Opération “Serval”, le début du passage de flambeau

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operation-servalTombouctou (Mali), correspondance. Mercredi 10 avril, dès l’aube, la rumeur court dans la cité mystérieuse. Entêtante et inquiétante : “Les militaires français partent. ” Sur la base de l’opération “Serval”, à l’entrée de la ville, l’accueil des premiers éléments de la Mission international de soutien au Mali (Misma) se prépare. Près de 600 soldats burkinabés sont attendus depuis la fin mars. Basés jusqu’ici à Markala (centre), ils doivent prendre le relais des 200 éléments du premier régiment d’infanterie (Rima) d’Angoulême. Depuis deux semaines, les Burkinabés étaient bloqués. Ils attendaient l’équipement adéquat pour monter au Nord.

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Dès 13 heures, une colonne française se positionne sur les berges du Niger, à Koryombé, porte d’entrée de Tombouctou, à 900 km de Bamako. Le bac est un passage obligé pour rejoindre la ville. Les heures s’égrènent.
Point de militaires burkinabés à l’horizon. L’officier français chef des opérations s’agace : “Nous ne savons pas quand est-ce qu’ils arrivent, ni leur nombre, ni leur rythme de progression. Cela commence bien. ”

De longues minutes s’étirent encore. Au grand bonheur des gamins admiratifs qui assaillent les soldats. Enfin, vers 15 heures, l’escadron burkinabé apparaît de l’autre côté de la rive.
“VOUS NE CONNAISSEZ PAS VOTRE GAUCHE ?!”

Les trois bacs sont réquisitionnés pour faire traverser la troupe le plus rapidement possible. Les Français prévoient un débarquement à gauche. Les Burkinabés prennent à droite. Le commandant français crie à tue-tête “à gauche, à gauche, vous ne connaissez pas votre gauche?!” Les pick-up, lourdement armés, continuent de débarquer en trombe, à droite. Les soldats burkinabés sont épuisés et poussiéreux. La route du Nord a été un calvaire pour eux. Trois jours pour couvrir les 700 km entre Markala et Tombouctou.

“C’est fini !”, tonne le commandant français. “Non. D’autres éléments sont en panne sur la route”, lui rétorque son alter ego burkinabé. Le Français : “Le bac s’arrête à 18 heures. A 17h45, même s’ils sont sur l’autre rive, je ne prends plus personne.”. Piqué au vif, le Burkinabé réplique : “Il faut de la flexibilité vu l’état chaotique de la route !” Le patron malien du bac les départage : “Exceptionnellement, nous pourrons maintenir les rotations jusqu’à 19 heures !”

Finalement, environ 170 Burkinabés ont rejoint la base des opérations Serval. Le reste ? “Inch’Allah” sourit l’officier en charge de l’opération d’accueil. Pourtant, le patron de “Serval” à Tombouctou, le capitaine Aurélien veut tenir le calendrier. “Nous avons quinze jours pour assurer le passage de relais. Ensuite, une trentaine de Français resterons pour l’encadrement et le conseil, en plus d’un agent de liaison.”
Pourtant de l’aveu même de l’officier supérieur, la région reste à “nettoyer” et “la ville sera doute encore visée par des actes de guérilla”. Tombouctou, cité bariolée de drapeaux français, refuse de croire au retrait de ses libérateurs. Chaque sortie des troupes de Serval est acclamée. Comme un rappel.

 

vendredi 12 avril 2013  |  LeMonde.fr

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11 COMMENTAIRES

  1. A ceux qui disent que les français et tchadiens etaient les seuls au nord,sachez que les nigeriens sont à gao et ansongo depuis fin janvier et ils font du bon boulot.les plus hautes autorités dont le P.R du Niger ont visité ses troupes pour les encourager.encore une fois,Merci au Nigeriens car grace a eux,j’ai pu retourner chez moi.

  2. Il faut que ce capitaine Français comprenne que s’il est habitué à une rigueur militaire très appuyée telle que nous la pratiquons dans notre armée , il n’en est pas forcément de même pour ces soldats Burkinabé qui n’ont pas notre héritage militaire vieux de mille ans et qui a fabriqué notre organisation militaire actuelle .
    Je le trouve bien rigide , pas très indulgent et surtout très méprisant , ces soldats Burkinabé sont là , ils ont fait la route pour y être et seront disponibles et au service de la population Malienne , au lieu de jouer au père la rigueur , un peu d’entraide et de solidarité serait mieux venue , un peu de respect également …

    • @Charly ……..sans un minimum d’effort et de discipline on n’arrive à rien ! Vois ce qui s’est passé il y a un an avec l’armée malienne 😳 😳 😳 personne n’oblige pensonne a s’engager dans l’armée .Si c’est juste pour un salaire assuré en fin de mois ,qu’ils fassent autre chose !!
      Crois tu que les soldats français etaient à la fete a crapahuter dans les rochers avec 50 kgs sur le dos et une temperature de 45 ou 50° ????

      • Je suis d’accord avec toi , on ne s’engage pas dans l’armée en pensant à entrer en sinécure mais ne 😀 comparons pas les deux armées , l’éducation militaire d’un pays comme le notre est inscrite dans un millénaire d’expérience , dans de nombreux conflits organisés , perdus ou gagnés , nous avons des écoles d’excellence pour former officiers et sous officiers , des traditions militaires anciennes .
        Les Burkinabés sont un jeune peuple en tant qu’état , dont les structures d’état sont neuves , qui se constitue une armée qui elle même est neuve et qui part de zéro , je crois plus à la valeur de l’encouragement et de l’entraide qu’en la critique dédaigneuse .

  3. Nous disons que les maîtres et commanditaires sous régionaux d’Europe d’Arabie des « ramassis de voyous » et soit disant amis du Mali sont dans tous leurs états devant la débandade de leurs bras armés et n’ont pas encore dit leurs derniers mots

    Nous disons malicieusement sournoisement sataniquement ils tissent la « toile » de leur dernier piège pour s’accaparer du Mali 1fois pour toute

    Nous disons Dieu Le Tout Puissant Le Tout Miséricordieux viendra encore au secours des maliens et maliennes fiers honnêtes aimants leur Mali en déjouant leur dernier piège

    Nous disons ce piège consiste

    1) à soit disant venir au secours du Mali et positionner leurs troupes aux frontières et dans les villes stratégiques du nord revendiquées par leurs bras armées que sont les MNLA Ansar Eddine et Consorts qui pourront se réorganiser et procéder ensuite à des attaques ou à des infiltrations à partir des pays sous régionaux frontaliers avec le Mali qui leur donnent le gîte le couvert les soins médicaux malgré les mandats d’arrêt lancés à leur encontre par le Mali pour crimes contre la paix l’unité crimes de guerre crimes contre l’humanité

    2) à exiger la tenue d’élections même si le pays est divisé la moitié de la population réfugiée hors du pays avec Kidal aux mains des MNLA et Consorts à Dioncouda au Django malien au gouvernement aux députés aux partis politiques de l’ex mouvance tous des lettrés mutants politiques maliens responsables de la déliquescence du Mali de part leur gestion primaire primitive cupide ingrate laxiste malhonnête égoïste familiale clanique de l’impunité reine propre aux lettrés mutants politiques africains

    Nous disons le Mali se trouvera ainsi dans 1 situation de mi paix mi guerre avec 1gouvernement soit disant légitime d’1part et d’autre part des « ramassis de voyous » au « grand dame » du Mali comme cela passe en Afghanistan Irak Somalie RDC etc

  4. Bien vrai d’ecrire un article moqueur sur des soldats etrangers qui viennent aider des soldats maliens peureux et poltrons. N’oubliez pas Mrs les journaleux.. Maliens kil ny a que les Tchadiens dans le nord en plus des francais… soyez plutot heureux que le Burkina envoit ces enfants combattre pour vous. Un fois de plus journaleux stupide de surcroix reflechisser sur l’impact morale de vos ecrits nonnn de votre merdre. Merci… a bon entendeur…

  5. La plus grosse opération militaire française menée depuis 50 ans, l’opération « Serval », entre dans son quatrième mois. Cette semaine, conformément à ce qui avait été dit, la France a retiré ses premières troupes du Mali : une centaine d’hommes sur les 4 000 soldats français engagés. François Hollande avait annoncé un début de retrait des troupes françaises avant la fin avril.

    Le Nord-Mali, considéré comme potentiellement libéré, les jeunes soldats français ont donc commencé à faire leurs baluchons. Toutefois, les opérations militaires se poursuivent, les otages n’ayant pas encore été libérés, et des postes de résistance « djihadistes » s’étant fait remarquer.

    Sans doute est-il encore trop tôt de faire le bilan de l’opération Serval. Pour l’heure, en tout cas, la mission peut être considérée comme accomplie. Les objectifs militaires ont été atteints, l’ennemi ayant été détruit ou sérieusement affaibli. Il sait que désormais, ce type d’agression ne restera pas impunie, et que la communauté internationale agira prestement. Pour mettre fin à la récréation, il aura donc fallu l’intervention inattendue, forte et massive de l’armée française, de même que la hardiesse des troupes tchadiennes. Les soldats de Idriss Déby Itno, venus eux aussi de si loin, ont fait la preuve de leur bravoure, de leur connaissance du Sahel et de leur détermination à sauver des Maliens qui parlaient plus qu’ils n’agissaient. Une belle leçon de solidarité et de fierté qui doit être enseignée dans les casernes et autres écoles de formation.

    Grâce aux troupes françaises et tchadiennes, du matériel de guerre provenant des casernes de l’armée malienne a été récupéré sur l’ennemi défait. Le désert rocailleux gardera donc longtemps un véritable bilan de ce qui aura certainement été un des plus grands désastres du Sahel. Mais l’opération Serval nous aura montré le vrai visage de nos armées : gagnées par la cupidité, ce sont des coquilles vides agitées de temps en temps par quelques fanfarons qui n’ont de faits de guerre pour s’imposer aux hommes du rang, que quelques coups d’Etat généralement mal gérés par la suite. Saurons-nous seulement tirer leçon des mésaventures de la crise malienne ? Autant l’intervention française aura marqué un tournant majeur dans la résolution de cette crise, autant celle-ci aura mis en évidence la faillite de l’Etat et de l’armée en Afrique en général, en Afrique de l’Ouest en particulier.

    Au plan politique, c’est un désastre : querelle de chiffonniers à Bamako, vaines rencontres au sein de la CEDEAO où bureaucratie et manque d’argent ont fini par convaincre les Africains de l’inefficacité des armées et de la faillite des Etats. C’est désormais un secret de polichinelle, les armées africaines sont inefficaces. Quant aux élites dirigeantes, elles ont encore su donner d’elles-mêmes mais au monde entier, le spectacle pitoyable qui est depuis longtemps le leur sous nos chaumières : la fuite des responsabilités sur fond de démagogie. Si la honte pouvait tuer, il est certain que beaucoup de ces leaders africains, auraient rendu l’âme. Surtout au Mali, où il va falloir désormais faire preuve de plus de modestie.

    La crise a montré que non seulement l’Etat africain est en faillite, mais que de véritables clans mafieux se sont substitués à lui. Ces derniers, sans vergogne, ont donc étalé, à la face du monde, leurs intérêts divergents, aux antipodes de ceux des peuples qui attendront encore longtemps qu’on pense à leurs aspirations légitimes. La crise malienne, à l’instar d’autres crises qui ont ébranlé ou fait vaciller des régimes au fil des ans, a ainsi révélé que certains drames auraient pu être évités, si les élites dirigeantes l’avaient voulu. Mais, par leur manque de patriotisme et leur fuite de responsabilité, elles ont donné davantage de courage aux agresseurs. Aujourd’hui, il faut craindre qu’un abattement moral n’envahisse les Africains : ce continent a-t-il des dirigeants vraiment patriotes ? En tout cas, l’opération Serval a montré que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Les pillards qui gèrent péniblement nos ressources ne peuvent même pas s’entendre pour sauver nos vies.

    Il y a de sérieuses leçons à tirer. Car, que se serait-il passé s’il n’y avait pas, ces temps-ci, à l’Elysée, un homme d’Etat responsable et prévenant ? Dans l’urgence, François Hollande, qui assurait depuis des mois que la France n’interviendrait pas directement, avait dû engager l’aviation, puis des éléments français sur le terrain. En un mois, 4 000 soldats ont été déployés et 10 000 tonnes de fret acheminées. Le chef de l’Etat français qui a osé, a donc pris sur lui la responsabilité de sauver de la détresse, des populations abandonnées à leur triste sort. En effet, ces populations étaient prises en otage au Nord, mais aussi au Sud du Mali. Entre des illuminés de « djihadistes » associés à des narcotrafiquants ambitieux, et une clique de dirigeants truffés de mafieux autant que de démagogues jouant aux patriotes à Bamako.

    Malgré les mises en garde et les conseils d’usage, c’était la fuite en avant aux abords du Djoliba. Si bien qu’on ne retiendra de ce triste épisode de l’histoire du Mali de l’après Soundiata Kéïta et autres, que la débandade au niveau des « va-t-en-guerre », et la décrépitude morale au sein de la classe politique malienne toutes tendances confondues. Mais, au fond, que pouvaient-ils vraiment faire, l’ennemi qui semblait bien les connaître, ayant eu loisir à leur dire qu’il était surarmé et que personne ne parviendrait à l’arrêter dans sa marche vers la recolonisation…religieuse d’un gros morceau du territoire ouest-africain ?

    Reste, à présent, à savoir comment se conduiront les troupes africaines de la relève, une fois les soldats français rentrés chez eux. Une éventuelle sortie des troupes françaises, après ces quatre mois d’intervention, exigera de saisir le parlement. D’où l’intérêt de se réorganiser beaucoup plus sérieusement, eu égard aux faits vécus dans un passé récent. Le drame, c’est que l’opération Serval aura au moins confirmé que les dirigeants africains se hâtent toujours…lentement, et que la sempiternelle question de ressources servira encore longtemps de prétexte à la nonchalance et à la démission.

    Certes, l’on peut toujours compter sur le millier de soldats français qui demeureront dans les environs, sans oublier les éléments des bases de Dakar, Abidjan et Libreville. Il y a bien entendu les troupes de Ndjamena, aujourd’hui bien connues pour avoir sauvé le Mali et préservé son honneur. Mais quel autre visage nos armées présenteront-elles en cas d’attaques soudaines des « Fous d’Allah » et de la drogue ?

    Un travail de fond et de fourmi reste à faire, même si l’ennemi a été endommagé jusque dans son repaire rocailleux. A ce qu’on dit, il a de nouvelles ambitions et jamais, il ne renoncera à nuire. Aux armées et aux dirigeants ouest-africains d’assurer donc, très sérieusement, la relève des troupes françaises et de nous épargner une débâcle que personne ne leur pardonnera. Il appartient, en premier lieu, aux Maliens de se regarder dans la glace et de se ressaisir après l’effondrement moral dont toute la planète vient d’être témoin. Parmi les premiers à devoir tirer des leçons, il y a tous ces « prêcheurs en eaux troubles ». Ceux qui savent débiter des thèmes haineux sous forme de sermons se doivent aujourd’hui de faire profil bas. N’ayant pas su défendre leurs causes et celles du peuple devant des « djihadistes » enflammés, ils doivent dorénavant apprendre à militer pour un Mali plus démocratique et laïque. La classe politique, elle, doit avancer et surtout éviter de se compromettre à nouveau, au point de transformer la victoire sur l’ennemi en défaite pour le peuple malien. Ah ! Si Serval n’avait pas existé…

  6. Le gouvernement malien est incapable de donner du matériel adéquat à nos soldats, même de simples jilains pour un peu de protection, ils n’en ont pas. Honte……

  7. ” les burkinabés etaient bloqués à Markala en attendant le materiel pour monter au nord ” 🙄 …………..pourquoi ,ils n’avaient pas reçu les ventilateurs 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

  8. bel article au ton un peu moqueur, comme si les soldats burkinabè étaient ridicules. Courage à vous, versez votre sang, donnez votre vie pour que ce pays frère retrouve sa quiétude d’antan

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