Société Energie du Mali (EDM-SA) : De l’électricité dans l’air

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Passation de marché de gré à gré, livraisons fictives de gaz –Oil, écarts entre les quantités d’hydrocarbures livrées et celles consommées, stock de plusieurs milliards CFA de pièces détachées, inutilisables

Autant d’irrégularités, dont le Pédégé devra répondre devant les « togeards ».

D’abord, l’achat de produits chimiques pour l’entreprise. D’un montant de plus de deux milliards CFA, il n’a –du moins si l’on en croit le rapport d’enquête de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA) -, fait l’objet d’aucun appel d’offres.

S’y ajoutent, ensuite, les livraisons fictives de gaz –Oil. Selon les « fouineurs » de la CASCA, elles concernent 1,1 million de litres de gaz –Oil. Sans compter l’écart entre les quantités livrées et celles consommées à la centrale de Balingué. Il se chiffre, toujours selon le rapport d’enquête de la CASCA, à 342.470 litres.

 

Plus grave, les enquêteurs ont, au cours de leur mission, mis la main sur deux carnets de réception ayant, curieusement, les mêmes numéros : l’un est utilisé par la centrale de Niono ; tandis que l’autre, par celle de Darsalam.

Enfin, les trop perçus par la Société Energie Du Mali. Mais aussi, par ses employés. Notamment la redevance éclairage public, facturée aux clients particuliers pour les périodes de juin, juillet et août 2009. Elle est estimée à 13 millions CFA. Mais surtout, le paiement de 13e mois de salaire aux travailleurs de la société d’un montant de 861 millions CFA. En dépit des résultats négatifs enregistrés par l’entreprise. Aussi, un employé expatrié de EDM-SA, selon les enquêteurs, perçu 34,6 millions CFA comme salaire. Indûment.

 

Retrouvé dans les magasins, le stock de pièces détachées inutilisables est estimé à 6,1 milliards CFA. Commise, entre le 1er janvier 2001 et le 10 août 2009, cette gabegie ne restera pas impunie. Du moins, si l’on en croit une source proche du dossier.

« Nous allons remonter la filière, et tous ceux qui y ont pris part rendront des comptes devant la justice », conclut –elle.

Oumar Babi

 

 

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