune Mahmoud Dicko se rend à Douentza où, il étudia pendant quelques années. Avant de se rendre en Mauritanie et en Arabie Saoudite pour parfaire ses connaissances.

De retour au pays, il enseigne l’arabe à l’école régionale de Tombouctou. Avant de rejoindre la capitale où il s’adonne à sa passion : les prêches.

Apprécié par la communauté musulmane, il devient imam de la mosquée de Badalabougou.

Réputé pour son franc –parler, il est élu à la tête du Haut Conseil Islamique cet homme, à l’intégrité morale et intellectuelle établies, fait depuis quelques mois l’objet de rumeurs folles et fofolles.

Auxquelles il répond dans cette interview, qu’il nous accordée, samedi dernier, au siège du Haut Conseil Islamique, à l’ACI 2000.

 

Mr le président, depuis quelques mois, de folles rumeurs circulent à votre sujet. Notamment, à propos de vos accointances avec l’ex –Premier ministre, Dr Cheick Modibo Diarra, qui vous  aurait octroyé une voiture 4 x 4 et 50 millions CFA.

Qu’en est –il exactement ?

 

Une chose est sûre : je ne fais pas de la politique ; mais je m’intéresse à tout se qui se passe dans mon pays. Car, je ne comprends pas l’islam comme, tout simplement, la pratique rituelle de la religion. L’islam s’intéresse à tout, au devenir de la cité, au bien –être des populations etc… Un leader religieux digne de ce nom doit prendre position par rapport à toutes les questions qui touchent à la vie de sa communauté.

Et pour moi, le bon musulman, c’est un bon citoyen. On ne peut pas être un bon musulman, ou un bon leader religieux, si on n’est pas un bon citoyen.

A cause de tout cela, je sais qu’il y a beaucoup de choses qu’on raconte sur moi. Si, faire de la politique, c’est s’intéresser à la vie de ma nation, je fais de la politique ; mais si, faire de la politique, c’est être député ou ministre, je n’en ai pas besoin. Ce n’est pas ma vocation.

 

Et par rapport à vos accointances avec Dr Cheick Modibo Diarra ?

 

Rires….. Moi, Cheick Modibo Diarra, je ne le connaissais pas. Et je n’ai aucune relation avec lui. Avant le coup d’Etat du 22 mars, il est venu, ici dans mon bureau, comme tous les autres leaders politiques, nous présenter son programme politique. Car, il était candidat de son parti à l’élection présidentielle.

Après, il a été nommé Premier ministre. Ce n’est pas moi qui l’ait nommé Premier ministre. C’est tout. Je n’ai eu aucune relation particulière avec lui.

Certains racontent qu’il m’a donné 300 millions CFA et une voiture 4×4. je mets quiconque au défi de prouver le contraire : je n’ai reçu ni argent, ni voiture de la part du Dr Cheick Modibo Diarra. Il n’est pas mort. Il est encore vivant. Et ceux qui répandent ces rumeurs peuvent le lui demander.

Mais vous savez, ces rumeurs ne m’étonnent pas. Je sais qui a orchestré tout ça. Et je m’y attendais aussi. Quand nous vous hasardez à dire certaines vérités et à prendre certaines positions, vous ne pouvez pas échapper à des coups bas de ce genre.

Peut –on remettre, d’un coup comme ça, 300 millions CFA et un véhicule 4×4 à quelqu’un qu’on ne connaît pas ?

 

Après l’invasion du nord par les islamistes, vous avez été l’un des rares leaders religieux à avoir fait le voyage, à Gao, pour tenter de ramener, à la raison, Iyad Ag Ghaly. Mais depuis votre retour, les résultats de cette prise de contact avec le chef d’Ansar Dine, n’ont pas été rendus publics. Pourquoi ?

 

Je suis très content que vous m’ayez posé cette question. Je rappelle qu’avant le coup d’Etat du 22 mars, le 2 février exactement, Amadou Toumani Touré, le président de la République d’alors, a convié le Haut Conseil Islamique à Koulouba pour la cérémonie de remise du véhicule que j’ai. Il ne l’a pas donné à Mahmoud Dicko, mais au Haut Conseil Islamique. Après l’avoir remercié pour ce geste, je lui avais posé, devant tout le monde, cette question : Mr le président, qu’est –ce que vous pensez que nous, en tant que Haut Conseil Islamique, pouvons faire pour résoudre cette crise qui sévit au nord du pays ?

Le président ATT nous a demandé de contacter Iyad Ag Ghaly, parce que c’est lui qui parle de religion dans ses revendications.

Nous avons dit que si c’est Iyad, nous allons le rencontrer pour discuter avec lui. De retour de Koulouba, nous avons mis une commission en place. Puis nous avons demandé à rencontrer le président de l’Assemblée nationale à qui nous avons adressé une correspondance à ce sujet.

Afin de coordonner nos actions avec l’hémicycle. A l’époque, c’était Dioncounda Traoré, qui nous a reçus.

Nous lui avons dit que nous avons un bureau régional à Kidal, dirigé par Intallah.

Nous l’avons joint au téléphone pour lui demander s’il y a possibilité pour nous de rencontrer Iyad pour échanger avec lui.

Sans succès. Puis, on nous a montré un ancien gendarme, ex –préfet de Abeïbara, qui était à l’époque à Bamako. On nous a dit qu’il est même capable de nous conduire jusque chez Iyad. Je l’ai fait venir au bureau, ici. Puis j’ai pris contact avec le ministre de l’Administration d’alors, le général Kafougouna Koné, pour savoir s’il peut accorder une permission à ce messieurs, afin qu’il nous accompagne.

Mais ce que nous n’avons pas compris, chaque fois que nous demandons à partir, les autorités nous disent : ‘‘attendez d’abord, il y a des dispositifs militaires, que l’endroit n’est sécurisé’’ etc….

Nous avons attendu, jusqu’au jour où, Iyad a décidé de remettre les 160 soldats maliens qu’il détenait au Haut Conseil Islamique. Car nous lui avons dit, au téléphone, que s’il veut qu’on se parle, il faut qu’il montre sa bonne foi. C’est ce qui est à l’origine de la libération de ces 160 soldats maliens.

Après ce geste, nous avons décidé de le rencontrer. Mais, je n’ai pas compris la réponse des autorités d’alors qui, visiblement, ne voulaient pas que nous rencontrions Iyad.

Ainsi, nous avons décidé de surseoir à notre voyage. Du moins jusqu’au jour de coup d’Etat où, nous avons reçu un coup de fil du secrétaire général du ministère de l’Administration, Boubacar Sow, pour me donner le numéro du véhicule mis à notre disposition pour effectuer le voyage. Mais quand je l’ai interrogé au sujet du carburant et des perdiems pour ceux qui doivent voyager, il m’a dit qu’on ne lui a rien donné.

 

Et c’est quoi le fin mot de votre rencontre avec Iyad ?

 

C’est pour vous dire qui je me suis jamais rendu à Kidal dans ce sens. Et je n’ai jamais rencontré Iyad jusqu’au moment où nous parlons. Voici ce qui s’est passé.

Quand les Maliens me voient à la télé, en train de donner la route aux convois humanitaires, ils pensaient que j’étais en route pour le nord. Non ! Je suis resté à Bamako.

Par contre, je me rendu à Gao. Et comment ? Quelqu’un m’a appelé, pour me dire qu’il a remis mon numéro de téléphone à une personne qui a un message pour moi.

Et le même soir, cette personne m’a rappelé pour me dire que les gens du MUJAO veulent rencontrer le Haut Conseil Islamique pour discuter et trouver un terrain d’entente.

Moi, je dis que nous, on ne cherche que cela.

J’ai, tout de suite, informé le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, puis le capitaine Amadou Haya Sanogo. J’ai désigné, au sein de mon bureau, trois collaborateurs pour aller rencontrer les gens du MUJAO à Gao.

Mais, visiblement, aucun n’était pour le voyage. C’est alors que, j’ai pris la décision d’aller. J’étais accompagné de deux collaborateurs. Sur place, nous avons rencontré les notabilités de Gao, les membres du Haut Conseil Islamique… avant de rencontrer le représentant du MUJAO : leur chargé de communication, un Saharaoui.

Mais la discussion, avec lui, a tourné court. Quand il m’a dit : « Nous allons attaquer toute la sous –région, sauf le Mali… ».

Je lui ai répondu : « ça veut dire quoi ? Mais vous êtes, ici à Gao, ce n’est pas le Mali ? Comment vous êtes arrivés ici, ce n’est pas par les armes ? Si vous êtes de bonne foi, vous devez remettre le drapeau malien sur tous les bâtiments administratifs ».

J’étais accompagné de Kimbiri, qui a beaucoup insisté là –dessus. A tel point qu’il agaçait l’envoyé du MUJAO qui s’est fâché. On s’est quittés sans se dire au revoir. Quand on partait à Gao, le MUJAO nous a fait escorter depuis Douentza. Mais quand on revenait, on n’a pas eu droit à l’escorte.

Nous avons été abandonnés à nous –mêmes. Mais quand nous sommes arrivés à Bamako, nous ne voulions pas en rajouter à la panique de nos concitoyens. C’est pourquoi, nous nous sommes contentés d’expliquer aux autorités ce qui s’est passé entre le MUJAO et nous.

Mais j’ai dit au Premier ministre d’alors, Cheick Modibo Diarra, que le Mali doit se préparer à une guerre. Car ces Djihadistes –là ne sont pas de bonne foi. Cheick Modibo Diarra est vivant, il peut en témoigner.

 

Mais que pensez –vous de ces Djihadistes ?

 

Ces gens –là, je ne les connais pas. Tout ce que je sais d’eux, je l’ai appris par les médias occidentaux. Je ne sais pas qui leur a donné l’autorisation de s’établir au nord du Mali. Mais de notre point de vue, ce qu’ils sont en train de faire, n’est pas la djiha, au sens islamique du terme. Leur manière d’appliquer la Charia n’est pas acceptable. Voilà ce que nous pensons de ces gens –là.

 

Comment voyez –vous l’intervention militaire française au Mali ?

 

Ceux qui s’érigent contre l’intervention militaire française au Mali ne sont pas conséquents avec eux-mêmes. L’OTAN s’est coalisé avec le Qatar, l’Arabie Saoudite contre la Libye.

Alors que la Libye est un pays musulman. Pourquoi ces pays ou leaders politiques, qui critiquent l’intervention française au Mali, n’avaient rien dit à l’époque ? Pourquoi l’intervention de la France, en Libye, n’avait pas été considéré comme une « agression contre l’islam » ? Pourquoi considèrent –ils cela au Mali comme telle ? Ces terroristes –là, ne viennent –ils pas de ces mêmes pays arabes qui critiquent aujourd’hui l’intervention militaire française au Mali ?

Je le dis et le répète : l’intervention militaire française, au Mali, est arrivée à Propos. Car le peuple malien était en détresse.

La France est venue, par la grâce de Dieu, secourir un peuple en détresse. Nous pensons même que, ce sont nos prières et nos bénédictions que Dieu a exaucé en faisant intervenir la France au Mali.

Car, nous avons constaté à quel point la CEDEAO avait du mal à faire face à ce problème. Mais imaginez ce que serait le Mali, si la France n’était pas intervenue ?

 

Comment se porte le Haut Conseil Islamique ?

 

Le Haut Conseil Islamique se porte à merveille. Certains racontent beaucoup de choses à propos du Haut Conseil Islamique. Sans succès. Après, ils ont essayé de créer des scissions entre nous. En vain ! Ils se fatiguent. Nous sommes en parfaite harmonie, entre nous.

Nous avons voulu faire notre congrès, conformément à notre statut et règlements. Mais compte tenu de la situation qui prévaut dans notre pays, nous décidé, unanimement, d’attendre que les choses reviennent à la normale. Avant de le faire. Il n’y a ni scission, ni guerre de chefs au Haut Conseil Islamique.

 

Votre message à la communauté musulmane du Mali…

 

Mon message reste le même : l’unité derrière le Mali et derrière nos autorités. Afin de sortir le pays de cette crise qui n’a que trop duré. Je demande à tous les Maliens de dépassionner le débat, d’aller à l’essentiel : la restauration de l’intégrité territoriale du pays et l’organisation d’élections crédibles, qui permettront de doter notre pays d’institutions légitimes.

 

Propos recueillis par Oumar Babi

SOURCE:  du   31 jan 2013.    

39 Réactions à Mahmoud Dicko, président du HCI: ‘‘Je défie quiconque de prouver le contraire : je n’ai reçu ni voiture, ni argent de la part du Dr Cheick Modibo Diarra’’

  1. ettoi

    De grâce foutez nous la paix !
    Le Mali doit plutôt laver sa face et la montrer digne à ses hôtes qui sont nombreux sur le sol malien a se battre pour nous.
    Hélas ils apprendront nos dessous pourris á nos dépens!Tous nos culs de pantalon troués.
    Dieu qu´est-ce qu´on a à foutre des déboires d´un Dicko ou d´un autre tel demain?

    Celui qui sauve le pays aujourd´hui est à la frontiere ou au cimétiere et il est à 90 pour cent etranger.
    Un etranger qui est en train de mourir pour nous et nous, qu´est-ce qu´on publie dans nos lignes ,? des dentelles souillées!

    Les gars nous sommes en guerre, bougez vos c…et allez documenter dehors, si vous êtes journalistes, au lieu de batifoler des sornettes