Parcours d’une femme exemplaire : Mme Camara Fatoumata Mariko une enseignante modèle

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A l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous avons jugé nécessaire de porter notre plume à la vie d’une dame exemplaire, qui a l’amour de son métier. Elle a bien voulu nous accueillir chez elle, entourée de son mari, de ses enfants et petits-enfants, à Magnambougou Projet. Au cours de notre rencontre, elle nous parle de son parcours dans l’enseignement.  

Née Fatoumata Mariko, elle est mariée et mère de 7 enfants, dont 6 enfants sont diplômés des universités. Parmi eux 4 sont fonctionnaires et seul le dernier est au lycée, en 11è Sciences Biologies.
Mme Camara Fatoumata Mariko est domiciliée à Magnambougou Projet. Après ses études avec un parcours remarquable, à l’Institut pédagogique d’enseignement général de Kayes (IPEG), elle est devenue enseignante depuis 1976.

Faut-il rappeler qu’elle a d’abord fait son baptême de feu à l’école Légal-Ségou à Kayes, en 1976, avant d’être mutée à Bamako où elle donnera successivement des cours à l’école de Missira de 1978 à 1979, l’école franco-arabe de Darsalam et l’école Magnambougou marché où elle a passé huit bonnes années à servir avec loyauté et honneur dans ces écoles. Il faut donc attendre 1998, pour qu’elle se voit nommée directrice de l’école «C» de Faladié Sokoura, en commune VI du district de Bamako, par  Karamoko Boubacar Diallo, l’inspecteur de l’enseignement à l’époque, pour gratifier sa bravoure, son amour et sa tendresse pour la craie.

A noter aussi que cette enseignante, exemplaire et de bonne réputation,  partout où elle a servi, nous fera savoir que ce n’était pas par vocation qu’elle se trouve aujourd’hui dans l’enseignement car  après l’obtention de son diplôme du DFE, elle avait l’intention de poursuivre ses études dans un lycée, mais que le Dieu en a décidé autrement car son grand frère venait de rejoindre l’au-delà la même année, son diplôme de médecine en main. «Il fallait donc que je fasse un cycle court pour venir en aide à mon père, c’est pourquoi j’ai été donc à l’Institut pédagogique d’enseignement général de Kayes afin de devenir enseignante pour épauler mon père». Avant d’ajouter que, la  même année, «j’ai eu la chance d’être mariée à M. Camara qui était à l’époque le professeur des sciences naturelles à L’IPEG de Kayes» a-t-elle martelé. Voilà donc comment cette enseignante est devenue exemplaire dans ce métier qu’elle exerce depuis près de 37ans.

«A cœur vaillant rien n’est impossible»
Mme Camara, comme elle se plait de s’appeler, pense aujourd’hui qu’il y a des enseignants modèles et exceptionnels au Mali, de la bonne semence. Elle pense également que le métier d’enseignant est un métier noble, instructif et très rentable. Interrogée sur les avantages et l’importance d’être instituteur ou institutrice, elle répond que l’enseignant doit faire honnêtement son métier, bien préparer et dispenser ses cours, donner le bon exemple aux élèves et collègues, et aider les autres à réussir.
Selon Mme Camara, depuis qu’elle a commencé à enseigner, elle a toujours pris les grandes classes de 5e et 6e Année, contrairement à beaucoup de ses collègues femmes.  En 1987-1988, elle avait une classe de 124 élèves en 6é, double vacation. «En 1997 également, j’avais une classe de 6é de 124 élèves, et pendant les années où je tenais la 6é, nous étions au nombre de 4 maîtres de 6e Année. J’étais la seule maîtresse j’avais toujours le meilleur pourcentage par rapport à mes collègues hommes, cela veut dire qu’à cœur vaillant rien n’est impossible. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai été nommée.  Ce n’est pas un poste politique, ni de relation, et je l’ai pas acheté ou négocié, c’est un poste de mérite. Depuis cette nomination au poste de directrice, j’ai effectué mes travaux administratifs sans défaillance, et dans la bonne collaboration avec mes chefs, mes collègues directeurs, mes enseignants, le Comité de gestion scolaire, la population du quartier de Faladié.  Dans ce quartier de Faladié, je suis aujourd’hui bien connue et respectée par tout le monde» explique-t-elle.

«Sans l’implication des autorités maliennes, rien n’est possible pour la bonne marche de l’enseignement »
Toujours selon elle, s’il y a un bénéfice qu’elle a tiré de sa profession d’enseignante, c’est bien l’éducation et la réussite de ses enfants, la fierté et l’honneur quand elle rencontre ses anciennes élèves. Pour clôturer notre entretien, Mme Camara dira qu’elle ne regrette pas d’avoir été enseignante. « Sur le plan salaire, je rends grâce à Dieu, mais cela ne compte pas pour moi car l’amour étant le sel de la vie, je me glorifie de l’amour de ce métier ». Mais seulement, elle déplore aujourd’hui, comme toute mère soucieuse du devenir des enfants, la baisse du niveau de connaissance qui est due, selon elle, aux différents changements de système éducatif. Les maîtres n’ont pas le temps d’échanger avec leurs élèves et le manque de maîtrise de la pédagogie. Pour finir, elle dira que  « d’autres facteurs néfastes pour la baisse de niveau des enfants est l’introduction de nouvelles méthodes que les enseignants, eux- mêmes, ne maitrisent pas, le manque d’enseignants, la pléthore des effectifs, les sorties incessantes des enseignants et des élèves et plus grave, la démission totale des parents pour l’éducation de leurs enfants. Sans l’implication des autorités maliennes, rien n’est possible pour la bonne marche de l’enseignement».

Et pour cela, Mme Camara conseille aux jeunes enseignants de se soucier de la formation des enfants, avant de songer au gain.  «L’enseignant doit se dire que quand il fait bien son travail, l’argent qu’il gagne va le satisfaire.  L’enseignant doit beaucoup plus se soucier de la formation des enfants qui lui sont confiés que de courir dernière le salaire à la fin du mois. Un penseur dit que le bien est payé par le bien, et le mal par le mal. Ce proverbe est bien vérifié car tout enseignant qui fait bien son travail ressent le résultat sur ses enfants car ils réussiront tous par la grâce de Dieu».
Enfin, pour les années à venir,  Mme Camara Fatoumata Mariko ne compte pas déposer la craie même après la retraite car elle ambitionne de créer une école privée pour former les enfants et si possible écrire un livre sur le métier d’enseignant, si Dieu lui accorde une très longue vie. Alors, bon vent et bonne continuation à notre célèbre et exemplaire institutrice, Mme Camara.
Bintou CAMARA

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