A la Une: une force commune contre le terrorisme au Sahel

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Les pays du G5 Sahel veulent mettre en place une armée sous-régionale capable de lutter efficacement contre le terrorisme et l’insécurité en général, spécialement dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Hier lundi, les dirigeants du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad se sont réunis à Bamako pour préciser les contours de cette force commune.

Voici ce qu’on en sait. D’après le site d’information Press Afrik, « l’effectif de cette force pourra aller jusqu’à 10.000 hommes avec un mandat d’un an renouvelable. Mais la véritable nouveauté c’est qu’elle sera dotée de deux composantes. Une militaire et une autre policière avec des effectifs chargés de lutter plus particulièrement contre le trafic de drogue, de biens, ou d’êtres humains. Une nouvelle manière d’aborder la lutte contre le terrorisme qui se nourrit de ces commerces illégaux parallèles. Une initiative que la France soutient à 100%, notamment via l’opération Barkhane qui appuie les pays du G5 dans le domaine du renseignement notamment. ‘Le G5 c’est une voie de sortie pour Barkhane’, explique une source française. Mais avant de voir une armée du G5 Sahel pleinement opérationnelle, il va falloir du temps, de la formation et de l’argent, relève encore Press Afrik. De nombreux officiers d’état-major vont être formés dans les mois à venir par Barkhane. »Justement, pour ce qui est du financement, l’Union européenne annonce une aide de 50 millions d’euros.L’exemple des pays du Bassin du lac Tchad« Les lignes commencent à bouger », se félicite Le Pays au Burkina. « En attendant la mise en œuvre concrète de cette armée, l’on peut déjà se réjouir que le G5 ait pris le taureau de la lutte contre le terrorisme par les cornes, en essayant d’y apporter une réponse à la hauteur du défi. (…) Les pays du G5 Sahel ne devraient pas avoir de difficulté à s’inspirer de l’exemple de la coalition des pays du Bassin du lac Tchad dont l’unité d’action a permis de porter un coup dur à la secte islamiste Boko Haram qui y sévissait, en réduisant considérablement sa capacité de nuisance. (…) Il appartient donc aux pays du G5 Sahel de se donner les moyens de mettre au pas les Iyad Ag Ghali, Amadou Koufa, Ibrahim Malam Dicko et autres obscurs trafiquants de drogue qui veulent mettre la sous-région sous coupe réglée, dans le but de maintenir un commerce autrement florissant et lucratif, qui leur permet d’assurer la survie de leurs mouvements et de financer leurs actions diaboliques. »

Pour Wakat Séra, il faut agir vite : « il urge de déployer ces 10.000 hommes. Le doublement de l’effectif de ces troupes qui se chiffrait à 5.000 soldats est une preuve de la détermination des dirigeants de ces cinq pays à ne plus laisser la moindre marge de manœuvre aux djihadistes. Force polyvalente car devant s’attaquer également à tous les trafics, qu’ils soient de drogue ou d’êtres humains, l’initiative a trouvé en l’Union européenne un soutien d’envergure, l’institution étant prête à l’accompagner financièrement avec un pactole de 50 millions d’euros. Mais si l’argent est le nerf de la guerre, il est loin d’être le moyen de la gagner. Il faut surtout des renseignements affinés, des stratégies bien pensées et surtout des hommes engagés au front. Il faut arrêter le train de l’horreur, ou tout au moins réduire sa puissance et limiter ses gares. »

Se bouger !

Recevoir de l’argent européen, c’est bien, mais les Africains doivent maintenant s’investir dans ce projet et investir tout court… C’est l’opinion du quotidien Aujourd’hui : « on a coutume de dire en Afrique que lorsqu’on vous lave le dos, la décence voudrait qu’on fasse l’effort de se rincer le visage, l’UE lave le dos à la zone sahélo-saharienne, à elle de se rincer le visage à présent, s’exclame le quotidien ouagalais. (…) Les Sahéliens doivent donc se bouger pour bouter hors de leur territoire cette vermine, voire l’anéantir. (…) Et c’est un truisme de dire que cette bouffée d’oxygène reste insuffisante au regard des enjeux sécuritaires dans la bande sahélo-saharienne. D’où l’urgence que les pays concernés se prononcent rapidement sur le montant qu’ils vont cracher au bassinet chacun pour cette lutte de survie. Combien mettront le Burkina, le Niger et le Mali dans tout ça, eux qui sont concernés au premier chef ? »

Les finances des pays concernés étant ce qu’elles sont, il faudra que l’ONU apporte également sa contribution, estime enfin L’Observateur Paalga. « Sans cet accompagnement soutenu de la communauté internationale, il faut craindre, prévient le journal burkinabé, que cette Force commune ne soit en fin de compte qu’un pétard mouillé. »

 Par RFI
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