Chronique du vendredi : Un plébiscite à l’épreuve de la question touareg

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Les rideaux sont tirés sur le 20è sommet de l’Union africaine et sur la table ronde des donateurs pour la Misma. Et un constat unanime : Addis aura été un véritable plébiscite pour le Mali et son président. La passion jointe à la compassion et la parole à l’acte :  les chefs d’Etats se sont succédé à la tribune, de toutes les régions,  rivalisant de sympathie pour notre pays dont le Rwandais  Kagamé dira qu’il ne peut être abandonné à son sort, en raison de son apport  panafricain symbolisé, nommera t-il, par  Modibo Kéita et Alpha Oumar Konaré.

Adam Thiam

Même le nouveau Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a repris à son compte l’engagement univoque de son prédécesseur à la tête de l’Union, le Béninois Boni Yayi. Et ne ménageant rien pour le Mali, Alassane Ouattara n’a pas eu dans la capitale éthiopienne moins de huit audiences sur notre crise. Plus que les mots d’ailleurs, ce qui a parlé ce sont les actes concrets lors de la table ronde conjointe Ua-Onu  de mobilisation du financement requis  pour la mise en œuvre de la très évolutive Misma  – un problème  en soi-. Sur une prévision initiale de 460 millions de dollars, la table ronde d’Addis a enregistré plus de 450 millions de dollars.  Il est vrai que la présentation faite à l’événement par le président de la Cedeao mentionnait un nouveau besoin de plus de 900 millions de dollars. Ce qui fait un peu le problème de ce projet d’opération pour lequel les estimations ne cessent d’évoluer, surtout que sa mise en œuvre a été anticipée par le blitzkrieg-boomerang des jihadistes.

En tout cas, si la table-ronde n’a pas eu le succès de ses ancêtres consécutifs au tsunami asiatique ou au séisme haitien, elle a pulvérisé les records du Darfur et de la Somalie. Mieux, jamais les Etats africains et l’organisation continentale n’avaient autant mis la main dans la poche pour un Etat-membre contribuant pour près du tiers des annonces faites. Et puis avec 100 millions de dollars à lui tout seul, le Japon émerge comme un puissant allié de la paix et de la sécurité  du continent africain. Plébiscitée également dans une enceinte plus orgueilleuse que capable : la France de Hollande saluée par plus d’un Etat dont l’austère Rwanda et la sourcilleuse Afrique du Sud.

Ce sommet consacré l’arrivée de Dioncounda II adoubé  tant par la communauté internationale que ses compatriotes. Un état de grâce, en somme, pour un Président de crise qui a été jusque-là au creux de la vague. Mais un état de grâce que et lui et Hollande mettent à l’épreuve du Mnla. Et qui suscite de réelles rebuffades de l’opinion. Laquelle ne passe pas par quatre chemins : pour elle, ce qui est dit sur Rfi et France 24 est ce que le pouvoir français veut. La déformation, dans une mesure d’un pays qui ne peut pas croire que les médias publics ne sont pas que la voix du maître. Mais aussi les propos un peu troublants du sarkozyste Longuet qui invite au débat sur le fédéralisme malien dès la fin des opérations militaires dans notre septentrion.

Et quand le ministre de la défense de Hollande annonce « les Touaregs sont nos amis », les Maliens y voient les manifestations d’une trahison qui réduit la portée de la solidarité française qui a permis au pays de retrouver sa langue et sa capacité d’indignation. Le Mali est-il au fond anti-touareg ?  Les  avocats  du Mnla diront oui. L’extraordinaire et dangereux don de notre peuple à l’amalgame  les conforterait dans cette posture qui  tend pourtant à cacher leur responsabilité dans la nouvelle errance de la communauté targuie.

La vérité est que le Nord est le dernier des soucis du Sud. Une autre vérité est que l’Etat central n’a pas de considération illimitée pour les sociétés rurales, donc autant pour le planteur de Kolondiéba que le chamelier d’Anefis. Et la toute dernière vérité dont la sortie de crise devra tenir compte est que personne n’a entendu les communautés touareg choisir le Mnla comme représentant. Ce dont il est question donc, c’est d’éviter autant la majorité étouffante que la dictature de la minorité.

Adam Thiam

 

SOURCE:  du   1 fév 2013.    

41 Réactions à Chronique du vendredi : Un plébiscite à l’épreuve de la question touareg

  1. Aldia

    Soyons vigilant si non les dont reçu pour la reconstruction de l’état servira a fiancer la campagne de l’ADEMA. Ils sont capable de tout les politiciens.

  2. ettoi

    Pauvre Thiam ta plume est tellement tranchante qu´elle te coupe toi-meme.
    Tu as ecrit un joli article sans doute, mais a l´avenir ecris tes articles sans penser à un quelconque interet d´influence.
    Tu sais chacun peut un jour entrer dans l´hitoire.Même notre pauvre Jonkounda qui voila quelques mois a été humilié par ses propres freres est l´homme le plus salué du Mali a ce jour.

    DISONS-LE HAUT ET FORT: il est temps de briser deux mythes au MALI:
    Le mythe de la peau blanche et celui de la barbe longue.
    Soyons tout juste Maliens et Msusulmans justes !

    Il faut demysthifier notre Islam: Notre islam doit etre malien
    nos compatriotes a peau claires ( tous confondus) sont tout juste Maliens
    comme un Dogon, Bobo bamana Kassonke, etc. C´est tout.

    Enfin: chers Maliens la balle est dans notre camp
    Nous sommes extasiés par les bombes francaises et par les Dollars.

    Mais notre gestion sociale et pecuniaires sont toujours pourries .
    Et les autres le savent.NE VOLONS PLUS CET ARGENT!

  3. :-D :-P bonne analyse……..Surtout, si vous voyez tout le stock d’oignons que vous voyez à Bamako est produit au pays Dogon…Comment? En transportant le banco sur une plate coline etandue. Et meme l’eau y est transportée par la tete ou les bras…Donc toutes les populations rurales, souffrent autant ou meme plus que les touaregues du Nord Mali…….
    Bamako represente le Mali….Le Mali se limite à Bamako, point–bar.
    Pour moi, toutes les communautés rurales du Mali, devraient converger leur lutte ensemble contre leurs elus, qui dès au bureau de l’assemblée Nationale oublient comment ils y sont parvenus. On ne pense qu’à ses enfants à envoyer aux USA/Fr/CANADA pour des bourses d’études de 15 à 30 million par ans….D’où vient tout cet argent…De l’oignon Dogon, du coton sikassois, du sel gem de Kidal, de l’or de Kayes… :mrgreen: :lol: :mrgreen: :idea: :lol: :mrgreen:

  4. Pather

    Cousin ADAM, je ne te reconnais plus. ce n’est pas en distillant une contre vérité que tu pourras sensibiliser tes compatriotes par rapport au problème du nord. Tu es de kayes, combien l’Etat malien à mis dans cette région par au nord? Kayes est le fruit de ses fils immigrés à travers le monde. Le COREN a donner un chiffre qui parle à lui seul. Alors cessons de culpabiliser les gens du Sub qui sont aussi victimes que les gens du nord de tes amis politiques pendant les 20ans. En 1990, certains de tes amis fonctionnaires,milliardaires aujourd’hui circulaient en Moto cameco et sur des yamaha 100 payées par l’ADEMA. Pourquoi essaye – t-on de noyer tout le monde? :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

  5. « Une autre vérité est que l’Etat central n’a pas de considération illimitée pour les sociétés rurales, donc autant pour le planteur de Kolondiéba que le chamelier d’Anefis. »
    Mr. Thiam, TU DEVRAIS TE LIMITER A CETTE VERITE QUI EST LA SEULE ET UNIQUE VERITE, meme si ces dernieres annes, le pays profond avait commence a connaitre le « developpement ». TOUTES TES AUTRES VERITES NE SONT QU’AMALGUAMES.

    TU NE PEUX PAS DIRE QUE LE SUD NE SE SOUCI PAS DU NORD SI LE POUVOIR CENTRAL NE SE SOUCI PAS MEME DU SUD.

  6. Djon Te

    bla bla bla
    http://www.youtube.com/watch?v=-W8PhlZoVQ0&feature=endscreen&NR=1
    :-D pour que ca cesse , il faut que nos non scolarises soient impliques ils sont notre reserve d’ integrite-humaine, s’ ils sont accompagnes par les tres FEW intellectuels HONNETES :!: